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Confort ou sortie du nucléaire ?

Les divertissements de l’homme

S’y vautrer ?

samedi 2 avril 2011, par Picospin

Après les tragiques évènements de Fukushima, de quoi croyez-vous que parlent les gens ?

De politique locale, un peu des anciennes colonies, des difficultés d’une vie de plus en plus dure, de plus en plus chère et de qualité toujours moindre si l’on tient compte de l’insécurité, du prix du gaz et de l’essence de la rareté des transports en commun, des absences trop fréquentes des professeurs mal remplacés. Surtout, on évité de parler et de réfléchir au seul problème qui va décider de notre mode de vie et du destin de notre logement dans le cosmos, la conservation ou la sortie du nucléaire. C’est le seul thème qui mérite notre attention et les échanges les plus importants, les mieux documentés, les réflexions les plus approfondies car il y va de la vie et de son mode pour notre génération et surtout celle de notre descendance. Les avis continuent d’être partagés si l’on en croit les rares blogs consacrés à ce thème capital, largement plus important que celui de la malbouffe, de la toxicité de l’alimentation, des prix pratiqués dans les grandes surfaces ou des merveilleux films qui doivent sortir dans les salles dès la semaine prochaine. Toutes ces activités relèvent de la distraction : « L’unique bien des hommes, souligne Pascal, consiste à être divertis de penser à leur condition… par quelque passion agréable ». Pascal présente le besoin morbide de divertissement comme la cause des malheurs de l’homme. La situation de l’homme, asservi au divertissement, s’explique par l’aveuglement qui le fait rechercher un moyen d’échapper au malheur de sa condition mortelle, faible et misérable. Que penser de l’approche pascalienne du divertissement ? Quel est son soubassement et quelle portée philosophique lui assigner ? Pour une fois, il ne s’agit pas d’une question futile que celle de la conservation de l’énergie nucléaire ou de la sortie de cette technologie. Il s’agit d’un pari sur l’avenir qui engage les générations de l’homme, son mode de vie, son adaptation à de nouvelles conditions de vie, à une autre philosophie et à des rapports au monde qui auront toutes chances d’être fondamentalement différents de ceux connus et vécus jusqu’à présent. Certes, on peut considérer que l’abandon de l’énergie provenant de l’atome ne se solderait que par un retour en arrière, à une situation et des conditions de vie déjà connues par nos parents il y a quelques dizaines d’années. Les choses ne sont pas aussi simples car c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que se produirait une telle révolution à contre sens même si l’on peut imaginer que l’imagination, l’intelligence, la créativité auraient suffisamment de ressources pour mettre en route des technologies nouvelles capables de remplacer, s’il en était besoin, celles qui viendraient d’être abandonnées. C’est toute une nouvelle manière de les gérer qui devra être adoptée par des instances internationales qui risquent d’être en difficulté les états imbus d’eux-mêmes, les orgueils patriotiques, les compétitions insensées devant la volonté desquelles les groupes, les intérêts particuliers et nationaux ne pourront que s’incliner pour laisser à la politique et à ses négociateurs le soin de calmer les esprits, les frustrations et la violence des désirs. « L’unique bien des hommes, souligne Pascal, consiste à être divertis de penser à leur condition… par quelque passion agréable » Je voudrais terminer par la réflexion suivante du même Pascal, qui colle parfaitement à notre condition politique actuelle et qui dit à peu près ceci : « Les rois et les ministres, les personnes importantes de l’État sont heureux, non parce qu’ils remplissent utilement leur tâche, mais par le fait même qu’ils sont dans une situation privilégiée du divertissement étant donné le grand nombre de personnes qui les entourent et qui se consacrent à les divertir. » Il y a encore de beaux jours pour Johnny Halliday.