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Que faire ?

Les mesures de précaution et de protection vis à vis des "criminels"

Comment faire ? Quelle éthique ?

mercredi 9 février 2011, par Picospin

On sent poindre à travers les discours des uns et des autres la gêne qu’éprouvent les acteurs et décideurs des punitions, des attitudes à faire adopter, proposer pour ramener la paix dans les foyers, assurer la sécurité dans les cités et amortir les réactions de colère sinon de haine contre les auteurs de méfaits si abominables que la société a du mal à les comprendre.

Des "monstres"

A ce sujet, on parle de monstres pour les uns, d’actes monstrueux pour les autre, faute d’avoir obtenu jusqu’à maintenant un consensus sur l’analyse à proposer pour tenter de comprendre l’incompréhensible. Autrement dit, les hommes sont ébahis par la manière dont se comportent leurs congénères dans certaines circonstances comme s’ils avaient affaire et devant eux des organismes vivants dont les réactions sont devenues si étranges qu’on aurait envie de le « déclassifier » pour les mettre ailleurs et s’en débarrasser pour ne pas troubler l’idée rationnelle, logique qu’on se fait d’un semblable qui ne l’est plus ou s’écarte de plus en plus du modèle classique, orthodoxe dont la représentation a occupé le cerveau de notre culture depuis sa naissance et sa formation, son éducation, sa part d’acquis depuis la naissance. Il est vrai qu’on ne comprend pas les raisons de ses dérives.

Quelles causes de ces dérives ?

On ne sait toujours pas sur quel pied danser à propos des pulsions aboutissant à des gestes insensés parce que ceux qui les réalisent, les commettent font partie de notre espèce, l’espèce humaine dont on a pensé et cru longtemps qu’elle avait été fabriquée à l’image de dieu ce que finalement elle n’avait pas été comme si elle avait échappé à son créateur selon les uns, au résultat aberrant de l’évolution pour les autres. D’où l’interrogation mille fois posée et trop souvent mal résolue sur le dilemme entre punition ou protection. Cette alternative même les juges et les magistrats, encore moins les jurés d’assises ont eu le plus grand mal à la résoudre faute de disposer d’un schéma de pensée, d’un guide leur permettant de s’accrocher à des faits suffisamment significatifs pour les aider à trancher dans le vif de la vie des autres, cet autre désigné pat l’éthique et dont on ne sait que faire aussi bien pour l’application de la peine de mort que pour le destin des « coupables » avérés dont on ne sait dans quelle mesure leur responsabilité est engagée dans l’accomplissement d’un acte meurtrier et d’un délit susceptible de scandaliser les âmes les plus pures et les plus délicates.

Prisons : pour quoi faire ?

Si bien que se trouve même engagé dans le débat, le rôle de la prison dont on ne sait toujours pas si elle sert de punition à des prétendus ou vrais coupables ou à un garde fou de protection de la société destiné uniquement à éviter l’extension du nombre de crimes qu’est supposé accomplir un criminel avéré menaçant de se livrer à d’autres gestes du même type à la moindre sollicitation de ses passions mal inhibées. Le sachant, les probabilités de ces risques étant évaluées, la cité se rendrait coupable de laxisme criminel si elle ne prenait pas derechef les mesures indispensables à la protection des plus vulnérables, des cibles les plus fréquemment désignées par les prédateurs en puissance ou accomplis. Tout le débat sur le nombre des cellules à insérer dans les prisons, l’adéquation des moyens de police et de jugement se limitent à cette simple question dont n’ose que rarement étaler « sur la table » comme dirait notre Président les motifs, les sanctions ou mesures de prévention à organiser pour séparer par obstacles et distance les éléments sociaux des asociaux.

Précaution : le principe

On entrerait par cette mesure dans le cadre du simpliste principe de précaution qui a ses avantage à défaut d’en comprendre pleinement les sens dans tout le spectre de ses applications. Le juriste ne dit pas autre chose lorsqu’il écrit que « Par lui-même, écrit le juriste Denis Salas, le droit pénal est fait d’une articulation prudente entre la volonté de punir et le renoncement à punir. Qu’il s’en écarte et le voilà asservi au scandale de l’insécurité et à celui de l’impunité. Radicaliser le droit de punir, faire en sorte que ce même droit devient la seule réponse à presque tous les défis de société et à la perte des repères éthiques et moraux, ne peut que rendre l’institution judiciaire caduque. Demander à la justice de pallier toutes la lacunes et défaillances sociétales et à assumer dans son fonctionnement un populisme judiciaire ordonné par les sirènes de l’État c’est la condamner d’être arbitraire et inefficace à la fois. »

Questionnement éthique :

1. Que penser de l’idée de l’application d’un système public de peines qui permettrait à un gouvernement de supprimer les raisons de penser que les autres ne se conforment pas aux règles ?

2. Pensez-vous que l’existence d’un machine pénale efficace est capable de garantir la sécurité des hommes les uns vis-à-vis des autres ?

3. Comment doit-on tenir compte du risque de restriction des libertés pour le citoyen qui subit cette condamnation ?

4. Est-ce que la conformation aux règles annoncées met à l’abri de toute crainte d’une atteinte à sa liberté ?


Voir en ligne : Mediapart ; AgoraVox