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Quelle appellation ?

Les droits de l’homme (et de la femme ?)

Célébration d’un anniversaire

vendredi 12 décembre 2008, par Picospin

Or il en faut pour venir à bout des difficultés linguistiques attachées à cette charte. Quelle en est la raison ?

Trop d’obstacles ?

Il semble a priori que les obstacles s’accumulent pour découvrir derrière les principes, l’éthique, la philosophie, les mots justes capables de traduire, de transcrire, de transmettre toute la richesse visible et cachée de l’unique mot qui porte sur ses fragiles épaules tout le contenu, non pas de droits mais de son contraire l’absence de respect, le non-droit, dont on assure qu’ils s’appliquent bien plus souvent et bien plus profondément aux femmes qu’aux hommes. Il se trouve que c’est ce dernier mot, même démultiplié en plusieurs unités, qui pose problème puisque, s’il y a de fréquentes transgressions des droits de l’homme, il en va encore plus souvent ainsi du côté des femmes. Pourquoi pensez-vous que la situation soit ainsi révélée si l’on peut parler de révélation à ce propos ? Les religions qui sont des messages révélés, tout au moins dans les 3 versions monothéistes, ne se sont pas privées de réduire la femme à son expression et à sa fonction la plus simpliste, c’est à dire son rôle de reproductrice et ontologiquement auparavant de séductrice. C’est le monde qui fabrique les idées, les généralisations, les réalités, les hiérarchies et les classifications. La femme est née originellement avec des dimensions physiques légèrement inférieures à celles de l’homme. Que croyez-vous que la justice aurait pu faire pour compenser ce petit handicap qui n’en est pas toujours un ? Il a accentué cette différence en expliquant que, puisque la femme avait des muscles moins volumineux, elle devait aussi avoir un cerveau à l’échelle, c’est à dire si petit qu’il restait hors de portée de la réception des messages, des manipulations, des métabolismes venus de l’extérieur ou même de l’intérieur du corps et de l’âme. Cette version est naturellement celle qui vaut pour les adeptes du dualisme dans lequel s’est engouffré avec joie et enthousiasme le pur produit de l’école française – même s’il a longtemps vécu à l’étranger – dont le nom est Descartes et qu’un Américain du nom de Antonio R. Damasio a fustigé depuis lors pour l’accuser d’avoir commis une erreur si fatale et si lourde de conséquences qu’il a intitulé sa thèse et le livre qui en fut tiré « l’Erreur de Descartes", la raison des émotions, Paris 1995, Poches Odile Jacob.

La femme inférieure ?

La femme donc devenait inférieure, non pour ses qualités artistiques, intellectuelles ou imaginatives mais uniquement à cause d’une plus petite fabrication de protéines qui, comme chacun sait ou ne sait pas, sont à l’origine de l’élaboration de la masse musculaire. Petits muscles signifiait pour beaucoup petit cerveau ce qui par voie de conséquence amenait les esprits forts du mâle à décréter que cette pauvre créature n’avait décidément pas les moyens de comprendre le monde, de l’imaginer, de le représenter ce qui voulait dire qu’elle n’avait qu’à rester à la cuisine pour apporter les précieuses protéines au mâle que le cerveau était capable de transformer avantageusement en matière grise et un peu blanche. C’est ainsi que, dans la perspective d’un raisonnement pseudo-scientifique, la femme était exclue des études, de l’Université, de l’accès aux grandes carrières scientifiques, économiques ou administratives. Ne parlons pas des sports dans lesquels il n’était même pas question qu’elle montre la moindre parcelle de son corps à la fois si désiré et si rejeté, objet d’un culte et d’un jugement ambivalent sinon ambigu. Devant l’ampleur du problème, du respect ou non de l’être humain quelle que soit la dénomination adoptée, que croyez-vous que les responsables, les consultants, les spécialistes, les experts aient conseillé puis décidé ? Ils / elles ont ergoté sur les mots, les particularités de la langue française par rapport à l’anglais, le bien fondé de tel choix en vigueur au Canada, en Suisse ou ailleurs. On a même eu recours, en dernier ressort, à l’avis du maitre à penser de la langue française, le spécialiste du dictionnaire Robert qui, du haut de son immense expérience, a déclaré par l’intermédiaire de l’ouvrage cité que « droits humains » lui allait bien, puisque cette formule permettait de conserver la dérivation du mot latin homo, hominis qui signifie espèce humaine. C’est sur cette remarque des plus pertinentes d’ordre sémantique que se termine le débat récemment amorcé sur l’utilité d’un poste de Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme.

Une polémique

Qu’en pensent les femmes battues, celles encore maintenues en esclavage et les hommes les plus pauvres des pauvres qui sont
obligés de renoncer à leur autonomie fraichement acquise pour rester confinés et frigorifiés sous les tentes glacées sous la surveillance de caméras anonymes et maintenus en éveil par les gens de bien chargés de masquer les témoins, - vaut-il mieux les appeler les martyrs - d’une civilisation en échec par les errements et l’égoïsme des financiers en perdition, des traders des bourses internationales et des nouveaux riches de Russie issus d’un marxisme désuet ayant exploité le peuple au lieu de le promouvoir sous prétexte de lui apporter le bonheur sur notre terre et non sous le ciel s’étendant au-dessus du Kremlin et d’une Place Rouge décolorée.