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Les pièges de la propagande

Le bon Docteurr Goebbels

mardi 31 janvier 2012, par Picospin

Tout simplement parce qu’il avait fait dans sa jeunesse des études plus poussées que la plupart de ses collègues rassemblés sous la férule du papa Hitler qui s’était entouré d’une bande de cerveaux plutôt lisses ou lissés pour conduire l’Europe et la monde à leur perte sous prétexte de leur offrir un paradis pour 1000 ans.

Quels résultats ?

On sait ce que cette politique et ce programme avaient donné comme résultats sous les bombes des alliés qui avaient attendu quelques mois avant de réagir vigoureusement à la menace que faisait peser le nazisme sur leur propre liberté puis celle du monde. C’est au titre de Ministre de la Propagande que le bon docteur avait été engagé par l’éminent chancelier allemand alors qu’il s’attendait à des fonctions plus en vue et plus importantes eu égard à ce qu’il considérait sa valeur intrinsèque par comparaison avec les autres sbires devenus ses collègues au sein de la clique nazie de Berlin. Notre bon docteur ne cessait au titre de ses fonctions de prononcer sinon éructer des discours vantant les mérites exceptionnels de son chef moustachu et jetant sur les Juifs, les « Jude » l’opprobre de la nation allemande, de ses alliés et de tous les antisémites venus de partout se joindre à la ligue pour la vertu des aryens et contre les actes délictueux de juifs pour lesquels il fallait trouver et mettre au point une solution finale. Dans le chapitre particulier de la propagande, notre bon ami et bon père de famille nanti et producteur de 6 enfants aryens était sans égal car il n’avait pas que la parole pour faire valoir ses qualités mais aussi un gout juste pour les arts dont le cinéma sur lequel il voulait poser sa griffe pour concurrencer les productions des ploutocrates judéo bolcheviques qu’il vouait aux gémonies en tant que chef incontestable de la parole du Reich allemand. Propagande est issu du latin propaganda, gérondif de propago, qui traduit l’idée de propager, perpétuer, répandre, étendre. Au cours du XVIIème siècle, la création de la congrégation pour la propagation de la foi met davantage le mot en rapport avec l’échange d’idées.

Une consonnance négative

L’évolution dans l’art de la propagande se ressent par la consonnance négative que le mot acquiert pendant la première guerre mondiale : il est à cette époque utilisé pour décrire les informations inexactes, volontairement transmises par l’ennemi. Il pourrait sembler paradoxal qu’une large diffusion du concept ait été possible malgré le sens péjoratif que le mot garde encore aujourd’hui. Comme on le verra plus tard, l’idée a été subtilement déchargée de son lourd passé historique par l’intermédiaire de nouveaux mots et expressions : la création du terme « relations publiques » ou le changement de sens de « publicité » en sont des exemples type. Je vous présente ici le ton donné à la propagande américaine au cours de la 1ère guerre mondiale pour impulser le désir de guerroyer et de lancer le conflit contre l’ennemi. Cette illustration pourrait tout aussi bien, sinon mieux encore convenir au bon docteur Goebbels, docteur en Philosophie, qui a profité de ses connaissances dans ce domaine pour asséner sur les ennemis du Grand Reich, 3è du nom les qualificatifs et agissements qui auraient été aussi bien sinon mieux adaptés à ses propres partenaires. On sait où et comment a fini la carrière de notre philosophe propagandiste. Au milieu des gravats de la capitale allemande juste avant l’entrée des chars soviétiques dans le dernier carré préservé de Hitler. Six petits cadavres alignés à coté de deux autres à peine un peu plus grands. Les enfants de la propagande allongés à côté de ceux de leurs parents après une bonne dose de cyanure, délivrance terminale d’une vie de bonheur sous la coupe d’un tribun capable de manipuler par propagande et mensonges, idéologie et fausses valeurs un peuple considéré comme le plus cultivé de la création ou de l’évolution selon qu’on s’accroche à la théorie du créationnisme ou à celle de Darwin.

Un trousseau de clés

Cette propagande a ses clés, les supercheries présentées par un politicien anglais du nom de Lord Ponsonby sous la forme des Dix commandements comme ceux de Dieu remis aux hommes autrefois ou ceux de Cecil B. de Mille, grand cinéaste américain devant l’éternel qui les a déposés sur les écrans des capitales. Notez bien ces injonctions susceptibles de se placer à côté ou en parallèle avec ceux remis par Moïse puis Maimonide aux fils du créateur ou du grand architecte de l’univers : Nous ne voulons pas la guerre ;
• Le camp adverse est le seul responsable de la guerre ;
• Le chef du camp adverse a le visage du diable (ou « l’affreux de service ») ;
• C’est une cause noble que nous défendons et non des intérêts particuliers ;
• L’ennemi provoque sciemment des atrocités, et si nous commettons des bavures c’est involontairement ;
• L’ennemi utilise des armes non autorisées ;
• Nous subissons très peu de pertes, les pertes de l’ennemi sont énormes ;
• Les artistes et intellectuels soutiennent notre cause ;
• Notre cause a un caractère sacré ;
• Ceux qui mettent en doute notre propagande sont des traîtres.
Le bon papa Freud, créateur de la psychanalyse, n’a pas attendu longtemps pour faire entrer dans son cadre d’analyse, celui de la psychanalyse, théorie et thérapeutique en vogue au 20è siècle, qui a fait fureur avant de laisser une certaine place aux neurosciences et auparavant au médecin et sociologue français Gustave le Bon qui tente de comprendre le fonctionnement d’un groupe d’hommes tels que ceux que l’organisation nazie rassemblait pour un oui ou un non dans d’immenses espaces pour leur délivrer le message porteur d’énergie, d’espoir et de volonté de sacrifice.

Stalingrad

On sait ce que ces recommandations ont produit sur les troupes allemandes rassemblées un hiver neigeux et boueux dans la bonne ville soviétique de Stalingrad. Au moment où le Bon écrit, la destruction des croyances religieuses, politiques et sociales d’où dérivent notre civilisation, la création de nouvelles conditions d’existence de pensée à la suite des découvertes scientifiques sont autant de facteurs qui font entrer l’humanité dans ce que l’auteur appelle « l’ère des foules ». Les civilisations d’antan reposaient sur une aristocratie intellectuelle, mais la progression de la démocratie et le pouvoir obtenu par les foules changent la donne. Le Bon définit une foule comme un être provisoire, possédant une « âme collective », résultant de la somme d’un élément commun au psychique de chaque individu la composant : l’inconscient. Les aptitudes intellectuelles, la capacité de raisonnement logique et l’individualité s’effacent lorsque plusieurs hommes se regroupent. La foule est par ce statut d’inconscience moins prompte à raisonner qu’à agir et à suivre celui qui aura le courage de se présenter en « leader ». Elle est constamment en attente d’un évènement externe pouvant être associé d’une façon ou d’une autre à l’objet de son action. Deux caractères essentiels contribuent à l’effacement de la conscience dans une foule :
• de par la nature sociale de l’homme, l’individu acquiert un sentiment de puissance lié au nombre ;
• l’individu est en quelque sorte hypnotisé par la foule, et devient particulièrement sensible aux idées se propageant dans le groupe. Au sein d’une foule, les individus les plus sensibles aux stimuli externes constituent des « points d’entrées » pour y faire passer des idées. La puissance du nombre et la sensibilité accrue de l’individu en foule y favorisent alors grandement la propagation d’idées.

Imaginaire des foules

Les foules ont une imagination puissante et l’image peut permettre d’influencer celle-ci avec brio : « les foules, ne pouvant penser que par images, ne se laissent impressionner que par des images ». Plus que les faits, c’est la façon dont ceux-ci sont présentés à la foule qui va frapper l’imagination populaire et faire pénétrer les idées en profondeur. Deux facteurs déterminent les opinions et les croyances des foules : les facteurs dit lointains, qui la rendent capable d’accepter certaines convictions et incapable d’en accepter d’autres, et les facteurs proches, qui se superposent aux précédents, permettant ainsi l’éclosion d’une idée.
Les facteurs lointains se rapportent aux traditions, à la culture et à l’éducation. Mais ces facteurs peuvent aussi se créer ou être crées, en suggérant progressivement et constamment les mêmes idées à la foule : « La chose affirmée parvient, répétitions successives, à s’établir dans les esprits au point qu’ils finissent par l’accepter comme une vérité démontrée. » Les leaders dans un groupe peuvent alors être considérés comme des psychologues, plus ou moins conscients de l’état d’attente de la foule. Bien qu’il soit impossible de raisonner celle-ci avec des arguments logiques, ils peuvent tenter d’avancer des suggestions pour divertir la foule de son centre d’intérêt ou renforcer son état de réceptivité du moment. Si quelqu’un tentait de dissuader la foule de son objectif, il la mettrait dans un état de fureur tel qu’elle serait incapable de comprendre la présence d’un obstacle l’empêchant d’atteindre son objectif, ce qui l’entrainerait nier la présence de l’obstacle avec force et violence.

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