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Prévention et précaution ?

Les lendemains de Tchernobyl et de Fukushima

Le nucléaire est-il dangereux ?

mercredi 27 avril 2011, par Picospin

Il fallait alerter et saisir le gouvernement pour qu’il dise si les enfants pouvaient et devaient jouer dehors. En France, personne n’a rien dit. On a fait des prélèvements et on s’est aperçu qu’il y avait tous les éléments provenant de Tchernobyl. Personne n’avait d’information à ce sujet. Quand il y a une explosion de ce type, il faut calfeutrer et attendre que les particules retombent sur le sol déclare le représentant japonais de l’OMS.

Qui sait de quoi il parle ?

L’IRSN en France, institution officielle, déclare que ses représentants connaissent les problèmes de l’atome. Il faut édicter des standards de sécurité à appliquer partout dans le monde, à vérifier de façon internationale. L’AEIA détient le pouvoir d’intervention par l’intermédiaire d’ingénieurs qui sont des spécialistes de l’atome non de la santé et connaissent mieux les effets et les propriétés du Césium, de l’Iode. La Norvège est la seule à avoir établi une comptabilité exacte des phénomènes physiques survenus à Tchernobyl et « exportés » autour du site. La Grèce a reçu des retombées en Mai 86. Un grand nombre d’essais ont été effectués aux US, en URSS. Au début le taux de radioactivité dans l’air était insignifiant ce qui a fait que personne n’a pris de comprimés d’iode. Le gouvernement polonais qui a consulté un expert Russe s’est lancé dans un système de prévention réalisé sans aucun effet secondaire. Cette expérience prouve l’efficacité et la sécurité d’une mesure qu’on peut prendre facilement sans risque excessif et qui est efficace.

Du blé...

Quand le blé est contaminé, il faut le mélanger avec du blé normal, ce qui a déjà été réalisé en certains endroits mais on ne sait pas encore si cette mesure a été respectée partout. En ce cas aussi, il faut que tous les animaux soient conduits dans des entrepôts où ils seraient nourris avec des aliments de l’année précédente. Les dangers résident dans les terres qu’on retourne, les pâturages sous les pluies avant que la terre ensuite reste stable jusqu’à sa dégradation. En Corse et dans les Alpes, il y a des endroits propres à côté d’endroits « sales ». Au bout des 10 ans d’évolution, on comptait encore des contaminations à plus de1000 km. La truite fermentée en Norvège, qui est un plat national, est devenue à risque puisque on a mesuré des irradiations de l’ordre de 30.000 Becquerels par poisson. La pêche est maintenant sous contrôle et nous pouvons tous en manger. 500 B/litre de lait constituent un rayonnement important. Certains paysans mangeaient de la viande de leur propre ferme, sans avoir reçu des instructions adaptées à chaque cas car il est unique et chacun a été touché individuellement. « J’ai voulu donner des informations à la population », déclare un producteur qui n’a guère été encouragé à se livrer à cette démarche de salubrité publique. Des productions ont du fermer en Norvège. Il y a eu dilution des rayonnements dans des camions où du lait contaminé a été mélangé à du lait sain.

Philosophie et éthique ?

Cette question est plus philosophique et éthique, car pour beaucoup discutent encore du principe du rapport entre contenu et contaminant et de l’opportunité de recourir aux phénomènes de dilution. C’est ainsi que des tonnes de lait ont été jetées car souvent le seuil officiel de tolérance avait été dépassé. 1988 avait été une année terrible qui a couté très cher en raison des mesures de prévention et des précautions indispensables à la réduction des irradiations en provenance des animaux, de la terre et de l’atmosphère.

Prévention chez les animaux

Si on ne traite pas les animaux on aura un taux inadmissible d’irradiation chez l’homme. Si on évalue les effets de la contamination, il vaut mieux le faire sur le lait après le départ, en période de dilution dans les camions de transport car cette manœuvre réduit les risques de contamination et de ses effets délétères. Le cœur déchiré, on a été obligé d’abattre les mères et les petits rennes et on a enterré les petits ce qui était une douloureuse et terrible épreuve pour les éleveurs. Personne ne savait ce qu’il fallait faire car tout était interdit : manger ou ne pas manger de viande, s’asseoir sur la terre, pécher des poissons, en consommer, au point qu’on s’est résolu à nourrir les visons. Les élevages de rennes ont été très touchés par la radioactivité. La première année, on avait mesuré des rayonnements de 48.000 Becquerels chez certains animaux contaminés. On était inquiet par ce qui allait se passer avec les rennes et nos enfants. On ne craignait pas de souffrir économiquement car on s’adapte rapidement et très bien dans nos pays du nord. La Norvège avait plus de B/kg que la Suède : pourquoi ?

Sensibilités

En 1965, on a trouvé que la viande de renne était très sensible à la radio activité. Un médecin biélorusse, avait détecté après une première période exempte de leucémie en 1996, la naissance d’enfants handicapés, des complications pour femmes enceintes, enfin la détérioration de la santé des enfants. On ne peut encore tirer des conclusions définitives de ces évènements à un moment où on n’a pas encore été capable de le faire pour les irradiés de Hiroshima. Un éleveur qui avait 150 chèvres et descendait parfois en ville pour une journée à l’âge de 56 ans, a commencé à ne plus pouvoir respirer, raison pour laquelle il a été transporté à Salonique puis de là à Athènes, avec un cancer débutant dont il est mort rapidement. On perd beaucoup d’hommes et d’animaux qui naissent avec des problèmes de tératogénie, dont on ne sait toujours pas s’il s’agit de causes héréditaires ou de conséquences de contamination. Est-ce qu’on peut être sur de ce qu’on mange actuellement d’autant plus que les recommandations, directives et conseils de prévention manquent cruellement. Une ancienne députée française déclare qu’on ne se donne pas les moyens de savoir si on songe que seuls, 11 registres de cas de cancers ont été ouverts à l’occasion de cet accident nucléaire sur la trentaine qu’il aurait fallu organiser pour étudier les modalités de développement des maladies survenues à la suite de cette contamination en masse, ne serait-ce qu’à la traversée de la France par le nuage radioactif.

Demandes insatisfaites

On a demandé des registres sur thyroïde, rien n’est fait dit-elle. La mortalité périnatale a augmenté aussi en Bavière, à Berlin de 8% ce qui ne s’est pas produit ailleurs. Les Suédois ont fait d’excellents travaux, qu’on a essayé d’enterrer par précaution pour ne pas disséminer les données qui en ont été extraites. Des relations entre cœur et césium avec un taux de 60% des enfants présentant des anomalies de l’ECG ont été signalés sous formes d’altérations de la conductivité cardiaque. La diffusion ou la publication de données compromettantes constituait un danger politique, comme ce fut le cas pour un scientifique de renom qui avait été condamné à 6 ans d’internement raccourcis par la suite. Les publications ont du mal à passer comme il s’agit le plus souvent de revues en langue russe, ou de revues en anglais mais dans des journaux sans comité de lecture, donc moins considérés car ces articles nécessitent d’être complétés par des résultats à vérifier, sinon il faut faire appel à des journaux « peer reviewed » ce qui veut dire non considérés par le CEA. Comment faire pour étudier alors qu’on est hors du cadre scientifique. Les pressions de l’opinion publique, des administrations et des sociétés impliquées dans la fabrication et la gestion du nucléaire sont considérables sur la diffusion des informations quand on sait que 90% des scientifiques qui travaillent dans le domaine sont affiliés à Areva, ou au CEA.

En Conclusion

on peut dire que :

1. Cette crise a appris à gérer ses conséquences après l’arrivée du nuage,
2. Un périmètre de sécurité minimum de 50 km, doit être prévu, là où existe la plus grande menace.
3. La peur des gens a été excessive ; pas seulement en Grèce mais dans l’ensemble de l’Europe.
4. Rapport 50.000 personnes pourraient mourir de cette catastrophe, surtout parmi les « liquidateurs » et la population vivant autour de la centrale. Tout rhume dégénère très vie, la chronicité des maladies est un fait établi.
5. Le cœur et la thyroïde sont les organes les plus atteints.
6. Que faire avec les déchets, provenant du démantèlement, des fermes des pays de l’est qui n’ont pas réussi à fournir les renseignements nécessaires à organiser une prévention efficace.
7. On ne doit plus construire des centrales aussi simplistes. Une centrale est faite pour 30 ans car chacune est une source de déchets nucléaires ; à moins d’étudier la fusion plutôt que la fission. Il faut éduquer les médecins en cas d’accident, tâche qui appartient l’état ce que même la France ne fait pas alors qu’elle est le plus grand pays nucléarisé. Que faire après, des territoires souillés, des calculs sur la durée de la période écologique, des laits de chèvre, de vache, d’autant plus que les gens ont envie de rester dans leurs terres. On aurait pu voir les évolutions sur le terrain si des instructions précises avaient été données par les autorités.

Groupes à risque

Des idées ont pu cependant se forger comme celle qu’au dessous de 20 B, il y a une relative sécurité et qu’au-dessus on appartient à un groupe à risque. Des personnes pensent qu’ils sont des cobayes mais que nous devons et allons résister. Si les forêts sont contaminées, les dégâts proviennent surtout de l’absorption de produits d’alimentation. Si on est pauvre, consommer sa propre production est risqué, même si on se prive de champignons de baies, qu’on évite de pécher dans les bras morts, on peut réduire le danger on cesse de consommer du césium. La pectine de pomme en Ukraine est protectrice qui est bonne à donner aux enfants, fait chuter de moitié la charge en césium. Pourtant, pour certains, il ne serait pas éthique de donner de la pectine car ce serait reconnaître que le césium n’est pas bon pour la santé. Cet accident a conduit à une déstabilisation, dans une économie basée sur l’agriculture comme c’est le cas pour la France avec un risque de déqualification. Où trouver les liquidateurs prêts à sacrifier leur vie ?

Questionnement éthique :

1. Est-ce que le manque d’information est responsables des conséquences dramatiques de l’explosion nucléaire de Tchernobyl et du désastre de Fukushima ?

2. Est-ce que le principe de précaution dont on parle tant a été suffisamment appliqué dans les cas des catastrophes nucléaires ?

3. Ne faut-il confier les développements de la technologie nucléaire qu’à des pays capables de la maitriser ?

4. Doit-on sortit du nucléaire aux lendemains des accidents survenus récemment dans un pays pauvre en ressources technique et un autre censé les dominer parfaitement ?

5. Est-il raisonnable et logique que des candidats à l’élection présidentielle puissent n’avoir ni opinion argumentée ni la moindre connaissance de la physique élémentaire des techniques du nucléaire alors qu’ils risquent d’être confrontés à des prises de décision qui engagent un pays de 65 millions d’habitants pour des dizaines d’années dans des technologies risquées sinon dangereuses ?

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