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Qui ne se souvient de ce film interprété par Raimu il y a plus de 50 ans ?

Les inconnus dans la maison

Beucoup d’inconnues dans le vote américain

samedi 1er novembre 2008, par Picospin

A Charlotte en Caroline du nord, une dame âgée noire s’est présentée dans un bureau de vote situé dans un collège pour ostensiblement montrer qu’elle avait eu l’intention de glisser un bulletin de vote en faveur d’Obama. Elle ne put réaliser a première intention en raison de la queue très longue qui la précédait avant qu’elle ait pu avoir accès au site destiné à accomplir cette formalité. Consternée, elle n’avait pas d’autre issue que de rentrer à la maison.

Une longue queue pour voter

Cette déconvenue ne l’empêcha pas de revenir le lendemain munie d’une chaise pliante qu’elle plaça avec précaution dans la file d’attente qui était encore plus longue que celle à laquelle elle eut affaire la veille. Toutes les deux ou trois minutes elle fut obligée de se lever pour avancer de quelques cm sa petite chaise avant de se rasseoir. Les prévisions suggèrent que le sénateur Obama serait largement en tête mais comme il n’y a pas de précédent fiable à ce type d’élection, il est encore difficile d’en tirer des conclusions. Pour ses livrer à des prévisions significatives, il reste encore trop d’inconnues, comme l’a insinué Donald Rumsfeld. Cette course ardente au vote est sans aucun doute mue par une énorme anxiété. Les finances avec ses milliards de $ en provenance des contribuables essaie de sortir de l’état de choc qu’ils ont vécu jusqu’à présent. L’industrie automobile qui avait été un indicateur fiable de la situation économique pendant des années est sur le point de s’effondrer. L’économie rétrécit à vue d’oeil, le chômage augmente et la sécurité financière pour tout le monde sauf les riches prend l’allure d’un enregistreur de cassettes vidéo. Un employé dans l’industrie automobile m’a dit simplement qu’il allait voter pour sa vie économique. Le facteur le plus significatif dans cette élection, en dehors du problème économique est constitué par son inconnue majeure, la question de la race. Ce vote a de grandes chances de prendre la place d’une piste d’envol pour la race du sénateur Obama. Même s’il est en train de mener au score, cette tendance ne signifie pas nécessairement que les estimations de vote traduisent les intentions réelles de l’électorat. Parmi toutes les questions qui seront débattues dans cette interminable saison consacrée aux élections, les tours jumelles continuent de figurer l’économie et la race. L’opinion publique continue d’être fortement préoccupée par un phénomène fréquemment constaté lors des élections et qui consiste à affirmer publiquement et à haute voix qu’il ont bien l’intention de voter pour un noir mais qu’à la dernière minute ils se ravisent et que devant le bureau de vote ils font tout autrement. Le problème de la race en a bouleversé d’autres en particulier nombre de candidats noirs.

L’effet "Bradley" ?

Ce phénomène est appelé l’effet Bradley, appelé ainsi en en souvenir de Thomas Bradley, un maire noir de Los Angeles qui en 1842 a perdu une élection au poste de gouverneur de l’état de Californie qu’il aurait du gagner d’après tous les sondages. Cette conjoncture ne signifie pas que nombre des personnes soumises à un sondage mentent sciemment parce qu’ils ont peur d’être qualifiés de racistes. Si vous étudiez consciencieusement le processus d’entretien concernant les sondages, vous serez étonnés de constater combien les gens sont concernés par la manière dont leurs opinions sont notées. Qui ne se souvient de la compétition entre Dinkins et Giuliani au poste de maire de New York en 1989, au cours de laquelle le premier qui est noir n’a gagné que de quelques voix Lors des sondages effectués la veille de cette élection, nous avons constaté de nombreux reports de voix ce qui a diminué les différences entre les voix obtenues par les deux candidats. Malheureusement, les sondages se sont arrêtés bien avant la date du vote réel. Il y a de multiples raisons permettant d’expliquer les raisons pour lesquelles Obama ou n’importe quel autre candidat peut faire mieux ou moins bien que ne le laissent prévoir les sondages. Le mensonge devant les sondages est sans doute la moins probable parmi elles. Les spécialistes du sondage comme ceux que l’on peut trouver chez Gallup pensent que l’évaluation des bouleversements susceptibles d’intervenir au cours de cette élection et le déchiffrage de son sens constituent sans doute le défi majeur imposé aux instituts de sondage. Si on assiste à un retournement de situation tel qu’il joue majoritairement en faveur d’Obama cette tendance indiquerait que beaucoup d’électeurs qui se prononcent en faveur des démocrates dont les noirs et les jeunes se rangeront parmi ceux qui vont voter en masse pour Obama.

Sondages optimistes ou inquiétants ?

En raison de leur meilleure organisation et de leur plus grande disponibilité de fonds que les partisans de Mc Cain les forces dirigées par Obama auront de plus grandes chances d’amener leurs partisans devant les urnes. Cette hypothèse pourrait aussi signifier que l’angoisse produite par la situations économique est devenue si grande qu’elle surpasse de loin la problématique que beaucoup de partisans d’Obama pourraient avoir sur les chances de succès ou de défaite d’Obama. Un des accidents qui pourrait arriver à ce dernier serait le fait que les électeurs qui ne se sont pas encore exprimés dans les sondages pourraient finir par donner leur voix massivement pour Mc Cain. Ces électeurs seraient susceptibles de modifier l’équilibre dans les états clés des élections américaines surtout ceux dans lesquels Obama est en tête mais n’a pas atteint les 50% des voix nécessaires à sa victoire. Le risque de se tromper dans les sondages pourrait provenir des électeurs blancs des couches moins éduquées de la population qui sont plus réticents que d’autres groupes à répondre aux questions posées par les sondages. L’effet Bradley n’est peut-être pas véritable mais il reste une menace dans cette élections. La question essentielle à laquelle doivent répondre ces élections est de savoir si la mauvaise situation de l’économie ne constitue pas une menace encore plus grande.

November 1, 2008
Op-Ed Columnist
The Known Unknowns
By BOB HERBERT

Questionnement éthique :

1. Est-ce que la possible élection d’un sénateur noir aux Etats-Unis constituerait une surprise, sinon un bouleversement dans les traditions politiques, sociétales et même religieuses et politiques des Etats-Unis ?

2. Est-ce que ce renversement des tendances est susceptible d’entrainer une réaction sur d’autres pays, d’autres traditions que celles confinées strictement aux Etats-Unis ?

3. Est-ce que cette éventuelle modification d’équilibre risque de faire tâche d’huile dans nombre d’états qui seraient obligés, en vertu de ce modèle, d’adapter leur conduite des affaires à celle de leur grand voisin qui a fini par sauter un grand pas ?

4. Est-ce que l’élection par bonheur d’Obama ne serait pas un biais en raison de l’intervention d’une situation économique défavorable susceptible d’augmenter la confiance en faveur du candidat noir qui amène avec lui un bagage intellectuel, une expérience plus nourrie que son rival ?