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Nouvelle version du roman d’Anatole France revisitée par Maradona et Ronaldo

Les dieux ont soif

Que boire ? Un élixir, un dopant, un antalgique ?

dimanche 12 juillet 2009, par Picospin

C’est actuellement le cas des footballeurs qui se font transférer à prix d’or d’un club richissime mais criblé de dettes à une autre formation aussi endettée que la précédente et qui ne craint pas de s’attacher les services d’un « génie » de la balle ronde parce qu’il est sur, qu’à ce prix, il pourra récupérer l’acompte versé pour les émoluments et trouver par la même occasion de la gloire qui manquait à son palmarès.

Supporters

Narcissiques au suprême degré, les aficionados et supporters impénitents se précipiteront sur les stades pour encenser le phénomène, le glorifier jusqu’à la sanctification. Ces dépenses inconsidérées, avant même que le joueur professionnel ait montré ses prouesses devant un parterre de connaisseurs, réjouissent plus le cœur des vrais supporteurs car elles représentent un pari sur l’avenir. Cette perspective est ressentie comme une certaine confiance en des lendemains qui chantent d’autant plus qu’autour des personnages rassemblés autour des fanions du club le chômage augmente, le travail se fait rare, les prix augmentent en proportion de ceux qu’affichent les stades déjà complets à partir des mirages présentés par les dirigeants bénis des équipes vedettes.

Enchères

Dans ces folles enchères, le nombre des spectateurs, pour seulement admirer les mollets et les cuisses ne cesse d’augmenter par mimétisme, mythologie, illusions, souvenirs d’imagerie populaire et autosatisfaction, jusqu’à remplir un stade de 80.000 places dans le seul but d’assister à la présentation du joueur et de justifier l’investissement consenti pour s’attacher les services de la vedette que le monde entier convoite tout simplement parce qu’il représente une « valeur » sûre du football qui ne saurait descendre de son piédestal sauf accident. Cette éventualité ne saurait se produire pour la simple raison qu’au prix de son engagement, le nouvel héros est déjà sanctifié ou déifié et que naturellement rien de mauvais ne saurait arriver à un dieu mise à part une entorse, une fracture, une déchirure, pas seulement du muscle ou du tendon, mais aussi entre le héros et son public.

Statue du commandeur

En attendant, support isolé destiné à recevoir la statue du commandeur qu’est le président de club, l’investisseur principal, celui qui bâtit sa renommée sur le dos, les pieds, les chaussures ou l’équipement du joueur de génie, unique dans ses prouesses, ses dribbles ou ses acrobaties, le héros est élevé petit à petit du socle, puis du tronc et enfin de la corniche vers le ciel et les nuages d’où n’aura qu’à jeter un regard hautain et amusé sur ses admirateurs qui l’auront vite effacé de leur mémoire dès lors que vieillissant et handicapé, il n’exécutera qu’avec lenteur les exercices et mouvements qui l’avaient autrefois propulsé vers la consécration, le triomphe, les lauriers et la célébrité. Sera-t-il encore nécessaire après ces instants de cris de joie et de célébration d’une renommée éphémère de rappeler au récipiendaire de tant d’hommages que la gloire du monde est passée, que rien ne sert de brûler à ses pieds la mèche d’étoupe et qu’il n’est qu’un homme mortel qui doit se garder de tout orgueil et vanité, lui qui « hominem te esse » ne saurait se prévaloir de la moindre déification.

Questionnement :

1. Est-il décent, sinon éthique d’allouer des sommes aussi considérables à un sportif professionnel, fut-il de grande qualité, pour mettre ses éphémères talents au service d’un club et de supporteurs qui sacrifient des sommes considérables pour célébrer ses prouesses sur un terrain de sports ?

2. Est-il décent vis-à-vis des plus démunis d’exhiber ainsi des richesses disproportionnées avec les prestations fournies, le travail accompli, les services rendus à la société et les sacrifices financiers consentis pour ne recevoir en retour que peu de pain et beaucoup de jeux ?

3. Que doit-on penser d’une société qui prône le jeu du PMU pour parier de fortes sommes d’argent sur les performances de chevaux de course ce qui dévalorise le travail au détriment des jeux et de l’argent facilement gagné par le mécanisme du hasard ?

4. Cette coutume officialisée par l’État n’est-elle pas propre à encourager la paresse, la renonciation au travail, à la vertu, à l’activité et à l’insertion sociale ?

Messages

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