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Les langues de l’Europe ?

mardi 3 janvier 2012, par Jean-Claude Cusset

Voici le message dans son intégralité que je livre aux réflexions de nos fidèles lecteurs :

La langue de l’Europe

Une question se pose, si l’on veut faire une Europe politique, à 17 ou à plus – et je suis de ceux qui pensent qu’il est plus que nécessaire de le faire – quelle pourra être, à l’intérieur de cette Europe, la langue commune ? Il ne me semble pas souhaitable que ce soit l’anglais, surtout si l’Angleterre est en dehors. Alors la langue de l’un des pays membres ? La prééminence de l’une de ces langues sur les autres sera aussi difficile à faire accepter par lesdits membres.
Il existe deux langues à prétention universelle, l’esperanto et le volapük (oui, ça existe, même si d’aucuns pensent que c’est une invention du général de Gaulle). Les inventeurs de l’une et de l’autre sont européens. Peut-on en choisir une ? Et si oui, laquelle ? Le monde latin serait sans doute favorable à l’esperanto, le germanique au volapuk. Je crois l’accès à l’esperanto plus facile (et il y a des pratiquants, ce qui ne semble pas être le cas du volapuk) mais est-ce un argument suffisant ? Cette langue commune, langue de communication, ne devrait pas se substituer aux langues nationales, langues de culture, ni porter atteinte aux traditions culturelles nationales.
On peut m’accuser de parti pris pour avoir d’emblée exclu l’anglais comme langue européenne, alors qu’il est, comme le disent certains, le latin contemporain, langue vernaculaire de l’Europe comme le fut jadis le latin, et qui, plus encore, est la langue vernaculaire quasiment de l’ensemble du monde. Puis-je dire que mon expérience personnelle de l’usage de l’anglais comme langue de communication mondiale est très décevante ?…
Mais alors pourquoi ne pas recourir au latin, tout simplement ? Le latin, contrairement à ce que beaucoup pensent, n’est pas une langue morte ; c’est encore la langue de l’Eglise, celle des encycliques et des grands discours du pape, et de ce fait c’est une langue constamment mise à jour. Point n’est besoin, comme ce fut le cas pour l’hébreu, de la faire revivre et de procéder à son aggiornamento. Beaucoup en Europe l’ont étudiée, et même parlée. Je repense à Primo Levi qui, libéré du camp d’Auschwitz, cherche à manger et ne parvient pas à se faire comprendre des polonais ; avisant un prêtre il s’adresse à lui en latin, et ça marche !
Il y aurait certes des difficultés pratiques d’introduction généralisée de cette langue : enseignants, manuels, dictionnaires… mais ils ne paraissent pas insurmontables, même dans de brefs délais.
Qu’en pensez-vous ?

J.C Cusset. 03/01/2012