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Qui a reçu les fameux bons de vaccination ?

Les prioritaires sur listes d’attente ?

Pessimisme ou optimisme irresponsable

vendredi 4 décembre 2009, par Picospin

Faut-il pour autant, être aussi pessimiste et agressif que Rony Brauman, ancien Président de "Médecins sans frontières" et digne successeur de notre actuel Ministre des Affaires étrangères qui a quitté le transport de sacs de riz pour d’autres missions en Afghanistan ou à Copenhague ?

Lois rigides de causalité ou libératrices du hasard

Devant l’incohérence, le chaos, l’entropie, l’érosion du plan de lutte contre le virus A qui s’est construit une belle notoriété face à l’impuissance des soldats de la médecine, de l’hygiène, de la chimie ou de la pharmacologie, surtout de la vaccination, il recrute tous les jours des déserteurs qui refusent le combat au prétexte que les armes de destruction massive achetées à grands renforts d’investissements publics, bien que sans doute disponibles mais dans l’incapacité d’être utilisés par les combattants. Les terrains de combat sont minés, les politiques ne savent plus si cette guerre anti-virale est juste et surtout efficace si bien que les meilleurs volontés se découragent devant tant d’incohérence et une perte significative du moral des troupes comme celle que l’on observe quand la défaite apparaît à l’horizon et que les soldats désarmés, en guenilles, exhibant le drapeau blanc auquel manque la croix rouge se précipitent dans les carrioles trainées par mulets et chevaux décharnés, proches de la cachexie.

Révélations sur une éthique ?

Lors de l’émission Allô Docteurs du lundi 1 décembre 2009 dont j’ai dit tout le mal lors de mon précédent message, Madame Bachelot nous a donné des informations sur son éthique. Alors que Rony Brauman, ancien Président de Médecins Sans Frontières, lui faisait remarquer qu’elle n’arriverait pas à vacciner tout le monde, que les choix qu’elle avait faits n’étaient pas les bons, et qu’il fallait donc d’abord vacciner les personnes à risques, et que, malheureusement, il y aurait des morts, qu’il y avait une part de loterie,Madame Bachelot a dit ceci (et répété) : "Ceci n’est pas mon éthique. « Ainsi les choix stratégiques de Madame Bachelot ont-ils été dictés par son éthique. Pourquoi n’a-t-elle pas interrogé le Comité Consultatif National d’Ethique ? Rony Brauman a raison : elle n’arrivera pas à vacciner toute la population, elle n’arrivera pas à vacciner la population en raison de ses choix stratégiques, elle n’arrivera pas à vacciner les personnes les plus fragiles, les SDF, les malades qui ne peuvent se déplacer (ses équipes mobiles arriveront quand l’épidémie sera terminée), elle n’arrivera pas à couvrir la cible. Eh bien, cela, jamais elle ne le reconnaîtra.

Une femme politique

Pas parce qu’elle est inintelligente mais parce qu’elle est une femme politique et qu’une femme politique ne peut reconnaître qu’elle va droit dans le mur et qu’elle entraîne la population tout entière avec elle. Au nom de son éthique ! Chiffres à l’appui, l’auteur cité dans ses lignes, démontre que le plan de vaccination ne saurait en aucun cas être réalisé du fait du manque de soutien logistique plus humain que matériel qui devrait être mis à la disposition des autorités. Le tohu bohu ainsi réalisé par des équipes insuffisamment coordonnées, sans responsabilité hiérarchisée, angoissées sans doute par leur propre impuissance à assurer les tâches qui leur ont été confiées à maintes reprises et sur des registres divers, souvent contradictoires résulte en une cacophonie dénoncée sur des tonalités de plus en plus grinçantes, de plus en plus désaccordées et de moins en moins harmonieuses comme la double vaccination avec adjuvant pratiquée sur un bébé actuellement atteint de clochers thermiques après avoir attendu avec ses parents son tour dans un centre après une station de plus de 3 heures.

Encore du chaos et du hasard ?

La pagaille est telle que le Président de la République dont la conscience a été interpellée par les conditions inhumaines dans lesquelles sont réalisés les actes de prévention est intervenu personnellement pour dénoncer les manquements à une organisation rigoureuse, les grains de sable coinçant la machine à vacciner à laquelle on veut joindre maintenant une partie du personnel hospitalier, dont les internes prochainement affectés à cette mission qui devront donc abandonner leurs fonctions de soignants en milieu hospitalier pour se consacrer à une nouvelle obligation à laquelle ils sont moins adaptés et moins utiles que des infirmières ou des étudiants moins coûteux et plus disponibles. Dans la course à l’efficacité, la grippe progresse plus vite que sa prévention que l’on assure ou espère assurer par des moyens anarchiques qui déshabillent Paul pour habiller Pierre. Comment les gouvernants ont-ils pu s’écarter à ce point des directives et de l’embryon de propositions d’organisation dont s’étaient chargés l’OMS dès 2005 et dont les modalités avaient été largement diffusées et portées à la connaissance de tous.

Stockage et utilisation

Pendant ce temps, les boites de vaccin dont on espère et attend la livraison attendent sur les étagères que des personnes compétentes en organisation et exécution les retirent de leur lieu de stockage pour gagner au plus vite les tissus dermiques des malheureux candidats à la vaccination. Ces derniers devaient recevoir par courrier, avant que la poste ne soit démembrée les fameux bons leur donnant accès au liquide protecteur ce qui, tout au moins, dans le proche entourage des auteurs ne s’est pas encore produit bien qu’il s’agisse de catégories de personnes particulièrement ciblées telles des enseignants, des asthmatiques, des cardiaques, tous considérés comme prioritaires dans la réception des « bons » et qui ouvrent consciencieusement chaque matin leur boite à lettres pour y trouver des feuilles de publicité plutôt que les fameux bons bloqués quelque part en rase campagne avant de parvenir aux prioritaires lorsque la guerre sera finie.

Questions :

1. Quelles pourraient être les causes de l’échec du programme de vaccination auquel ont pourtant collaboré de multiples organismes qui, apparemment du moins, ont tenté de prévoir les situations susceptibles d’être rencontrées par les exécutants de cette campagne sanitaire ?

2. Est-il raisonnable de supposer que d’autres d’organismes étaient impliqués dans la mise au point et la mise en ouvre de cette campagne de vaccination ?

3. Comment se fait-il que le nombre des vaccins à commander à l’industrie pharmaceutique ait été prévu avec exactitude alors que celui des personnels de santé ne l’ait pas été du tout comme si les pouvoirs public avaient craint de regarder la réalité en face ?

4. Pour illustrer ce propos il n’est que de songer à la mobilisation en dernier recours des internes des Hôpitaux pour les mettre à la disposition des opérations de vaccination ce qui amputait plus que largement les effectifs médicaux dans ce secteur. Que peut-on penser du bien fondé de cette hypothèse ?