Un autre regard sur les questions éthiques
 

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Education

Tribulations et élucubrations
Les démangeaisons d’Allègre
Diagnostic, traitement et prévention ?

Article rédigé par Picospin le dimanche 10 mai 2009

Voilà que ce scientifique dont on louait les origines modestes fait ouvertement des offres de service à la nouvelle présidence de la République, sans honte ni vergogne pour occuper et inaugurer un poste ministériel vierge de tout antécédent puisque son équivalent n’existe qu’au Japon dont les besoins, l’organisation politique et le statut des patrons ne manque pas de marquer sa différence avec ceux de l’occident.



Pouvoir et démesure

Qu’est-ce qui peut bien pousser des intelligences au-dessus de la moyenne de se comporter de manière infantile pour être décoré de la carotte dont peut se nourrir l’âne mais dont la consommation serait interdite à l’homme de bien pour pour peu qu’il veuille réfléchir aux bienfaits que procure la suavité du goût d’un légume, inscrit actuellement par les nutritionnistes au fronton de la liste des fruits légumes à consommer pour prolonger la vie des hommes à défaut de celle de l’animal pour laquelle de tels commandements n’ont pas encore reçu ni approbation ni imprimatur. « J’ai fait des erreurs, sans doute, sur la forme et le rythme », reconnaît Allègre, dont la volonté de « dégraisser le mammouth » de l’Education nationale avait soulevé un tollé. A ce jour, il estime que « l’augmentation des salaires est un préalable à toute réforme réussie » du statut des enseignants d’université. « Aujourd’hui, je ne suis pas là à attendre un coup de fil de l’Elysée », assure Claude Allègre, « j’écris et je joue au golf ». « La politique n’est pas ma vie. Ma vie, c’est la science ». Cependant, « ma famille n’est pas fana » de l’idée d’un retour au gouvernement, admet Claude Allègre, « par égoïsme, ils veulent que je sois avec eux ». Quels avantages, notre homme de science et enseignant tirerait-il d’un poste ministériel qui, de plus, se situerait à côté de ses compétences exactes si l’on tient compte qu’il ne veut plus dégraisser le mammouth mais au moment où lui-même prend du poids à cause de son vieillissement et d’un retrait plus ou moins assumé de la vie qu’on appelle active et qui consiste davantage à s’agiter qu’à s’engager dans une action organisée, réfléchie, sur une ligne logique dans le but de servir plus l’autre que soi-même.

Des particules ?

Que restera-t-il quand ce dernier aura disparu de sa conscience pour rejoindre les particules survivant ou produites après les collisions entre hadrons et électrons de tous horizons qui auront fini de tourner dans l’anneau de la vie selon la volonté, non de son créateur supposé qui aide l’homme ou qui aurait au contraire besoin d’être aidé dans les moments de grande difficulté. Dans cette typologie du raisonnement, on n’a pas besoin d’introduire un feu-follet allumant par ci par là des étincelles pour justifier l’ambition, le goût du pouvoir ? Quel maitre de la domination et de la souveraineté chercherait à appliquer à la lettre la capacité d’agir, de mener une existence animée par un « je peux » selon le principe d’activité par lequel il s’affirme non seulement dans son monde mais aussi et surtout dans celui des autres. L’essence du pouvoir moral c’est le droit de faire, de posséder et d’exiger la reconnaissance de son oeuvre, ce qui permet de mesurer l’importance de la relation entre le pouvoir et l’affirmation de soi : en choisissant, on se choisit. La relation de l’affirmation de soi et du pouvoir permet de comprendre la fascination exercée sur l’individu par toutes les formes sociales de pouvoir : les individus, prisonniers de l’opinion, confondent visible et intelligible et succombent à l’illusion d’accroître leur être par un paraître qui semble assuré par l’exercice d’un choix et d’un décision liée à leur fonction : se servir au lieu de servir et plier autrui à une domination c’est croire que le pouvoir permet de s’affirmer sur une servilité.

Faire et faire faire

C’est croire que l’on fait en faisant faire, comme les auteurs qui publient ce que d’autres ont écrit pour eux. Toutes ces conduites ruineuses pour la justice et pour l’individu procèdent d’une confusion entre le pouvoir et la puissance et se noient dans une démesure qui veut imposer un ordre en répandant le désordre de l’usurpation du pouvoir. Est-ce le stade final de l’ubris, de la domination de Prométhée. Quel serait ce nouveau ministre associant dans sa main le pouvoir de diriger l’enseignement, la formation, l’éducation des petits et de maitriser les échanges sur les mers en chargeant les navires de marchandises dont le négoce apporte l’argent, les capitaux, à l’aide desquels ont se procure nouveaux pouvoirs, fausse justice et droit de vie ou de mort sur des esclaves potentiels sur place ou délocalisés. Est-ce tout cela que désirent les fous de la domination et de la tyrannie qui cherchent à échapper à leur destin, à leur statut d’être humain social non à son propre service mais à celui des autres ?

Questionnement éthique :

1. Est-ce que le développement des individualismes et l’égocentrisme sont à mettre sur le compte de l’autonomie individuelle, la laïcisation de l’éthique, l’affaiblissement de la responsabilité et de la solidarité et la distanciation entre éthique de l’individu et de la cité ?

2. Est-il démontré que les bonnes moeurs contraignaient les individus à obéir à des normes conformistes dont le déclin serait lié à la reconnaissance de comportements individuels qui avaient été condamnés auparavant comme déviants ou pervers ?

3. Que penser de l’affirmation que le développement de l’individualisme conduit au relâchement de l’étreinte communautaire qui lui-même mène à l’universalisme éthique et au développement de l’égocentrisme ?

4. Est-ce que l’individualisme est source de responsabilité personnelle pour la conduite de sa propre vie, elle-même susceptible d’inhiber les potentialités altruistes et solidaires, ce à quoi contribue la désintégration des communautés traditionnelles ?

5. Est-ce que cette situation ne favorise pas le primat du plaisir et de l’intérêt sur le devoir, la croissance d’un besoin individuel d’amour où la recherche du bonheur personnel transgresse l’éthique familiale ou conjugale ?

6. Ne sommes-nous pas entrés dans l’ère du "self-service normatif" où nous pouvons choisir nos valeurs qui prennent désormais la place laissée vacante des fondements pour fournir une référence qui rendrait l’éthique auto-suffisante ?




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