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Comment financer la santé des Américains ?

Les premières difficultés de Barack Obama

Quel système d’assurance maladie aux Etats-Unis ?

mercredi 22 juillet 2009, par Picospin

La plupart des Américains ont sans doute la possibilité de fournir une bonne réponse à la question concernant la réforme du système de santé ce qui peut constituer un problème complexe pour la Maison Blanche et les chefs du parti démocrate au Congrès. Les mesures actuelles sont toutes susceptibles de gonfler le nombre des personnes dépourvues de toute assurance même si près de 90% des votants sont déjà affiliés à une assurance. Les leaders du Congrès affirment d’ores et déjà que les mesures actuelles prévues sont d’ores et déjà destinées à réduire les couts pour l’état, ce qui n’est pas nécessairement l’opinion des experts qui pensent exactement le contraire c’est-à-dire que la couverture des personnes dépourvues de toute assurance pourrait couter des milliards.

Discordances

En raison de cette discordance, les gens qui considèrent cette situation de loin restent perplexes ce qui les incite à poser la question essentielle pour eux : combien ce projet va-t-il me couter si ce ne sont des impôts supplémentaires ? Barack Obama a été capable de s’élever du sénat de l’Etat de l’Illinois à la Présidence des Etats-Unis à cause de sa facilité à expliquer des problèmes complexes et ensuite de les transformer en arguments solides et capables de persuader les citoyens. C’est le moment pour lui de montrer ses dons face à un défi capable de les mettre en valeur. Notre système de santé, écrit le New York Times en date du 22 juillet, est fabrique de telle sorte qu’il soit capable de résister au changement. C’est un point de vue que les gens qui s’acquittent de leurs charges ne comprennent pas toujours. L’argent sort de leur poche pour être transformé en impôts et primes d’assurances sans qu’ils aient encore l’occasion de même le voire. C’est après seulement qu’il s’enfuit vers les médecins, les hôpitaux, les médicaments et leurs fabricants sans qu’ils se rendent compte qu’il s’agit de leur argent qui est ainsi mis en jeu. Tous ces gens se servent de ces fonds pour traiter les malades avec des médicaments et des moyens qu’ils peuvent scruter de leurs propres yeux. La tache qui attend M. Obama maintenant est d’expliquer au peuple que ce système est loin de fonctionner réellement.

Budget déséquilibré

Même si cet objectif n’est pas facile à atteindre, cela ne doit pas l’empêcher d’avertir les citoyens américains que le budget familial risque fort d’être déséquilibré par les nouvelles mesures. Les Etats-Unis consacrent maintenant un sixième de son économie à la médecine, ce qui représente grossièrement une somme annuelle de $ 15.000 pour chaque foyer et le double des dépenses consacrées à ce poste budgétaire par rapport aux dix dernières années. Ces sommes paraissent importantes mais peuvent être justifiées si l’on pense que ces 20 dernières années, les prix ont flambé alors que les revenus ont peiné à les équilibrer. Que reçoit le citoyen américain en contre partie de ses impôts ? L’article affirme « beaucoup de choses ». Il a droit à une recherche de pointe, des interventions spectaculaires mais en même temps des montants fabuleux de dépenses inutiles, d’un gâchis immense d’ordre bureaucratique et médical. Il est une chose à laquelle manifestement les Américains n’ont pas droit est le bénéfice d’une meilleure santé que d’autres pays riches comme le Canada, la France ou le Japon, même si dans certaines spécialités l’Amérique fait mieux comme pour les urgences et pire comme les pathologies chroniques. Le fait que nous dépensons autant d’argent sans obtenir de meilleurs résultats que les autres pays montre que cette activité est fort mal organisée.

Remplir les poches des compagnies pharmaceutiques

On s’est peu occupé jusqu’ici d’analyser les circonstances qui font que les foyers américains dépensent leur argent pour favoriser les bénéfices des compagnies pharmaceutiques et des hôpitaux beaucoup plus que ceux de la santé des gens. Face à cette situation, les arguments des uns et des autres sont variables sinon opposés depuis les choix des actes médicaux qui améliorent le plus la santé jusqu’à la solution d’une médecine préventive capable de réduire les dépenses de soins si on augmente son activité ce qui reste largement à prouver. Au milieu de ce chaos, chacun présente sa solution comme celle de rémunérer les médecins en fonction de la qualité et non de la quantité de leurs actes. Par ce système de gratification, les budgets seraient capables de financer la recherche pour sélectionner les traitements les plus efficaces.

Les exemples de la vertu

C’est sur ces bases que M. Obama est parti en croisade vers des modèles de vertu comme la Cleveland Clinic et la Mayo Clinic où les médecins reçoivent un salaire au lieu d’être payés à l’acte, ce qui d’après certains médecins employés dans ces institutions remplit son rôle d’économie en raison de l’absence de toute incitation à recevoir plus d’argent pour davantage de prescriptions d’actes médicaux, diagnostiques ou interventionnels. Les réformes devront viser à limiter les subventions aux assurances médicales les plus couteuses. Face à ces projets les citoyens réagissent en demandant que les gens sans assurance soient couverts par des systèmes régulés par l’état alors que les sondages montrent que la majorité des citoyens reste sous le coup des exigences du Congrès.

Questionnement éthique :

1. Peut-on se passer de fournir une médecine de luxe aux États-Unis ?

2. Pourquoi la médecine est-elle aussi chère en Amérique ?

3. Qui gagne trop d’argent en médecine dans ce pays ?

4. Pourquoi le lobbying est-il aussi puissant dans ce pays ?

5. Est-il à lui seul responsable des échecs de toutes les tentatives antérieures pour doter ce pays d’une assurance maladie universelle, équilibrée, moins couteuse et plus efficace ?