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On n’attendait guère cette nouvelle calamité sortie de l’eau !

Les méduses seront-elles les messagères de demain ?

Envoient-elles un véritable signe d’alarme à une humanité "médusée" ?

dimanche 3 août 2008, par Picospin

Cet animal qui indique et prédit le destin climatique de notre planète évolue plutôt dans le sud. L’espèce que l’on trouve le plus fréquemment dans les eaux du sud de la France, la Pelagia Nocticula, mesure de vingt à trente centimètres de diamètre. De couleur violet-bleu pâle, elle est transparente car son corps contient moins de 90% de substances organiques. Elle est dépourvue de squelette, de cerveau, de poumons et de sang, mais les scientifiques ont détecté un réseau de cellules nerveuses, ainsi qu’un système de respiration basé sur les échanges gazeux à travers la peau.

De la gelée ou une primitive

Elle nage en mer Méditerranée, ou ailleurs, en surface, poussée par le vent et les marées, à la recherche de plancton, sa principale alimentation. Des cellules urticantes placées sur ses tentacules, surnommés « tentacules pêcheurs », sont utilisés comme des lignes, la décharge provoquée immobilisant le poisson. La méduse est un animal venimeux mais qui n’est pas agressif, elle cherche seulement à se défendre contre ce qu’elle identifie comme un prédateur. La méduse est très étudiée par les neurosciences pour déterminer les conditions de passage de l’influx nerveux. Envers du décor, de récentes études attribueraient à une espèce rare de la côte nord-est de l’Australie des vertus contre l’impuissance. Cet action particulière se mérite si on doit la payer par des jours et des nuits de démangeaison, rougeurs et grattages. Le contact des tentacules de la méduse, garnies de mini-ventouses qui contiennent une toxine très irritante, provoque une brûlure et une rougeur sur la peau. On peut aussi recevoir une brûlure de méduse sans même en avoir touché une car son venin se propage dans l’eau. L’effet du venin est proportionnel à la surface du corps touché, c’est pourquoi les enfants présentent toujours des réactions beaucoup plus violentes que les adultes. Si on est resté en contact avec cette ombrelle transparente, ne serait-ce qu’une seconde, il vaut mieux pour atténuer sa douleur rester à l’ombre sans frotter la plaie, rincer abondamment à l’eau de mer, car l’eau douce réactive la douleur et appliquer un désinfectant. Dans les écosystèmes marins, et plus rarement en eau douce ou saumâtre, les méduses jouent un rôle important dans la régulation des populations de poissons et zooplancton. On observe à intervalles plus ou moins réguliers (pseudo-cycliques) des pullulations cycliques de méduses qui parfois frappent les pêcheurs, les populations riveraines ou les touristes.

Elle pique en frôlant

Très souvent fuie à cause de ses cellules uticantes, la méduse a néanmoins des prédateurs dont la Tortue Luth dont elle est le met favori, l’Anémone de mer qui est de la même famille qu’elle, le thon rouge en aussi très friand et dans une moindre mesure, les crustacés. Un déséquilibre écologique lié aux effets combinés du réchauffement, de la surpêche et de la pollution provoque sa pullulation le long des côtes méditerranéennes. Comme ces conditions ont causé la disparition de certains poissons comme les thons et autres prédateurs de méduses adultes ou à l’état de larves et d’autres prédateurs des méduses elles favorisent les pullulations même jusqu’à une saison tardive dans l’année. Tous ces phénomènes sont pris en compte par les scientifiques qui y voient le présage d’un déclin de la santé des océans et une alerte prononcée par ces créatures mystérieuses qui osent interpeller l’homme en l’invectivant et en l’appelant tout en le piquant pour lui dire qu’il les traite mal. C’est aussi le cri d’alarme poussé par des admirateurs de cette créature bizarre qui pensent que la vision des bancs de méduses reflète celle que nous risquons d’avoir dans quelques années si on ne fait rien pour rétablir l’équilibre menacé des mers du sud, comme celles d’Australie, de sa barrière de corail, du golfe du Mexique, de la Mer du Japon, de Waikiki ou de la Floride. Ce qui avait été une rareté auparavant est devenu un cauchemar pour les personnes chargées d’observer le comportement de méduses et de prévoir leur comportement, leurs mouvements dans les mers et près des côtes pour épargner aux touristes, aux nageurs, aux amateurs de pêche sous-marine les inconvénients, sinon les dangers d’un frôlement, même furtif.

Un cauchemar pour certains

Si l’on sait que le réchauffement climatique global de la planète et la pollution qui réduit le niveau du contenu en oxygène disponible et la visibilité dans l’eau jouent un rôle majeur dans leur prolifération, la sécheresse s’ajoute à ce mélange détonnant dans la mesure où l’eau de pluie diminue la salinité de l’eau de mer et empêche de ce fait les méduses de s’approcher des plages. Ces dernières n’ont pas besoin de s’approcher de leur proie pour les déguster car elles se contentent de filtrer l’eau pour en extraire ses nutriments. A mesure que les lésions induites par ces terribles porteurs de parapluies ou d’ombrelles augmentent en quantité et en surface de peau lésée, les désagréments produits s’accroissent proportionnellement jusqu’à obliger des médecins à intervenir chirurgicalement au bout de plusieurs mois en l’absence de toute cicatrisation de la peau atteinte. La moins mauvaise façon de se prémunir contre le souvenir des contacts furtifs laissés par la rencontre aléatoire entre l’homme et surtout l’enfant et la méduse est d’apprendre à soigner avec efficacité les traces de ce frôlement.

Questionnement éthique :

1. Peut-on considérer que désormais l’homme est seul responsable de toute l’évolution de la nature en général et de sa planète en particulier ?

2. Est-il toujours en mesure de prévoir l’évolution des différents composants de son environnement étant donné la diversité des "fronts" dont il aura désormais la charhe et la responsabilité de s’occuper ?

3. Peut-on comparer les fléaux apportés par les perturbations infligées par l’homme à son environnement à ceux qui sont abondamment décrits dans la Bible comme étant placés sous la responsabilité et l’autorité du Dieu unique qui veut tantôt récompenser les hommes tantôt les punir comme ce fut le cas pour le déluge ? Est-ce que cette croyance de l’homme en un dieu de bonté ou de vengeance n’est pas liée à un profond sentiments de culpabilité ?

4. D’où peut venir ce dernier ? Doit-on accréditer pour avoir une réponse rationnelle les hypothèses de Freud ?

The New York Times
August 3, 2008
Stinging Tentacles Offer Hint of Oceans’ Decline
By ELISABETH ROSENTHAL