Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Les idées d’un philosophe sur l’école de la République modernisée

Les idées d’un philosophe sur l’école de la République modernisée

dimanche 28 septembre 2014, par Picospin

Il s’érige en critique acerbe de l’élitisme des milieux parisiens qui ne cessent de capter les messages circulant dans les hautes sphères d’un intellectualisme désuet, prompt à saisir au vol les idées qui y circulent avec le plus d’ostentation, de brio et d’élégance. Il ne doit pas avoir tort sur tous les points.

Gloire à lui

Il se glorifie d’avoir été extrait d’un milieu modeste dans lequel les techniques opératoires propres à l’écriture, le calcul, la pensée et la lecture prenaient priorité et ascendant sur les théories sociologiques modernes, offertes en holocauste aux élèves issues des classes privilégiées dont les cadres, les parents et éducateurs se faisaient les thuriféraires dans le but de pouvoir les diffuser, les répercuter au nom d’une culture générale, scientifique et littéraire valorisante. « L’école se substitue aux familles en matière d’éducation, dès lors, et pour ce faire, elle a renoncé à l’instruction. Demander à l’école qu’elle apprenne à lire, écrire, compter, penser devrait être une demande de bon sens : elle devient désormais une provocation !

Provoquer ou enseigner

Apprendre la maitrise de la programmation informatique, apprendre la théorie du genre, sous prétexte de féminisme et de lutte contre les discriminations sexuelles, (un programme auquel au demeurant je souscris...), apprendre à sauver la planète sont des programmes qu’il n’est pas inutile d’envisager, bien sûr, mais une fois que les savoirs élémentaires sont acquis. Or, le sont-ils ? Si l’on sort des réponses idéologiques, on sait bien que non… J’ai enseigné vingt ans dans un lycée technique, je sais de quoi je parle... Le fils d’ouvrier agricole et de femme de ménage que je suis s’en est sorti grâce à une école qui n’existe plus. L’école d’aujourd’hui tue sur place les enfants de pauvres et sélectionne les enfants des classes favorisées qui monnaient dans la vie active non pas ce qu’ils ont appris à l’école, mais ce qu’ils ont appris chez eux. Lire ou relire Bourdieu plus que jamais d’actualité ...

Un massacre

Si l’on justifie cela, alors il faut continuer et défendre cette école qui massacre tous les enfants de gueux, dont je fus. Sinon, il faut abolir cette usine à éjecter les enfants de pauvres hors du système. » Ce discours interroge plus les fabricants de programmes de l’enseignement que les acteurs et agents chargés de l’appliquer. Dans cette dispute, les thèses en présence défendent plus une conception de la qualité et des objectifs de l’enseignement que celle du programme des matières enseignées. Que veut-on faire des enseignés, des élèves et étudiants subordonnés à la force de persuasion et au diktat des enseignants ? Des individus au courant de tous les sujets abordés par les adultes, les grandes personnes et à la conversation à laquelle il convient de se mêler pour jouir du plaisir de pouvoir se pavaner en affirmant que ces sujets sont abordés depuis longtemps, qu’ils ont déjà subi maintes réparations, justement au profit d’une jeunesse désemparée par les oxymores, les complexités des phénomènes analysés.

Se prendre en main

Dans ce chaos, ce dédale de circuits, de ruelles nauséabondes, que doit faire l’élève qui veut cherche à se prendre en main à juger par lui-même plus qu’à travers l’opinion publique ? La réponse se trouve sans doute dans le commentaire d’un observateur de l’école de la République qui en écrit le commentaire suivant « le premier rôle de l’école est de faire aimer apprendre, et bien il se passe tout le contraire, à force d’être jugé, moqué, noté,etc... les élèves sont dégoutés d’apprendre, et ouvrir un livre devient une corvée, une épreuve.
le résultat est qu’ils cherchent à en faire le moins possible, et le plus grave est qu’ils en sont à apprendre l’histoire, non pas pour la connaître, mais simplement pour avoir des bonnes notes, ce qui explique d’ailleurs que 70% des collégiens ne retiennent pas les cours d’histoires qu’ils ont appris. 
De plus, l’école casse l’élève, car à force de lui donner des ordres toute la journée, du genre, asseyez-vous, levez-vous, sortez vos cahiers, faites ceci faites cela, apprenez ceci mais pas cela.

Autonomie

Les élèves sont incapables de se prendre en main, ils ne savent pas décider par eux même, et plus grave encore ils ne savent pas penser par eux même, ce qui explique qu’ils sont très influençables. 
Même pour se rendre aux toilettes ils doivent demander la permission. Après, on leur demande, que veux tu faire dans la vie, il vous répondra, " je ne sais pas moi, je n’ai jamais appris à décider par moi même, les autres ont toujours décidé pour moi, alors dites moi ce que je dois vous répondre.."
Comme tous les cours sont disponibles sur internet, ils peuvent travailler en choisissant leur profs leurs matières, leurs cours, leurs heures ». L’étonnement se situe au cœur du processus de construction de l’expérience et de formation du sujet tout au long de sa vie. En tant qu’initiateur de l’activité réflexive, c’est à travers lui que l’acteur éprouve les limites de ses connaissances et s’engage dans une démarche d’acquisition de nouveaux savoirs et de transformation de soi.

Étonnement

Nous sommes en présence d’un processus fondateur et initiateur de la démarche de pensée et de recherche : « Le commencement de toutes les sciences, c’est l’étonnement de ce que les choses sont ce qu’elles sont » (Aristote). Si la question « appelle la connaissance », il est possible d’envisager que c’est l’étonnement qui appelle la question, et qu’en ce sens, il concerne directement les praticiens et les chercheurs du monde de l’éducation. Pour des raisons historiques, culturelles et sans doute paradigmatiques, la question de l’étonnement est cependant restée longtemps à l’écart des préoccupations de la formation des adultes. Cette notion, si proche et si lointaine à la fois, reste méconnue et faiblement conceptualisée. Rares sont en effet les auteurs du champ qui s’en sont véritablement emparés pour penser la formation et l’éducation permanente.

Processus d’apprentissage

Plus rares encore sont les travaux mobilisant concrètement ce concept en tant qu’outil d’intelligibilité du processus d’apprentissage chez l’adulte en situation d’action. Il est grand temps qu’un « retour sur l’étonnement » soit effectué, quitte pour cela à prendre quelque distance avec les définitions universalistes et presque mystiques qui lui sont parfois associées. Il s’agit de mettre en objet l’étonnement et de l’envisager comme un processus humain pouvant être analysé du point de vue de son origine, de ses modes de survenance et, surtout, de ses effets concrets sur la construction du sujet.