Un taux satisfaisant de réponses
Le taux de réponses a été de 79 %. Sur les l92 unités pour nouveau-nés ayant répondu, 30 % (n=57) assuraient des soins de réanimation dont ⅓ (n=19) des soins post-opératoires. Laissons de côté
les affections douloureuses, comme l’entérocolite ulcéro-nécrosante et la hernie inguinale étranglée, où la douleur ne peut être qualifiée de iatrogène. Pour la ventilation assistée et l’intubation trachéale non urgente, une sédation-analgésie était préconisée dans 70 à 78 % des unités – y compris celles de niveau 1 et 2, avant un transfert-, qui n’a pas constamment été formalisée par écrit. La morphine, le fentanyl et l’héroïne à titre de spécificité locale étaient les principaux antalgiques utilisés. Pour l’intubation, le morphinique était souvent associé à un curarisant et parfois à l’atropine.
Contrôle de la douleur insuffisant ?
Le contrôle de la douleur postopératoire ne motivait des directives que dans 14 des 19 Unités médico-chirurgicales et des écrits qu’une fois sur deux. La morphine était le produit de première ligne, mais d’autres morphiniques et le paracétamol, l’ibuprofène et le midazolam étaient aussi employés. Quant aux mesures visant à prévenir la douleur provoquée par les « petits gestes » usuels, elles n’étaient conseillées que dans 35 % des UNN (n=67) et écrites que quatre fois sur cinq. Les solutions sucrées
et les petits moyens étaient utilisés par 33 % de ces Unités et les crèmes anesthésiques par 12 % d’entre elles, parfois sans limite inférieure de terme.
Une évaluation insuffisante de l’intensité de la douleur ?
On peut regretter l’absence de questions sur l’évaluation de la douleur et discuter la fiabilité de déclarations faites par une seule personne pour chaque unité néo-natale. Le constat général dressé par cette enquête est sans appel : en dépit de progrès certains, la lutte contre la douleur liée aux actes médicaux chez le nouveau-né reste insuffisante au Royaume Uni – c’est probablement le cas dans la plupart des pays occidentaux-, notamment en ce qui concerne les petits gestes qui viennent d’être mentionnés.
La vraie question est de comprendre pourquoi l’évaluation et le traitement de la douleur sont inconstamment intégrés dans les soins néonataux.
Les auteurs estiment que l’appréciation de la douleur chez le nouveau-né nécessite une formation intensive, à la fois théorique et pratique, des soignants, qui est à recommencer à chaque mouvement de personnel.
Questionnement éthique :
1. Quelques faits
Longtemps, on a cru que le bébé percevait moins la douleur que l’adulte
La douleur va très rapidement envahir l’enfant car il n’a pas la notion du temps, il globalise rapidement et ne se contrôle pas.
une composante sensori-discriminative qui correspond aux sensations que l’enfant peut éventuellement décrire : la localisation de la douleur, sa chronologie, sa qualité
une composante affective émotionnelle : elle confère à la douleur sa tonalité désagréable, pénible, l’humeur de l’enfant est modifiée, pouvant atteindre l’anxiété ou la dépression.
L’entretien avec les parents prend ici toute son importance. Ils peuvent décrire « l’histoire » de l’enfant, son tempérament, ses habitudes, sa relation aux autres. Ils nous font part également des modifications qu’ils ont observées.
L’observation permet de rechercher les signes de douleur aiguë ou
Des modifications des constantes physiologiques
Des signes comportementaux, des modifications du visage , des manifestations corporelles.
Des troubles du sommeil, de la relation avec les autres
une impossibilité à obtenir un réconfort.
la mémoire implicite, inconsciente existe chez le nouveau-né.
la mémorisation, qui est possible dès les premiers jours de vie, peut être anticipée
cette mémorisation de la douleur n’est pas simplement le fait de la mémoire d’une situation désagréable mais aussi de la modification plastique des voies de transmission de l’influx douloureux ce qui est tout à fait possible chez les nouveau-nés en cours de maturation.
2. Conséquences :
l’être humain conscient et responsable ne peut rester indifférent à la douleur et à la souffrance d’un nouveau-né comme de celles d’un adolescent, d’un adulte ou d’un vieillard
de ce fait tous les efforts doivent être faits pour la contrôler, la maîtriser, ne pas la négliger, comme on le faisait parfois autrefois.
la qualité des soins ne saurait qu’être améliorée si on tient compte de cet élément essentiel associé à la maladie. Dans cet ordre d’idée, le negationisme est aussi répréhensible que la négligence ou l’absence d’intervention.
