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Pauvre Eurostar

Les malheurs d’un sale petit train

Les tribulations d’un vieux serviteur victime d’un refroidissement

vendredi 12 février 2010, par Picospin

Les candidats au voyage étaient nombreux, les tarifs intéressants à condition de réserver très tôt, bien avant la date programmée de la traversée le billet de train qui allait par un bond digne de l’agilité d’un chat ou d’un singe, de passer d’une rive à l’autre.

Des singes et des hommes

Il est vrai que si les singes sont rares dans cette région, ils le sont nettement moins que sur le rocher de Gibraltar où le libéralisme britannique autorise nos cousins proches et qui seraient tout près d’accéder à la parole à gambader joyeusement en compagnie des visiteurs fort intéressés par les évolutions de ces joyeux drilles qui ont fait de ce territoire un état libre, amusant, excitant la curiosité et la réflexion génétique des touristes. Toujours est-il que ce fameux train avait de plus en plus de mal à venir jusqu’à chez nous et à en repartir, soit qu’il se trouvât trop bien dans l’hexagone – comme nombre de ressortissants des Iles Britanniques, faciles acquéreurs de propriétés dans le sud ouest de notre pays – soit que sa modernité fût trop criante pour supporter le poids des ans puisque cette merveille de technologie avait rapidement perdu sa jeunesse pour atteindre l’âge de raison, un âge où il n’est plus recommandé de batifoler ni de s’égayer dans la verdoyante campagne anglaise pour y admirer la tonte des gazons ou l’agencement des fleurs et balcons répandus tout au long des petits chemins, où les anciennes Rolls Royce ont la curieuse et paradoxale idée et obligation de rouler à gauche, ce qui, parait-il, facilite la circulation aux carrefours.

Négligences

Après s’être accusés mutuellement de négligence sinon de mauvais entretien et maintenance, les enquêteurs chargés de scruter moins l’horizon que les machines et les hommes ou agents chargés de les mettre en route, ont conclu que des charges pesaient aussi bien sur le matériel que les hommes et ceci dans plusieurs secteurs, dont le moindre n’est pas l’état de propreté lamentable des toilettes dont le nombre se trouvait singulièrement réduit pour une raison incompréhensible puisque, comme par miracle, ce dernier se retrouvait au chiffre impressionnant de 4 de ces minuscules locaux pour 700 personnes transportées. Une disparition impressionnante sur laquelle aurait du se pencher depuis bien plus de temps les fameux détectives britanniques issus de Scotland Yard et qui continuent de faire la joie et le plaisir des amateurs de romans policiers depuis Sherlock Holmes et autres Agatha Christie. Qui a fait disparaître ces innocentes niches le plus souvent arrosées d’eau ou autre liquide incompressible ? Difficile de le savoir. A moins de prendre le risque d’accuser des innocents dont l’esprit civique aurait besoin de l’aide attentive des enseignants des écoles qui seront de plus en plus difficiles à mobiliser. Vous savez qu’en France, ils se sont perdu dans des grèves, des droits de retrait, des manifestations de masse pour faire valoir leurs droits, en particulier ceux de caresser, par de petites tapes, les fesses des élèves récalcitrants ce qui avait été la méthode d’éducation britannique autrefois, sans que cette dernière aboutisse à fabriquer des crétins révoltés ou des révolutionnaires à la recherche d’un trotskisme obsolète et de moins en moins compréhensible.

Conclusions ?

On a donc conclu que "les trains d’Eurostar n’ont pas reçu de préparation hivernale suffisante pour supporter ces conditions, et que les procédures de maintenances devraient être révisées". De plus, même si elle estime que l’évacuation des passagers s’est effectuée "de façon sûre et efficace", les plans d’urgence pour aider les passagers à la suite des incidents "étaient insuffisants", et que "les dispositifs d’information dans les gares, via les centres d’appel et sur le site internet n’étaient pas satisfaisants". La commission a émis une série de recommandations à l’intention de l’entreprise ferroviaire, dont la SNCF est l’actionnaire majoritaire, consistant notamment à améliorer la fiabilité des trains et revoir les procédures d’évacuations en cas de panne de l’alimentation des trains. Elle préconise également une meilleure communication de crise avec Eurotunnel (l’exploitant du tunnel sous la Manche), et un renforcement des procédures de gestion des interruptions de trafic majeures, visant à limiter les perturbations pour les passagers. On a reproché aux responsables du fonctionnement des trains de na pas avoir effectué une « winterisation » suffisante – traduisez par « hivernage » (à la canadienne) si le cœur vous en dit. Il s’agirait d’une procédure apte à préparer les machines à un fonctionnement approprié pendant le période froide, celle pendant laquelle nos augustes vieillards ont pour mission de passer brutalement de la froidure d’un hiver rigoureux à la chaleur subitement rencontrée au fond du tunnel.

De la physique newtonienne au thé des Indes

Il parait que ce brusque saut de température fait couler le nez des locomotives même si actuellement, il est protégé par un cache-nez électrique qui devrait le mettre à l’abri des refroidissements. On comprend d’autant plus mal cette pathologie de la traction électrique que le Anglais avaient autrefois la réputation de servir à 4 h, non pas un thé mais des thés comme il était coutumier de le faire dans les bonnes maisons, les châteaux hantés et les cottages. Malheureusement, tout se perd même la cérémonie du thé qui est devenue une institution japonaise arrosée de thé vert et servie par de jolies filles revêtues de kimonos colorés et assises près de votre siège ce qui aide à calmer les douleurs rhumatismales engendrées par la position des jambes repliées, une des plus terribles tortures inventées par l’homme si ce n’est par la femme.