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Les écologistes avaient-ils raison ?

Les manquements au Principe de Précaution

Destruction programmée de l’environnement

vendredi 8 octobre 2010, par Picospin

J’ai quitté Vienne où je suis né il y a fort longtemps à la suite d’évènements historiques, politiques et sociétaux sous la pression d’envahisseurs qui souhaitaient agrandir leur territoire parce qu’ils le trouvèrent trop petit pour y loger les innombrables habitants du voisinage aspirant à s’y blottir et à s’y étaler en même temps sous les accroche-cœurs d’une croix gammée exhumée d’on on ne sait quelle ancienne culture disparue ou en voie de le devenir.

Une influence viennoise

Bien qu’éloigné géographiquement du long fleuve qui bordait et arrosait la capitale autrichienne, je suis resté en permanence sous son influence, au moins musicale par l’intermédiaire d’un « Beau Danube bleu » qui ne l’a jamais été tant il charriait de composants divers qui auraient fait maintenant la une de toutes les revues écologiques jalouses de garder l’exclusivité d’une maintenance rigoureuse afin de mériter partout et toujours la dénomination de cette masse d’eau arrosant l’est de l’Europe jusqu’à la Mer Noire. Comme tout le monde, je me mis à chanter une valse inoubliable, un must pour qui manifeste le moindre intérêt pour une culture venue d’un vaste empire, certes considéré dans sa fragilité mais aussi dans son immensité tellement de civilisations, de langues et de nations s’étaient mises sous sa protection. En réalité, ce fut surtout celle de l’empereur François Joseph, admiré, aimé et adoré par ma mère qui le trouvait superbe dans son uniforme rutilant et en raison des malheurs familiaux qui ne cessèrent de s’abattre sur sa famille pendant si longtemps.

Où Hésiode intervient

Quand on pense que c’est un pauvre fermier grec du nom d’Hésiode dont la vie était rude et pénible qui avait tenté d’enseigner aux hommes comment vivre heureux dans un monde (déjà !!!) âpre et dur et qui avait tant à dire au sujet des dieux et de la mythologie, on reste confondu de surprise devant les prouesses d’intelligence, de finesse d’esprit et d’invention d’un paysan vivant dans une ferme isolée, loin des villes et qui a été le premier à s’interroger sur l’origine de toutes choses, le monde, le ciel, les dieux, le genre humain et à en chercher l’explication. Cette attitude d’esprit avait été à l’opposé de celle de géants comme Homère qui ne se posait jamais de questions, posture contraire, en tous points à celle des découvreurs et inventeurs du temps et de l’espace qui ont fait la gloire de la Grèce et lui ont conféré un importance unique dans l’histoire des civilisations au point d’occuper le carrefour des branchements et nœuds de communication de l’est européen à l’origine de notre humanisme. A ce style de pensée, de mœurs et de civilisation, a fini par succéder un guide touristique comme ceux que l’on voit actuellement circuler sur les réseaux électroniques pour inviter les voyageurs à se déplacer dans une mer aléatoire, à visiter les sites bourrés de mystères mythologiques et à saluer avec enthousiasme les accomplissements de la nature et des hommes.

A contre-courant

Pendant que je remonte le temps plus vite et plus à contre-courant que le Danube, j’ai le temps de fredonner en souvenir de mes parents et de toutes les victimes de la folie des hommes ce fleuve jamais bleu mais entouré de la grisaille d’une atmosphère froide et humide à cause de laquelle, disait-on, la tuberculose, mal des deux derniers siècles s’était répandu, elle, à grande vitesse faute des produits chimiques assez efficaces pour la combattre ou au moins en freiner l’évolution. Actions et réactions se mêlèrent pendant trop longtemps pour transformer les jeunes filles atteintes du mal en beautés diaphanes, dévorées de l’extérieur par le diable appelé bacille de Koch et à l’intérieur par un feu qui consumai en même temps le corps et l’âme. Protégées par des parents aimants et admiratifs de tant de beauté et d’amour, les malades, à peine distincts des gens normaux se prélassaient dans les monts du Tyrol ou des Alpes et Pyrénées dans de confortables chaise-longues en attendant une guérison qui viendrait surement un jour mais qui pouvait aussi ne jamais advenir lorsque avaient échoué toutes les manœuvres thérapeutiques de mise au repos des mouvements pulmonaires comme le pneumothorax insufflé volontairement, voire l’ablation d’un nodule désagréable à regarder sur la radiographie, précurseur d’une dissémination ou espoir d’une régression.

Le Danube était-il bleu ?

Le fleuve n’avait été bleu que dans l’imaginaire de Johann Strauss sous les compositions duquel s’élançaient sur les pistes des danseurs rendus infatigables par l’attrait de l’amour et les tourbillons des trois temps exécutés jusqu’à l’aube. Depuis lors, il est devenu rouge d’aluminium et de honte, de couleur politique aussi par les teintes délavées venues du ciel et de la terre sous l’action des hommes occupés à travailler l’aluminium. Au moins 4 morts, 3 disparus et 123 blessés, c’est le bilan de la coulée de boue toxique qui a déferlé dans sept villages autour d’une ville hongroise située à plus de 150 km de Budapest. Lundi, un réservoir de l’usine d’aluminium du coin a rompu pour des raisons inconnues, ce qui a provoqué un mini-tsunami de plus de 1,1 million de m3 de boue ocre, contenant métaux lourds et acides. Ponts brisés, voitures emportées… la coulée a endommagé plusieurs infrastructures, mais elle provoque aussi irritations, brûlures et malaises.

Catastrophe écologique

Les autorités hongroises ont décrété l’état d’urgence dans trois comtés et craignent une catastrophe écologique, car l’écoulement de cette boue dans des affluents du Danube pourrait atteindre la faune et la flore qui bordent le plus grand fleuve d’Europe. La pluie et le nettoyage des eaux ont toutefois fait baisser le niveau alcalin de la rivière Marcal. Le réservoir d’une usine d’aluminium à 160 km à l’ouest de Budapest s’est rompu pour une raison inconnue et a déversé lundi plus de 1,1 million de mètres cubes de boue rouge toxique sur les sept villages avoisinants, faisant quatre morts, 120 blessés et trois disparus. L’accident a pris l’ampleur d’une catastrophe écologique, menaçant la faune et la flore autour du Danube, deuxième plus long fleuve d’Europe après la Volga. Pour essayer d’en atténuer les effets, les autorités hongroises utilisent des équipements électroniques pour effrayer les poissons et les diriger à l’opposé des eaux contaminées. Aux dernières nouvelles, l’ensoleillement exceptionnel et la sécheresse qui s’en suit disperse dans l’air ambiant des particules toxiques dont les contacts avec les organes respiratoires constituent un sérieux danger pour les habitants de la région.

Où se nichait le sacré principe de précaution ?

Questionnement éthique :

1. Est-ce que l’intelligibilité du réel peut se confondre avec l’ordre de la nature ?

2. Est-ce que dans la nature, la stabilité des choses et la permanence des rythmes vitaux suggèrent bien l’existence d’une régularité qui serait moins le fait du hasard que celui d’une organisation cosmique où il y aurait une place pour chaque chose et chaque chose est à sa place ?

3. Est-ce que la finalité de la nature est liée à l’idée d’ordre qui se déclinerait de celui des mathématiques appliqué à l’étendue et au mouvement chez Descartes, à la force Leibniz, à la gravitation chez Newton, à l’universalité des lois de la nature et au déterminisme qu’elles traduisent ?

4. Est-ce que le déclin de la biodiversité et l’impact délétère des activités humaines sur cette dernière justifie la nécessité impérieuse de sa préservation ?