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Principe de précaution ?

Les malheureuses pédales de Toyota

Prise de risques ?

samedi 6 février 2010, par Picospin

Est-ce que la direction de la célèbre firme japonaise Toyota pouvait le devenir ? Il semble que oui, puisque la direction ne s’était pas rendue compte qu’elle perdait son âme et sans doute plus que cela dans l’histoire de la « pédale » qui n’est pas une affaire de mœurs comme on aurait pu le penser au premier abord.

Il s’agir vraiment ici de la pédale d’accélérateur qui a eu la malencontreuse idée de se bloquer dans certaines circonstances sur des modèles fabriqués par une firme dont le fleuron était jusqu’à ce jour maudit de janvier la sécurité et la fiabilité. Toutes deux se sont envolées avec la pédale coincée sur le tapis de sol ou près de la pédale de frein. Faut-il être inconscient pour jouer ainsi avec sa propre inconscience, puisque coupable de légèreté, ils risquèrent d’aller jusqu’à l’endommagement ou la mise en danger ou mise en jeu des intérêts étrangers dans nos projets, c’est à chaque fois une tâche relevant de la casuistique de la responsabilité. Par principe, il faut rejeter le caprice et l’étourderie dans le fait de risquer le bien d’autrui ou le sien propre, autrement dit l’inconscience ne doit pas être irréfléchie. L’enjeu ne doit jamais être l’intégralité des intérêts des autres concernés, surtout pas la vie. Cela vaut inconditionnellement pour la poursuite égoïste de mon intérêt en raison de la disproportion entre la caractère partial du but poursuivi et le caractère total de l’intérêt mis en jeu là où il ne s’agit pas seulement de mon avantage mais de ma vie. Qui écrit cela ? Tout simplement le philosophe allemand Hans Jonas, auteur du célèbre prince précaution et du non moins célèbre principe de précaution, tellement adoré et craint par les foules et les clercs qu’on accuse ce dernier de ralentir sinon de stopper toute recherche et toute innovation sous le prétexte du risque pris envers les autres, nous-mêmes et notre descendance pour le plaisir, la gloire, la foi en cette utopie possible qui s’appelle le progrès. Est-ce que le méliorisme justifie l’enjeu total ? Est-ce que c’est l’empêchement du plus grand mal et non la réalisation du plus grand bien qui peut justifier la cas échéant l’engagement total des intérêts étrangers dans leur propre intérêt et exclure de sa permission
les grands risques de la technologie. Ces derniers ne sont pas pris dans le but de sauver ce qui existe mais dans le but d’améliorer continuellement ce qui a déjà été atteint, en vue du progrès qui vise la production d’un paradis terrestre. Est-ce que cette conception poussée à l’extrême par notre philosophe s’applique à la fameuse pédale de Toyota. Le staff devait dormir tranquillement sur de moelleux sofas au début de l’après midi après force dégustation de souchis et de saké, en attendant avec optimisme le dernier bilan des ventes de leur marque dont ils avaient lieu d’être fiers puisque cette compagnie restait au premier rang des marques automobiles à une époque où la concurrence se faisait encore sauvage au point qu’on se demandait si on ne devait pas engager quelques lutteurs de sumo si chers à notre ancien président Chirac pour écarter quelques créateurs, ingénieurs ou cadres du chemin de la concurrence toujours susceptibles de découvrir avant les autres des solutions pour construire une nouvelle voiture électrique ou hybride, meilleure que la Prius actuelle. Ce qui avait échappé à la plupart, c’était le fait qu’il fallait prendre les devants, s’excuser des erreurs commises, retirer en quelques secondes les voitures défectueuses et remplacer les coupables pédales par un modèle qui ne reste plus dans la chaussure, les talons aiguilles ou la carpette des propriétaires jadis heureux de cette marque. Au lieu de rester dans une discrétion toute nippone, il fallait insister sur les qualités exceptionnelles de fabrication de cette marque qui pouvait se permettre de faire construire ses modèles partout dans le monde sans la moindre incertitude, le moindre aléas ni le moindre défaut. Maintenant, l’affaire est sur la place publique, les cours du yen s’effondrent et la première marque nippone risque d’être rétrogradée à la dernière place. Triste destin d’une société promise aux plus grands destins et qui par manque de conscience, de prise en compte des risques, d’absence d’attachement au principe de précaution prend le risque mal délibéré de subir les conséquences d’une inconscience coupable. Les pédales de Toyota contre les vaccins de Roselyne Bachelot ?

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