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enseignement en rafales

Les pièges de l’éducation

Pour vendre des Rafales, mieux vaut commencer par enseigner

vendredi 3 février 2012, par Picospin

D’où le titre mystérieux de cet article qui n’était nullement destiné à l’ancien chasseur qui devait avoir le « Rafale » comme successeur.

Dévalorisation

Pendant ce temps on ne cesse d’apprendre que le métier d’enseignant est dévalorisé sous l’influence des maigres salaires distribués ou attribués aux profs qui n’auraient plus pas la côte, car ils sont accusés de tous les maux du monde moderne donnant l’exemple de l’incivilité, de la déculturation, de la paresse, sinon du laxisme. Ils sont victimes de dépréciations dans un univers où l’argent domine, puisque leurs émoluments sont si bas que les profanes les jugent à travers ces salaires ridiculement bas. S’ils les acceptent, c’est qu’ils n’en méritent pas de plus élevés et s’ils s’en contentent c’est que leurs prétentions sont tombées au niveau d’une mendicité qui n’ose dire son nom et d’une aumône qui constitue une atteinte patente à la dignité. Le pouvoir en place, à force d’opposer le public et le privé s’attache à démanteler des acquis sociaux qui compensaient autrefois le salaire dérisoire des profs : la mise en place d’une journée de carence pour les fonctionnaires, la suppression de la C. P. A., cessation progressive d’activité qui permettait à des enseignants de plus de 55 ans d’obtenir un demi service rémunéré à la hauteur de 80 % du salaire, l’allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein. Sous prétexte de sécurité de l’emploi, on les spolie de tout, les rabattant à un niveau si bas que les témoins de cette situation misérable, provocatrice et paradoxale se demandent constamment pour quelle raison ils acceptent d’être placés au ban de la société alors que leur fonction devrait le hisser à son sommet.

Évolution

Ce métier a évolué : les élèves d’aujourd’hui constituent un public plus exigeant dont il faut savoir capter l’attention, les classes s’alourdissent, les réformes se succèdent, les programmes évoluent sans cesse, trop vite et selon une logique que la plupart des enseignants peinent à comprendre les motivations et la rationalité des réformes successives qui sont plus imposées que proposées par les pouvoirs publics. N’est-il pas largement temps de reconsidérer le statut des enseignants qui ont un rôle majeur à jouer dans les rouages de la nation. Ses éléments ne sauraient échapper à jouer un rôle fidèle et honnête de transmission dans une génération qui a perdu confiance dans ses valeurs, mais surtout ses plaisirs réels, ses joies et les plaisirs qu’on peut tirer de la vie à condition de privilégier les actions bénéfiques et de s’intéresser aux autres qui pourraient bien renvoyer ces images dans les miroirs à remplacer au plus vite par des caméras de télévision qui opèrent en voyeurs ou dénonciateurs plus qu’en correcteurs des comportements et incitateurs à l’application d’une éthique au service du respect de la dignité de l’autre. Faut-il que l’enseignant porte en lui une vocation d’éducateur comme le religieux en cultive une de missionnaire, de porteur de charité, d’empathie au service exclusif des hommes, compagnons de route sur le parcours d’une vie où la compétition, la concurrence et la rivalité portées au maximum scient les ambitions les mieux fondées et les plus solidement ancrées.

Incitations

Faute de cette incitation, on pourrait se contenter d’une sympathie, d’un intérêt, d’une mission à accomplir et transmettre sans atteindre nécessairement le niveau trop élevé pour certains de la vocation qui relève d’un autre ordre. La crise des vocations est bien réelle : demandez à des élèves s’ils veulent devenir enseignants ! Aucun n’envisage cette perspective. De nos jours, aller à l’école est devenu pour certains un véritable combat de popularité. Les jeunes sont victimes d’intimidations dans les écoles, et ce fléau ne cesse de faire la une au Québec. Celui-ci représente l’un des plus graves problèmes présents dans les écoles et selon moi, de loin le pire. Les moqueries et les agressions des condisciples semblent souvent restées taboues et secrètes, allant même jusqu’à gâcher des vies sinon mener au suicide. La diffusion des réseaux sociaux permet aux intimidateurs d’atteindre des cibles lointaines et de procéder désormais à leur destruction depuis leur ordinateur, placé à des kilomètres de distances de leur victime. Il est donc impossible pour celles-ci de se protéger puisque les agresseurs les harcèlent sur Internet. Les agresseurs ne sont rien d’autres que d’autres jeunes, ce qui soulève de nombreuses questions dans la société d’aujourd’hui. Les êtres humains ne sont-ils pas supposés être égaux, comme le mentionne la Charte des Droits de l’Homme ?

Intimidations et imitations

En se penchant sur le problème de l’intimidation dans les écoles, cette question semble avoir perdu tout son sens. Désormais, pour survivre à l’école, il faut s’habiller conformément à la mode, il faut réussir à s’entourer des bons amis et il faut même être ‘’normal’’. Le mot ‘’normal’’ ici signifie être une personne sans distinctions particulières et sans différences apparentes. Il faut désormais rentrer dans le moule de l’adolescent typique si nous voulons être exemptés des moqueries de nos confrères. Ces comportements relèvent du mimétisme, du désir de ressembler à l’autre tout en lui restant légèrement supérieur. Sinon, attention, vous ne passerez pas inaperçu ! Alors que tous les êtres humains sont supposés être égaux, nous devons maintenant nous comporter comme tout le monde et réussir à se faufiler à travers le combat de popularité présent dans toutes les écoles. Ce fléau qui était auparavant tabou est dénoncé haut et fort par les institutions, les individus et les responsables de la cité. Les dénonciations est de ces agissements sont trop rares pour devenir efficaces. L’intimidation et le taxage sont reconnus comme des actes criminels au Québec. L’omerta reste une protection efficace pour les délinquants en raison de l’ambiance de terreur qui règne dans certains milieux, ce qui réfrène toute incitation à la punition de la part des responsables de la cité.