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Les effets étranges et méconnus de l’acupuncture : une nouvelle carrière pour cette méthode ?

lundi 22 octobre 2007, par Picospin

L’acupuncture ou acuponcture (du latin : acus, "aiguille" et pungere "piquer"1 ) dont la caractéristique la plus représentative est son traitement par implantation d’aiguilles, constitue l’une des composantes de la médecine traditionnelle chinoise. L’acupuncture traditionnelle est un art thérapeutique qui élabore son raisonnement diagnostique et thérapeutique sur une vision énergétique taoïste de l’Homme et de l’univers : l’Homme, microcosme, organisé à l’image du Macrocosme universel, s’en trouve donc soumis aux mêmes règles, qui devront inspirer son mode de vie, et serviront de trame à l’élaboration de l’acte médical

Efficacité ?

Son efficacité continue d’être toujours largement débattue au sein de la communauté scientifique. L’acupuncture aurait été introduite en Europe au XVIIème siècle par Ten Rhyne, médecin de la Compagnie des Indes (1679) et Kæmpfer. Un siècle plus tard Dujardin et Vicq d’Azyr relatent le procédé dans leurs ouvrages respectifs. Il semble que ce soit Berlioz, père du compositeur qui, le premier, en ait tenté la pratique en France (1810), imité ensuite par de nombreux médecins. De nos jours, l’acupuncture occupe en Chine une large place dans la médecine pour un vaste éventail de pathologies, notamment dans les hôpitaux dont certains ont été transformés en hauts lieux touristiques. De colossales expériences ont été entreprises, pas toujours en accord avec les principes traditionnels orthodoxes, aboutissant à la multiplication des points situés hors méridiens, et à l’avènement de nouvelles techniques telles que l’analgésie5 par acupuncture.

Historique

Taiwan, où ont pu trouver refuge ceux des maîtres acupuncteurs qui ont échappé aux purges de Mao lors de son arrivée au pouvoir, reste un des hauts-lieux de l’acupuncture traditionnelle. Le consul français en Chine, étudia l’acupuncture durant son long séjour dans l’Empire du Milieu, et publia lors de son retour en France un imposant traité qui fait toujours référence de nos jours 6. Selon la tradition chinoise, l’être vivant est une organisation résultant de la combinaison de matière - le corps matériel ou physique - de nature yin, et d’énergie - qui anime la matière - de nature yáng. L’équilibre harmonieux entre ces deux composants conditionne l’état de santé. Les perturbations de cet équilibre sont responsables de la maladie. Toute perturbation de nature à rompre cet équilibre affecte d’abord préférentiellement l’énergie. Comme l’énergie est mouvement, sa perturbation princeps sera l’entrave au mouvement : le blocage. L’énergie bloquée en une région du corps matériel, s’accumule en amont du blocage, alors que les régions en aval du blocage vont se trouver en déficit énergétique. En présence d’un état de pathologie ainsi décrit, l’acupuncteur va établir son diagnostic en recherchant les niveaux auxquels l’énergie est bloquée, et quelle est la raison du blocage. Il va ensuite appliquer son traitement en levant le blocage et en corrigeant, si cela se peut, la raison de ce blocage. Parmi d’autres moyens, c’est l’aiguille qui va lui permettre de diriger le cours des énergies. Celle-ci circule le long de conduits appelés méridiens, et, à partir de ces derniers, se répand dans tout le corps pour insuffler son principe vitalisant (yáng) à l’ensemble des constituants de l’organisme. Elle a une certaine correspondance avec le sang, qui, lui-même, circule dans des conduits (vaisseaux) et se répand dans tout le corps pour l’irriguer de son principe yin. En outre il y a plusieurs énergies, chacune ayant sa spécialité ; outre les méridiens principaux, il y a encore une foule de méridiens aux fonctions diverses ; et l’équilibre de l’organisme humain doit toujours être évalué relativement à celui de son environnement, et de cycles qui vont en rythmer l’évolution. Cycles avec lesquels il devra rester en harmonie et dont les correspondances matérielles (les cinq éléments) vont servir de repère à l’acupuncteur pour établir son diagnostic et son traitement, en fonction de règles subtiles qui trouvent leur origine dans le taoïsme. Les méridiens principaux sont parcourus de points qui sont autant de zones stratégiques.

Des points mystérieux ?

Contrairement à ce que s’imagine habituellement le profane, ces points n’ont pas en eux de vertu thérapeutique spécifique. C’est-à-dire qu’il n’y a pas un point du sommeil, un point de l’angine, de la douleur dentaire ou de la colique abdominale. Les points permettent d’influer sur le cours des énergies. Les plus importants pour le traitement des énergies des méridiens par l’aiguille sont ceux situés près des extrémités. Il est facile de s’assurer de la localisation d’un point : l’implantation de l’aiguille dans la peau est en principe indolore : le simple contact de la pointe de l’aiguille n’est pas ressenti quand on est précisément dans le point, alors qu’il l’est un ou deux millimètres plus loin. Il y a plus de 360 points répartis sur les méridiens qui parcourent toute la surface du corps. Les méridiens principaux sont au nombre de 12. Ils débutent (ou se terminent) à l’extrémité d’un doigt (ou d’un orteil). Conformément au cours d’un fleuve, dont ils sont la correspondance sur le corps, ils grossissent depuis leur source (extrémité d’un doigt) vers le centre du corps. Ils disposent de nombreux affluents, ou méridiens secondaires, et nourrissent de leur énergie la chair et les muscles, les organes internes, et la totalité du corps. Les lignes médianes du corps sont parcourues par deux méridiens particuliers, l’un antérieur, l’autre postérieur.

Des points et des méridiens

Les méridiens constituent donc les voies par lesquelles l’organisme reçoit cette énergie, qui peut être apport nutritif, apport d’informations (notamment d’origine extérieure) mais aussi portes d’entrée pour certaines maladies. L’acupuncture réalisée avant et après une intervention chirurgicale diminue la douleur post-opératoire et celle des médications anti-douleurs. C’est ce que viennent de déclarer des chercheurs de l’Université Duke en Caroline du Nord, charmante université au milieu d’une verdure écologique et rassurante située au sud de la région de Washington. Ces chercheurs qui ont la chance de travailler au calme et dans un décor de rêve, loin de la bureaucratie des grandes administrations et des complexes industriels, sinon militaro-industriels comme les appellent certains opposants à la politique de George Bush. On sait que cette technique vient depuis de longues dizaines d’années de Chine et qu’elle consiste à placer des aiguilles dans des emplacements sélectionnés du corps. Nos chercheurs ne se sont pas contentés de répéter cette opération sur quelques patients épars mais ont voulu confirmer leurs impressions et leurs résultats en les répétant dans 15 essais concernant des interventions chirurgicales variées. Les résultats ne se sont pas fait attendre et ont immédiatement montré une significativité impressionnante. Les douleurs qu’ont éprouvées ces patients au décours des interventions étaient nettement moins intenses que celles ressenties par les opérés qui n’avaient pas bénéficié de cette technique. Pour confirmer ces données, on a aussi révélé que les doses de morphine nécessaires à réduire la douleur étaient nettement inférieures à celle requises chez les malades qui n’avaient pas été soumis à un traitement morphinique.

Acupuncture contre morphine ?

Comme les doses de ce produit avaient sérieusement diminué lors de l’utilisation de l’acupuncture, les effets secondaires provoqués par les opiacés aveint été plus faibles. Cette constatation vaut pour les nausées, les vomissements et les vertiges. Ces réductions vont de 2 fois à 4 fois non seulement pour les effets secondaires ci-dessus mentionnés mais aussi pour les rétentions urinaires. Très heureux de ces résultats nos chercheurs en ont conclu que leurs travaux amélioraient considérablement la valeur de l’acupuncture. Ces faits sont confirmés par les scientifiques travaillant au sein du NIH (National Institutes of Health) autrement dit l’équivalent en plus grand de notre INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) qui ont constaté les mêmes résultats favorables sur les effets secondaires survenant au cours des traitements anticancéreux. Toutes ces expériences favorables n’empêchent pas de constater que l’acupuncture continue de susciter une impression défavorable ce qui en fait une technique sous utilisée. C’est ce qu’a déclaré le Dr Tong, Directeur adjoint du département d’anesthésiologie de la même université de Duke, dont le nome évoque assurément un lien d’origine chinoise et explique peut-être son attirance pour cette méthode de traitement et de prévention malgré la réputation mitigée dont elle bénéficie. Les médecins occidentaux ne sont pas entraînés à se servir de cette technique. Ils auraient besoin d’ouvrir leur esprit. Plusieurs études ont analysé les résultats obtenus par l’acupuncture mais elles n’ont pas toutes été menées avec un soin suffisant. Si vous utilisez l’acupuncture un demi heure avant de commencer à opérer et si vous continuez à la pratiquer pendant l’intervention, cette technique est susceptible d’être efficace. D’après le NIH, les scientifiques ne comprennent pas complètement comment agit cette méthode d‘endormissement. Ils croient qu’elle fait appel à la sécrétion de substances capables de diminuer la douleur ou d’agir sur la pression ou le flux artériel. Dans notre évaluation, nous avons passé en revue son action sur les interventions touchant la sphère abdominale, les procédures orthopédiques ou gynécologiques.


Sources :
Yahoo News. Dunham W. 16.10. 2007

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