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La solitude d’un homme en Mauritanie

Les difficiles voies de la vertu pour un Président

Grand est le désert

jeudi 29 juillet 2010, par Picospin

Malgré clins d’œil et tentatives échouées d’amitié partagée, la mayonnaise n’avait pas pris.

A cette époque, on ne s’était pas encore aperçu que le grand aigle regardait du haut de son envol au-dessus des Rocheuses la petit Europe qui se débattait dans ses rivalités internes, dans ses traditions surannées, la recherche permanente et sans relâche des pansements capables de cicatriser les séquelles indélébiles de guerres fratricides sans autre cause ni objet que la folie des uns, les désirs de vengeance des autres dans une succession sans fin de justice, de réparations de fautes et de rappel permanent des outrages infligés au peuple et à leurs gouverneurs contaminés par les sentiments de volonté de venger les morts jonchant le sol si vénéré des territoires sacralisés par le sang versé pour l’honneur ou pour rien. Voici comment « l’International Herald Tribune » décrit le Président. Il commence par rappeler les engagements pris par lui au nom de la vengeance proposée pour le meurtre de l’otage français de Mauritanie dont on ne sait pas tout, mais peu de chose et qui aurait justifié sa présence dans ce territoire au titre de l’action humanitaire comme le confirme le Maire socialiste de Marcoussis où vit l’otage exécuté. Il n’a pas tardé à ajouter que ce fut là une obligation morale envers un vieux monsieur de 78 ans froidement exécuté après qu’on lui eut refusé la moindre médication pour la maladie dont il souffrait. A nous de nous rappeler qu’un an auparavant, un leader du groupe hostile à la France a menacé son Président de représailles après le vote des lois relatives au port de la burqa. Pour l’instant il n’est pas clair de délimiter le cadre des actes qu’il a en tête au titre de ce qui est appelé représailles. Ce que l’on sait c’est que le groupe terroriste opère dans une zone lointaine, inhospitalière et difficile d’atteinte. Il s’est transformé à partir d’un groupe insurgé luttant contre le Gouvernement algérien en un membre puissant du mouvement de Osama bin Laden. Le Ministre français de la Défense, Hervé Morin estime que ce groupe séditieux est passé en peu de temps de 150 membres à près de 500 hommes répartis sur le territoire du Sahel et qui montrent constamment leur extrême détermination de lutter contre l’Ouest. L’opération déclenchée par Sarkozy a été montée pour soutenir les efforts de la Mauritanie visant à prévenir toute attaque. Cette timide déclaration a enflé jusqu’à devenir une opération de libération de l’otage français détenu par les forces rebelles, au cas où ce dernier serait encore en vie. Le Maire socialiste de la ville de résidence de l’otage s’est demandé s’il était bien opportun de recourir à la force dont l’usage porterait atteinte aux traditions diplomatiques de la négociation. Cette opinion a été rapidement réfutée par M. Sarkozy qui a ajouté que l’otage était sous la menace d’un assassinat et que l’adversaire agissait sous le coup de représailles contre les pertes subies par les combats en cours en Mauritanie et en particulier celles de nos 6 frères tués en cours d’opérations particulièrement empreintes de traitrise. De la sorte, l’objet de la négociation à peine entamée et en tout cas inaboutie représente le second otage tombant sous le feu d’Al Quaeda au Maghreb. Le premier de cette série était un citoyen britannique considéré comme touriste et déporté au Mali.
Toute théorie de la guerre a pour objet d’identifier l’hostilité qui confère son sens et son caractère propre à la guerre. Après les guerres napoléoniennes, la guerre irrégulière avait été refoulée de la conscience collective des théologiens, des philosophes et des juristes. Certains amis de la paix ont voulu voir dans l’abolition et la condamnation de la guerre conventionnelle la fin de toute guerre. Des juristes ont tenu pour juste toute doctrine de la guerre juste sous prétexte que quelque chose d’analogue avait déjà été enseigné par un dénommé Thomas d’Aquin. On avait simplement omis de réfléchir aux conséquences de la victoire du civil sur le soldat le jour où le citoyen passe l’uniforme tandis que le partisan le quitte pour se battre sans uniforme. En mettant des bornes à la guerre l’humanité européenne a renoncé à criminaliser son adversaire dans une guerre, relativisé l’hostilité et nié celle de l’absolu. Celui qu’on a dépouillé de tout droit puise son droit dans l’hostilité, celle qui donne sens à sa cause et droit quand s’écroule l’édifice de protection et d’obéissance qu’il habitait ou que se déchire la légitimité qui garantissait son droit et sa protection légale. Ni l’existence de moyens d’extermination ni la méchanceté préméditée ne constituent la menace dernière de l’homme envers d’autres hommes. Ils sont forcés de déclarer criminel et inhumain le camp adverse, d’en faire une non valeur totale sous peine de devenir des criminels et des monstres. Dans cette logique, la rigueur destructrice contraint à discriminer, criminaliser et déprécier jusqu’à exterminer le sujet parce que, à ses yeux sans valeur et indigne de vivre. L’hostilité, dans cette dynamique risque de devenir si effroyable qu’on ne parlera plus d’ennemi avant le déclenchement de l’opération d’extermination. Comment empêcher l’apparition de types d’hostilité nouveaux capables d’engendrer des incarnations inattendues d’un partisan nouveau ?