Ethique Info

Accueil > Société > Les verts sont-ils plus coupables dans leurs actions que les consommateurs (...)

Les verts sont-ils plus coupables dans leurs actions que les consommateurs normaux ?

dimanche 21 mars 2010, par Picospin

C’est dans cette perspective que les attitudes et comportements de personnalités importantes et hautement couronnées pour leur vertu comme par exemple l’attribution du prix Nobel seraient significatives de conduites opposées à celles que l’on serait en droit d’attendre si on devait prendre en considération les attitudes et conduites « pilotes ».

Actes vertueux des écologistes

A ce sujet, le journal canadien « Psychological Science » publie un article de Nina Mazar et Chen-Bo-Zhong, deux psychologues canadiens affirmant en gros que les personnes qui portent sur eux un « halo de consumérisme vert » ont moins tendance à être gentils avec autrui et ont plus tendance à tricher et à voler. « Les actes vertueux peuvent autoriser des comportements asociaux ou non éthiques par la suite ». Ces chercheurs ont déduit de leurs enquêtes que les participants à l’étude qui avaient acheté des produits verts apparaissaient moins disposés à partager une somme d’argent que ceux qui avaient acheté des produits conventionnels. Quand l’occasion a été donnée aux consommateurs verts d’augmenter leur richesse en trichant à un jeu électronique, et ensuite de mentir à ce sujet – en d’autres mots, de voler - ils sont passé à l’acte alors que les consommateurs conventionnels ont agi en sens contraire. L’objet de leur étude était de suggérer, sinon de montrer que l’on ne dispose pas encore de suffisamment de données pour deviner et connaître le comportement du « consommateur vert » dans le sens des décisions qu’il sera amené à prendre au point de vue de ses responsabilités et de sa moralité, et par conséquent de ses comportements en dehors du contexte de la consommation.

Que fait le GIEC ?

On se demande s’il est raisonnable d’associer aux résultats de cette enquête, certains comportements des membres du GIEC dont la crédibilité a été mise à mal récemment par le comportement particulier de son président, Rajendra Pachauri, dont l’attitude vient d’être sévèrement critiquée par ses pairs pour avoir profité d’affirmations non fondées qui lui auraient permis d’obtenir de larges subventions pour un organisme qu’il préside. L’absence de fondement de prévisions inquiétantes sur les menaces pesant sur la forêt amazonienne a elle aussi affecté la crédibilité du GIEC comme organisme scientifique indépendant. On notera également la présentation du lien entre réchauffement climatique et catastrophes naturelles. Les travaux initiés sous l’égide de l’Université de Toronto ont proposé l’idée que si l’individu accomplit un geste moral, cette action ne signifie pas nécessairement qu’il sera suivi par d’autres du même ordre, du même signifiant ou d’une valeur éthique égale ou supérieure au premier. Dans la série des expériences pratiquées dans ce domaine, la première a montré que les consommateurs de produits « verts » ont un comportement plus coopératif, altruiste et éthique que ceux qui achètent des produits conventionnels.

Des tests

La deuxième épreuve suggère que les gens qui achètent dans des magasins placés sous la bannière de l’écologie sont plus souvent enclins à partager avec les autres clients que lorsque ces achats sont effectués dans des magasins non pourvus de cette étiquette. La troisième expérience donne un résultat apparemment paradoxal dans la mesure où les gens qui achètent des produits dans les magasins « verts » ont eu par la suite une tendance plus grande à mentir et à voler dans le magasin où ils ont complété leurs achats. La question posée à la suite de ces travaux consiste à se demander si les gens tombés dans ce piège expérimental ont conscience de s’être comportés de cette façon immorale après avoir acquis des produits verts. Sont-ils conscients aussi d’avoir rompu le code éthique ? se demandent les chercheurs qui, pour l’instant se contentent de déclarer que de nouvelles expérimentations méritent d’être engagées pour répondre à ces questions. Au-delà de cette recherche, on peut se demander quel est le déroulement des réactions éthiques ou morales de la part de personnes qui sont engagées dans des mouvements de bienfaisance, des associations bénévoles, des structures religieuses ?