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Les obsèques de Bakchich, satire juste

mercredi 12 janvier 2011, par Picospin

L’aventure de quelques journalistes professionnels qui s’étaient engagés dans l’aventure d’un nouveau journalisme se termine par une fin tragique comme beaucoup d’autres du même type.

On ne peut que le déplorer au nom de la liberté de la presse, de la liberté d’écrire et du plaisir d’inventer, de s’exprimer et d’affirmer le gout pour ses valeurs, ce terme si fréquemment utilisé dans les milieux politiques qui s’attachent davantage au creux qu’au plein, à l’enveloppe qu’au contenu. Pourquoi ces chutes à répétition dont les exemples abondent et qui sont de nature à décourager les initiatives les plus spontanées, les plus nobles et les plus pures au nom de la défense de ses idées et du plaisir que l’on se donne au nom d’une idéologie et d’une esthétique et surtout de la joie irremplaçable d’offrir aux autres ce qu’ils ne peuvent se donner faute de moyens, d’éducation, de savoir sinon de talent. Comment refuser la joie de donner, celle de voir sur le visage du prochain le regard épanoui de recevoir, d’être considéré, de partager et de participer à l’aventure de l’écriture à laquelle de moins en moins de gens ont droit faute d’avoir reçu dans leurs jeunes années les ingrédients nécessaires à la plénitude de leur expression. C’est comme le peintre sans pinceaux, le photographe sans appareil, le compositeur sans guitare. C’est dans cette pénurie voulue et programmée au nom du redressement de l’économie et des finances qu’on continue de couper les ailes aux oiseaux qui piaffent du désir de s’envoler pour les faire atterrir bien vite, au risque de les clouer au sol définitivement. Au lieu de cet enthousiasme pour les grandes aventures, on se félicite du succès des entreprises qui, grâce à leur externalisation offrent aux nouveaux acheteurs les ersatz des oiseaux, ces engins fabriqués par des mains de pauvres qui doivent trimer jusqu’à épuisement pour satisfaire aux injonctions de compagnies à l’affut de bénéfices sinon de gloire et d’états qui ont su habilement mélanger l’initiative privée au totalitarisme de leur organisation politique. Devant un tel spectacle, laissez-nous la fierté d’afficher aussi discrètement que possible l’excellence de nos résultats qui montrent la pérennité de notre entreprise avec des moyens si dérisoires qu’il est à peine décent de les exhiber. Trois ans d’existence sans aucune interruption ni pendant la délicate période des vacances ni pendant les heures nécessaires à la récupération si souvent affichée par les organismes administratifs, le corps sanitaire sinon celui du travail et de la gestion d’entreprises. Ici, aucun bilan ne sera déposé pour la simple et unique raison qu’il n’y en a pas. Tout repose ici sur la volonté, le plaisir, la joie de faire plaisir aux autres, les fidèles internautes qui de jour en jour suivent les évolutions d’une pensée certes parfois maladroite mais toujours sincère et chaleureuse.