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Les nouveaux caps de Bonne Espérance

samedi 26 novembre 2011, par Picospin

Tout d’un coup, par un effet mécanique soudain et ravageur, tout le monde s’est mis à s’inquiéter du poids considérable d’une dette qui allait engouffrer dans les flammes de l’enfer pour brûler les âmes des malheureux qui devaient rembourser dans des délais impartis par on ne sait quelle loi morale les dettes qui sont habituellement des jeux d’écriture se réglant entre établissements bancaires sous l’autorité de collègues habiles en négociations et non moins artistes en diners et repas d’affaires servis dans une vaisselle élégante et entrainant des frais considérés comme excessifs par les cours des comptes des pays dotés de ces institutions et heureux de pouvoir s’en servir à bon escient.

Peut-on parler d’un effet de mimétisme propre à satisfaire les théories de René Girard pour qui la volonté de ressemblance détermine la plupart des actes et tendances des individus et des sociétés et collectivités. Faut-il attendre que cette épidémie de moralisation passe son chemin avant de s’évacuer sous le souffle du meltème grec qui a déjà jeté par le fond de la mer Egée tant de bateaux et de vaisseaux au temps où Homère régnait sur l’imagination des foules. Il ne se passe pas un jour sans que ne revienne le thème de la dette qui autrefois n’empêchait guère les consciences de s’ébrouer ni les âmes de s’allumer puis de s’éteindre sous les cendres d’une culpabilité qu’autrefois on eut jeté à la mer sans se demander si ce geste était bien conforme au code de la justice et auparavant à celui de la morale judéo-chrétienne qui a tant courbé d’âmes pour les teindre de mélancolie, de tristesse et de noirceur. La préoccupation de ce du à qui à quoi et où envahit les coeurs et les esprits au point qu’elle empêche de penser, qu’elle freine les moindres initiatives et que surtout, elle bloque le fonctionnement des institutions, des administrations et qu’elle nimbe de grisaille les perspectives d’avenir d’une jeunesse qui n’ose plus envisager son destin, croire en son bonheur et sourire à son futur. On ne sait pour quelle raison subite, ce malheur s’est abattu sur le globe, pourquoi les tsunami ont perturbé les fonctionnements des installations nucléaires ni surtout pour quelle raison on a renversé des tendances si fortement ancrées jusque là au point de se demander si l’énergie nucléaire continue d’avoir droit de cité de l’Europe au Japon ou s’il faut bricoler des énergies jusque là considérées comme renouvelables pour donner du travail à ceux qui n’en avaient ni n’en espéraient et quel serait le prix en santé à payer pour obtenir la libération de pressions risquant d’hypothéquer l’avenir de la jeunesse et le confort de la vieillesse.
Le changement tout simplement, une fausse route peut-être, un virement de bord sinon ? Faut-il véritablement s’affoler du spectacle offert par les documents transmis des 4 coins du monde pour nous montrer les incendies permanents de villes américaines qui se consument comme des feux de forêts et qui chassent progressivement de leur centre des populations hagardes qui ne savent plus où aller pour trouver la paix, la prospérité et surtout les subsides du lendemain matin là où auparavant se rassemblaient des concentrations financières, industrielles qui imposaient au monde leurs modèles, leurs formes, leurs couleurs et leurs designs. La chute est-elle aussi vertigineuse pour une communauté qu’on refuse d’aider par l’intervention d’autres solidarisées par un pacte républicain sous prétexte d’indépendance, d’autonomie, de fierté, de refus d’assistance ? La contradiction n’est pas facile à comprendre entre une civilisation unie sous l’égide de Dieu et un égocentrisme poussé jusqu’à l’extrême limite du supportable sinon de l’intolérable. Qui nous donnera les clés de l’ouverture, de la libération, de l’équilibre entre un capitalisme qui se nourrit de ses propres investissements pour créer les moyens d’éduquer pour améliorer, enrichir et propulser sa jeunesse vers de nouveaux sommets d’où ils sauteraient comme murins d’arbustes en arbustes sur leurs pattes arrière vers de nouveaux destins ?