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Faut-il tirer Pascal par la manche ?

Les dieux ou la Française des Jeux

S’imaginer...

mercredi 20 juillet 2011, par Picospin

Pas seulement des responsables politiques, économiques et scientifiques mais tous les citoyens qui montrent le moindre intérêt à la chose publique.

Comment choisir le futur ?

Parmi cette dernière, se situe le périlleux et difficile choix de la source d’énergie du futur. Le mimétisme cher à René Girard aidant, l’angoisse s’étend dans tous les milieux des nations qui refusent d’acheter de l’énergie comme on le ferait pour la baguette en France, les pâtes en Italie ou le porridge au Royaume Uni. La question devient d’autant plus difficile à résoudre que certains pays avaient fait de leur choix un exemple pour le monde et imaginé que leur décision allait entrainer celle de leurs voisins, partenaires ou alliés, sinon concurrents. C’est l’exemple de la France qui depuis longtemps avait jeté son dévolu sur l’énergie nucléaire à la suite des décisions du Général de Gaulle qui voyait dans cette sélection et son développement un moyen d’échapper à la soumission à d’autres pays ayant maitrisé cette technique. Est-ce que cette position peut tenir lieu de toute nouvelle réflexion sur les options à prendre en faveur de telle ou telle source d’énergie, quitte à ce que la maitrise de ses procédés de fabrication et de perfectionnement tienne lieu à jamais de liberté de choisir pour des avantages étudiés et compris et au contraire des inconvénients susceptibles de se répandre parmi les nations au plus grand dam des autres citoyens du monde ?

Le pays de l’atome ?

Venant d’un pays, la France, où on a fait de l’atome le substitut d’un dieu puissant, qui aurait pris peu de risques pour faire fonctionner son univers à coups de fissions ou fusions nucléaires, je n’en ai été que plus étonné d’observer le comportement des Italiens. Beaucoup d’entre eux prennent un malin plaisir à remplacer dans les magnifiques jardins romains la promenade pédestre par des allers et retours à bord de petits engins propulsés par de minuscules moteurs électriques sans bruit, sans saveur et sans odeur. Une véritable féérie de voir ces déambulations de 1 à 4 ou 6 personnes y compris des enfants, à petite vitesse et dans l’harmonie retrouvée du silence depuis si longtemps perdu par les moteurs à explosion des voitures de course et les motocyclettes pétaradantes et polluantes des mégapoles. Les propositions ne manquent pas de chercher des produits de substitution dans les énergies renouvelables où quelles se situent, quelle que soit leur site d’implantation et le degré de gêne occasionné par des effets délétères dont certains peuvent aller jusqu’à la nuisance.

Une angoisse

Alors, devant ces faits désespérants, l’angoisse monte de ne pouvoir envisager l’utilisation d’aucun produit de substitution et de subir la condamnation moins au feu éternel de l’enfer qu’à l’abonnement à vie à tel ou tel dérivé physicochimique dont les prélèvements seraient exécutés obligatoirement auprès de telle ou telle pompe située à proximité d’un désert de sable ou d’une source à risque. Toute solution qui passerait par un retour à un passé maitrisé mais déjà obsolète ne serait qu’une solution dépassée et fermée sur l’avenir. L’atome a-t-il atteint les limites de ses possibilités énergétiques ? Sans doute non. Mais le fait est là qu’en se projetant vers un avenir porteur de l’imaginaire humain, de ses visions féériques et de son incursion dans un futur sans limite est toujours susceptible d’ouvrir des voies inexorablement exploitables.

Foi en l’homme ou les hommes ?

La foi en l’homme, en sa créativité, sa richesse intellectuelle fait espérer et entrevoir toutes les possibilités d’évolution, de complexification, d’invention pour atteindre les objectifs même les plus étranges, les plus inattendus, pour peu qu’ils aient été le résultat de mécanismes de pensée apprises auprès des hommes de science, d’éthique et de savoir, autrement dit des transmissions opérées depuis le début de l’humanité pour servir de savoir faire à la société de l’intelligence. Faut-il tirer Pascal par la manche pour le réveiller et l’interroger sur d’autres modes de pari que celui l’infini contre le fini ? A moins qu’en ces temps de paris sportifs et de compétitions on ne s’adresse à la Française des Jeux pour apprendre à lire dans le marc de café ?

Questionnement éthique :

1. Comment interpréter la phrase de Hans Jonas : "Après nous le déluge" et son corollaire : "la responsabilité de notre puissance devient une loi contraignante ?"

2. Est-ce que la puissance joue un rôle complexe et paradoxal si elle est source du malheur redouté et seul moyen de l’empêcher car il y faut la mobilisation du savoir dont découle la puissance ?

3. Devons-nous exercer sur elle le contrôle le plus efficace possible bien que la puissance soit l’oeuvre de notre savoir et pouvoir ?

4. Est-il vrai que seuls les pouvoirs publics peuvent l’exercer ce qui nécessite un large accord à la base ?