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Quelle est l’importance d’une éducation réussie ?

Les différences dans l’éducation sont-elles un frein au développement de la mobilité sociale ?

Les causes du retard socio-éducatif des populations défavorisées

mercredi 20 février 2008, par Picospin

Les auteurs de cette étude sociologique émettent l’avertissement que le décalage qui risque d’augmenter dans l’éducation supérieure entre les riches et les pauvres, les blancs et les minorités pourrait rapidement se solder par une baisse spectaculaire des occasions de saisir des emplois pour les familles les plus pauvres.

A qui les diplômes ?

Les groupes hispaniques et noirs restent toujours derrière les blancs et les Asiatiques lorsqu’il s’agit de recevoir des diplômes provenant des collèges ce qui rend leur tâche plus difficile lorsqu’ils veulent atteindre les couches moyennes ou plus élevées de la population. Si la différence dans les niveaux d’éducation et de revenus s’accroît entre les divers groupes raciaux, en particulier en ce qui concerne l’accès aux diplômes délivrés par les collèges, cette mobilité risque fort de s’abaisser sérieusement par rapport à ce qu’elle est actuellement. Cette situation plutôt sombre n’empêche pas certaines bonnes nouvelles de nous parvenir. Cette assertion est d’autant plus fondée que le rôle joué par l’éducation dans les collèges ne cesse de se renforcer dans la mesure où ces derniers sont susceptibles d’aider les gens à modifier leur statut sociétal. Un élève né dans une famille qui se situe dans le dernier cinquième des candidats au diplôme des collèges a une chance de 19% de rejoindre le groupe le plus élevé des gagnants qui auront atteint l’âge adulte et une chance de l’ordre de 62% d’intégrer la classe moyenne sinon celle qui est située au-dessus. Actuellement ces pourcentages étaient tombés à 11% pour les enfants des familles les plus pauvres par rapport aux 53% des enfants provenant des classes les plus élevées. Dans quelle mesure ces statistiques sont elles susceptibles de ternir le tableau optimiste de la mobilité de la vie aux Etats-Unis ?

Mobilité de la vie : gage de réussite ?

Cette image reste bien réelle pour les immigrants et les gens des classes moyennes mais devient plus difficile à vivre pour les Afro-Américains et la fraction la plus pauvre de la société. Le rapport publié par l’Université du Michigan a aussi dévoilé qu’une majorité d’enfants noirs nés dans des familles de la classe moyenne risquent d’avoir des revenus bien inférieurs lorsqu’ils tombent dans le tiers inférieur à l’âge adulte par rapport aux 16% des enfants blancs issus de la classe moyenne. L’ensemble des rapports publiés sur cette thématique semble suggérer que pour les gens qui occupent le rang le plus bas de la société, il est plus difficile de s’élever que nous ne l’avions pensé. Il est possible que certains experts ne l’entendent pas de cette oreille, contestent les causes de cette situation et par conséquent les moyens à mettre en œuvre pour en résoudre les problèmes. Les conservateurs seront plus prompts à accuser les normes culturelles et l’effondrement des structures familiales alors que les libéraux mettront l’accent sur les changements structurels de l’économie et la nécessité pour l’état d’assurer la sécurité dans ce domaine, de mettre en place des filets de sécurité et de distribuer de l’aide aux familles les plus pauvres. Il faut rappeler que notre société tend à promouvoir une économie qui récompense certaines propriétés transmises des parents aux enfants, la notion de l’importance de l’éducation, l’optimisme, la propension à travailler beaucoup et à se comporter en entrepreneur.

Des revenus alignés ?

Dans la mesure où l’économie a tendance à récompenser les gens porteurs de ces attributs, on peut raisonnablement s’attendre à ce que les revenus des enfants s’alignent sur ceux de leurs parents. Plus de la moitié des enfants nés dans les familles où les revenus sont les plus élevés et qui terminent leurs études au collège sont susceptibles de rester dans ce groupe. Un quart de cette classe sociale parvient à rester dans le groupe de tête même si ces individus n’ont pas terminé leurs études. La modélisation des programmes scolaires a permis de mettre en évidence que l’éducation reçue dans la première enfance procure des effets durables et que de nombreux enfants pauvres mais doués ne bénéficient pas de conseils judicieux pour s’inscrire au collège, faire des demandes de bourse ou recevoir une aide efficace après leur entrée au collège. Si ces lacunes pouvaient être comblées, il est certain que la mobilité serait grandement améliorée.

Questionnement éthique :

1. Comment accepter ou critiquer l’idée que les êtres humains soient différenciés par leur statut social ?

2. Est-ce que ce statut est étroitement lié à leurs ressources financières ?
3. Comment établir une relation entre le niveau d’éducation et de culture et le statut social ?

4. Est-ce que Rawls, auteur du principe de justice, a raison d’affirmer que la pensée éthique et politique contemporaine s’appuie sur un principe de liberté et de différence selon lequel il faut accepter les inégalités sociales et économiques à condition qu’elles soient aménagées au bénéfice des plus défavorisés et qu’elles soient organisées à l’avantage de chacun ?

5. Que penser du concept des Anciens selon lequel leur morale philosophique était gouvernée par l’esthétique, qui dérive facilement sur l’esthétique de soi, le désir d’avoir une belle vie et de laisser aux autres le souvenir d’une belle existence ?

6. Que penser de leur préoccupation de constituer une morale qui fût une esthétique de l’existence ?


Sources :
Eckholm E. La différence du niveau d’éducation est-elle un obstacle à la mobilité sociale ?
The New York Times : 20. 02. 08