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Les glorieuses du football

lundi 25 juin 2012, par Picospin

Cette opinion était celle d’un militaire de qualité exceptionnelle ayant pour cette raison vécu un grand destin et qui de ce fait eut l’immense courage de prendre le contrepied du pessimisme ambiant, légué par une 3è République consciente de son niveau international, de ses avantages mais aussi de ses échecs ne serait-ce que devant la bande de guignols nazis s’agitant à sa porte.

Fermetures

Celle-ci avait été plombée, hermétiquement fermée par la conscience nationale qui hésitait à regarder par les fenêtres du Rhin, de la Méditerranée et de l’Atlantique et de la Manche ce qui se passait au dehors, on veut parler des progrès réalisés par les voisins de l’hexagone. Pendant ce temps la France se refermait sur elle-même, certaine de sa supériorité, de la qualité de sa culture, de ses écrivains, artistes et même sportifs. Paris attirait le monde comme le vinaigre le fait de la mouche drosophile, cet animal d’expérience si précieux pour la recherche scientifique. Cette attitude hautaine, qu’on ne saurait analyser sans faire entrer en ligne de compte la haute stature du général surmontée de son képi à deux étoiles seulement, a déteint sur le peuple à coups d’affirmations provocatrices, d’auto-glorification, de prestige insensé dans le monde acquis à force de déclarations auto-entretenues excipant de la grandeur du pays, des privilèges qui ne cessèrent de s’accumuler sur et sous ses cieux bénis par leur topographie, leur situation géographique idéale entre mers, océans et reliefs alpins ou pyrénéens face à la platitude des plaines des Pays Bas, de l’Allemagne, du Benelux et même de l’Alliée indéfectible en même temps que rivale appelée à l’époque Grande Bretagne et maintenant Royaume Uni.

Déceptions

La déception n’en fut que plus grande de constater a posteriori que la gloire du pays tant aimé, adulé et incarné par le Chef de la France Libre, était devenu un état comme un autre, banal sinon banalisé pour reprendre une définition à la mode. Plus tard était intervenu l’épisode de mai 68 qui avait jeté dans les rues de Paris et d’ailleurs une jeunesse bourrée d’idéal et d’idéologies qui croyait que la liberté encore comprimée était arrivée, sans bornes, sans frein et sans limite. Cette mini révolution en avait marqué plus d’un qui pensait que dorénavant tout était permis et qu’il était devenu interdit d’interdire. Étonnez-vous que les générations suivantes aient épousé cette manière de voir les choses, de concevoir les rapports humains, de planifier leur vie, d’en organiser les détails. Les éducateurs étaient pris dans cette nacelle libertaire qu’ils n’eurent jamais le courage ni l’autorité de détricoter pour laisser sortir vers un monde plus réel et moins romantique les nouvelles générations qui leur avaient été confiées pour qu’ils les sculptent, les formatent et les rendent aptes à vivre ensemble sans que plane en permanence la menace de l’atteinte physique et morale de l’autre, du camarade de classe, du concurrent aux concours, de compagnon de jeux même amoureux.

Évolution

Cette évolution s’est transmise aux joueurs de football qui n’ont de joueur que le nom, qui croulent sous les millions lancés à profusion par des autorités mi religieuses mi étatiques pour s’emparer des leviers de commande de l’organisation des nations sinon de leur réunions au sein d’organismes qui profitent moins qu’ils n’exploitent la manne cachée derrière l’aspect ludique du jeu servi pour oublier le tragique destin de l’homme, sa finitude et son obligation d’un monde qu’il n’a jamais pu ni su investir autrement que par la croyance aux mythes. « Sur la pelouse de la Donbass Arena, le onze tricolore a démontré ses limites collectives, samedi 23 juin, contre une Roja au jeu métronomique. » Si cette élimination paraissait davantage inéluctable qu’humiliante, ce quart de finale a révélé l’écart béant entre la meilleure sélection du monde et une équipe de France dépendante des rarissimes fulgurances de ses individualités.

Série de défaites

Davantage que celle subie contre la Roja, la défaite essuyée face à une équipe suédoise (2-0) déjà éliminée a entaché le parcours des Bleus. « L’équipe de France occupe actuellement la 14e marche du classement FIFA. Ses résultats correspondent à son rang. Celui d’une puissance moyenne, inapte à défaire les nations majeures lors des compétitions officielles. » Sur le plan financier, le parcours des Bleus profite à la FFF. Cette qualification en quarts de finale assure à la Fédération une somme de 11,5 millions d’euros versée par l’UEFA. L’effectif tricolore n’est pas en reste. Chaque joueur sera rétribué 140 000 euros en vertu des primes négociées, avant la compétition, avec Noël Le Graët et de l’intéressement au sponsoring. Heureusement, tout n’est pas perdu pour tout le monde…

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