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L’indispensable oubli

Les caprices de la mémoire et du temps

Recherche de la "juste mémoire"

mercredi 2 septembre 2009, par Picospin

Elle permet de capter, coder, conserver et restituer les stimulations et les informations que nous percevons. Elle met en jeu aussi bien les structures physiques que psychiques La mémoire construit l’identité, les connaissances, l’intelligence, et met en jeu la motricité et l’affectivité.

Plusieurs mémoires

Il existe plusieurs mémoires comme la mémoire sensorielle, la mémoire à court terme et la mémoire à long terme. La mémoire sensorielle qui est extrêmement brève, correspond au temps de perception d’un stimulus par nos organes sensoriels, comme par exemple la mémoire sensorielle visuelle (iconique) qui persiste entre 300 et 500 millisecondes ou la mémoire sensorielle auditive qui n’est guère plus longue. A ces stimuli visuels et auditifs, peuvent s’ajouter des perceptions captées par les autres sens mais qui semblent jouer un rôle moins important. Ainsi en est-il de la mémoire sensorielle tactile. C’est la combinaison de ces différentes perceptions qui permet l’identification de l’information. Egalement baptisée mémoire de travail, elle est immédiate et nous offre la capacité de retenir, pendant une durée comprise entre une et quelques dizaines de secondes, jusqu’à 7 éléments d’information en moyenne.

La mémoire à long terme

Contrairement aux précédentes qui effacent les données aussitôt après leur traitement, la mémoire à long terme stocke les informations pendant une longue période sinon pendant toute la vie. D’une capacité considérable, elle est dépositaire de nos souvenirs, de nos apprentissages, parfois de notre histoire. Les informations que nous percevons ne sont pas déversées en vrac dans une sorte de mémoire "réservoir" mais organisées et régies par des systèmes qui fonctionnent en relation permanente. On distingue la mémoire épisodique et la mémoire sémantique, d’une part, et la mémoire procédurale et déclarative, d’autre part. La mémoire épisodique, très liée au contexte affectif, permet de se souvenir des évènements, des noms, des dates et des lieux qui nous sont propres, ou spécifiques. La mémoire sémantique concerne les concepts, le sens des mots et des symboles.

Mémoire lexicale

Il existe également une mémoire, dite lexicale, qui concerne la forme des mots, leur composition, leur longueur sinon leur prononciation, le nombre et l’aspect des syllabes, le nombre et la forme des lettres qui composent chaque mot. La mémoire sémantique et la mémoire lexicale sont regroupées sous le terme de "mémoire verbale". La mémoire procédurale, qui correspond au savoir-faire sert à réaliser des opérations complexes souvent motrices (conduire une voiture, faire du vélo ) et entre en jeu dans l’apprentissage du "par coeur". La mémoire déclarative, qui concerne le savoir dire, permet d’évoquer de façon consciente des souvenirs sous la forme de mots. S’il n’existe pas de "centre de la mémoire", on dénombre plusieurs sites du cerveau impliqués dans le traitement et la conservation des informations.
La mémoire répond ainsi au même schéma que les autres fonctions supérieures du cerveau (la motricité, le langage, la perception, l’intelligence)

Sites, connections et localisations

La mémoire à court terme fait intervenir le cortex préfrontal, la sémantique met en jeu le néocortex, la procédurale, les corps striés et le cervelet ; l’épisodique et la déclarative se nichent dans l’hippocampe, le thalamus et le cortex préfrontal. Les neurobiologistes s’accordent pour conférer à l’hippocampe un rôle essentiel. Situé au coeur du cerveau, il assure la mise en relation des informations stockées dans les différentes zones cérébrales. Son intervention est nécessaire pour faire passer les souvenirs de la mémoire à court terme dans la mémoire à long terme. Un souvenir est stocké dans un réseau de plusieurs milliers ou millions de neurones connectés les uns aux autres. Les neurones communiquent entre eux et avec les cellules spécialisées (musculaires, hormonales) par le biais de molécules appelées neurotransmetteurs ou neuromédiateurs. Dans le cas de la mémoire, c’est l’acétylcholine qui joue un rôle essentiel.

Alzheimer

Son déficit, qui est à l’origine de troubles mnésiques, est une des causes de la maladie d’Alzheimer. L’oubli n’est pas un phénomène anormal ; il est la condition indispensable de la mémoire. De plus en plus fréquente chez les sujets âgés (après 45 ans, mais surtout 65 ans), la maladie d’Alzheimer se manifeste par une perte de la mémoire à court terme, une confusion mentale et, finalement, par une détérioration physique et intellectuelle.
Sa cause reste inconnue, de même que le traitement approprié. D’autres maladies du même type, moins répandues, touchent le cerveau et s’attaquent aux facultés intellectuelles, comme le syndrome de Pick ou la chorée de Huntington. On a longtemps cru que la perte progressive des neurones expliquait, à elle seule, les difficultés mnésiques des personnes âgées. On sait maintenant que notre capital de neurones est tellement important et sous employé que nous pouvons aller au terme de notre existence avec des potentialités préservées.

Vieillards en forme mnésique

Cela explique sans doute la qualité des performances mnésiques de certains sujets parfois très âgés ce qui n’empêche pas le vieillissement de produire constamment un ralentissement des capacités cérébrales au prix d’une transmission des informations moins rapide, de nouvelles acquisitions plus difficiles, et de rappels plus complexes des anciens souvenirs.
La baisse des performances, le vieillissement de la mémoire s’explique par une baisse de l’activité psychique, de l’exercice physique et intellectuel ainsi que par l’ isolement car la mémoire a besoin d’être fréquemment sollicitée pour bien fonctionner d’où l’importance d’une pratique régulière et prolongée de sa gymnastique.