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Quelle substance est contenue dans les ondes électro-magnétiques ?

Les voraces des rumeurs...

Un bruit de fond ?

jeudi 5 mars 2009, par Picospin

Cette fois ce n’est pas le Président de la République qui monte en première ligne au nom de principe de précaution, ou si l’on veut au sommet des poteaux téléphoniques mais son premier Ministre qui revendique cette mission pour lui-même. Pour quelle raison ?

Le parapluie

On ne le sait pas ou on ne le sait pas encore. Peut-être en a-t-il assez de se déplacer sous le parapluie de son illustre et tout puissant patron qui affectionne particulièrement de s’occuper de tout problème qui touche de loin et de près au confort et à la sécurité de la nation ? Dans le cas qui nous préoccupe ce ne sont pas les radiations nucléaires qui alarment ou tracassent alors qu’elles pourraient le faire aisément par l’intermédiaire des essais atomiques effectués autrefois au Sahara et qui auraient laissé les marques indélébiles de leur passage mais les ondes provenant du fonctionnement intensif des conversations multiples à travers les téléphones portables qui inondent le marché. Cette recrudescence ne pourrait-elle pas être liée à l’angoisse qui saisit les populations à mesure que se profile à l’horizon le danger du chômage, des expulsions, des déracinements pour la très grande majorité des gens parmi lesquels seuls seraient épargnés les plus riches. L’initiative du Premier Ministre ne cesse d’interroger sur les motifs à vouloir s’emparer de ce dossier et qui n’ont qu’une justification pour l’instant : la rumeur.

Supersonique

Cette dernière se répand à une vitesse supersonique s’accrochant aux poteaux, voguant et volant de branche en branche, comme le feraient les singes, petits et grands en s’aidant de leurs membres démesurément longs. Il apparaît donc que ce sage Premier Ministre, comparé à l’agitation de son chef spirituel, ait eu envie de mordre dans l’insaisissable substance liant sans aucune certitude les voix des humains criant dans les appareils de Nokia leur inexprimable angoisse, leur terreur, devant un univers qui non seulement leur livre le déterminé déjà dangereux à manipuler mais toute la frange de l’inconnu encore bien plus menaçant justement parce qu’il est anonyme, obscur, inexpliqué.

Fruit amer

Il est le fruit amer de la rumeur, des médisances, des bavardages des cancans échangés au café du commerce entre quelques verres de boisson fruitée mais non alcoolique puisque la consommation de cette dernière tend à être réprimée avant les stades attendus de l’interdiction et de la prohibition. Allons-nous vers une extension sans limites des dernières acquisitions de la technologie et si oui, y allons-nous seuls entre et contre tous ? Qui dans le monde s’est préoccupé de cette question, de ce risque sinon de ce danger ? Faut-il croire que la rumeur tient lieu de science ici et ailleurs seulement de bruit de fond ? Le vague et le flou dans lequels nous plongent les opinions des uns et des autres sont d’autant plus toxiques qu’aucune autorité digne de ce nom n’a jusqu’à présent émis la moindre donnée scientifique sur ce sujet épineux qui ne l’est que dans l’hexagone et, à notre connaissance nulle part ailleurs. Dans ce commérage , ce caquètement, ces vociférations permanentes, inaudibles à force d’être inarticulés, une seule voix s’est faite entendre avec rigueur, précision, sous-tendue par des connaissance fondées, c’est celle de la rare sinon la seule personne au rang ministériel possédant l’autorité et la formation suffisantes pour exprimer un jugement clair et scientifiquement fondé.

Une experte

Devinez : c’est notre polytechnicienne de service Nathalie Kosciusko-Morizet qui aura, quoiqu’il en soit, beaucoup de mal à faire entendre sa voix féminine dans un concert dominé par les sonorités graves et envahissantes des tubas, ou au mieux des contrebasses et batteries. Ce qui a les plus grandes chances de se passer, c’est ce qui est à la mode actuellement : la réunion autour de tables en utilisant la formule bien connue : « on met tout sur la table » Dans cette perspective, on risque d’être rapidement moins rassasié que si l’on mourait de faim. Déguster une quantité d’ondes équivalant à 30 secondes de téléphone n’est ni un mets de choix ni un plat capable de satisfaire les appétits les moins voraces. Reste évidemment la rumeur qui, elle, est le plat de choix des fauves.