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Les buts de l’éducation

dimanche 26 juin 2011, par Picospin

Ce qui domine dans la presse française est moins l’information sur les conséquences d’une possible tricherie que ses conséquences au plan juridique touchant les présumés coupables soupçonnés d’avoir organisé la fuite d’un sujet du bac S diffusé sur le web.

Sources d’information et de tricherie

Une autre source révèle qu’un internaute a fait « fuiter » un des exercices de mathématiques du baccalauréat scientifique sur un forum du site jeuxvideo.com lundi, veille de l’épreuve. Le ministre de l’Education Luc Chatel a déclaré que l’exercice ne serait pas comptabilisé (les bacheliers seront notés sur les autres parties de l’épreuve) et a décidé d’abaisser la moyenne d’obtention du baccalauréat S à 9/20 au lieu du 10/20 habituel. Cette révélation et la réaction du Ministre de l’Education Nationale provoque de toutes parts des réactions indignées à la manière de celle de notre nouveau philosophe et diplomate international, nouvel auteur à succès d’un livre de 30 pages vendu près de 2 € ce qui reste une bonne affaire aussi bien pour l’auteur de cet ouvrage que pour son éditeur. Dans cette affaire dont le pays s’est emparé, les grandes questions sur la pédagogie et l’éducation des enfants de France et d’ailleurs ont été réactivées, ne serait-ce qu’au niveau de l’éternel débat entre contrôle des connaissance continu ou unique. Sans que quiconque ait osé proposer la moindre solution sous prétexte d’une tradition fortement ancrée et donc indestructible.

Faux pas

Le moindre faux pas dans cette alternative risquerait de clouer au piloris l’ensemble du pouvoir pédagogique en France et de condamner toute initiative jugée trop brutale pour la majorité des élèves soumis à ce contrôle des connaissances tricolore, enrobé d’un nationalisme fervent et d’une connotation sacrée. Dans toute cette agitation au cours de laquelle on voit se lever des épées qui ne sont pas toutes de Damoclès pour les enfants et nettement punitives pour des présumés coupables, on feint d’oublier que l’éducation, ou l’apprentissage ou encore l’acquisition des connaissances a un but matériel déterminé, l’autonomie de l’individu qui inclut la faculté d’être responsable. Lorsqu’il est atteint, le but de l’éducation atteint une fin déterminée dans le temps qui arrive selon sa loi propre plus que sur l’avis favorable des éducateurs, pas même suivant la mesure de leur succès car la nature y collabore et concède un laps de temps déterminé à l’intérieur duquel l’éducation doit avoir accompli sa besogne. A l’institution de l’apprentissage et du savoir, on apprend parmi d’autres objets, ceux de la technique qui se doit de toujours être ingénieuse avec l’adjonction de la ruse qui déjoue la nature et lui est supérieure dans la majorité des cas.

Responsabilités

Les responsabilités des parents d’abord, des hommes d’état ensuite enveloppent l’être total de tous leurs objets, depuis la simple existence jusqu’aux intérêts les plus élevés. Le corporel vient d’abord puis tout ce qui tombe sous l’éducation prise dans tous les sens depuis les aptitudes, les relations, le comportement, le caractère, le savoir dont la formation et le contenu mérite surveillance moins qu’encouragement jusqu’à la finalité suprême dont ose de moins en moins parler de nos jours, tant ce terme dénote une coloration naïve, archaïque, sinon désuète depuis que croyances, idéologies, foi se sont retrouvées en concurrence étroite avec les superstitions, les rites et les dérives ludiques renforcées à mesure que se concrétise dans l’imaginaire et la réalité le spectre de la finitude dont personne n’ose plus imaginer la direction empruntée pour l’atteindre. Bien au-dessus de l’autorité parentale se hisse celle du souverain, père pour les uns symbole pour les autres même si sa figure se transforme sous nos yeux en homme d’état responsable du bien public dont l’ampleur est proche de la responsabilité parentale qui se conjugue de l’existence physique à la sécurité, à la plénitude d’être jusqu’à la finitude dans le bonheur.

Contraintes

Kant n’a-t-il pas dit qu’on « doit prouver à l’enfant qu’on exerce sur lui une contrainte qui le conduit à l’usage de sa propre liberté ». Le but de l’éducation n’est-il pas d’arriver à un stade où l’éduqué n’aurait plus besoin d’apprendre mais de permettre à chacun d’apprendre par lui-même en se passant de maitre, en un mot d’aller de la contrainte à « l’auto-contrainte », d’être majeur. Face à ces impératifs du devoir d’éducation, l’impératif catégorique pour Kant alterne entre la discipline négative qui empêche l’homme d’être détourné de sa destination, celle de l’humanité par ses penchants animaux risquant de le précipiter dans les dangers et l’instruction, et la partie positive de l’éducation qui l’habitue à se soumettre aux prescriptions de la raison.