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Une expédition en mer turquoise

Les voyages extraordinaires de Picospin

Au pays des merveilles

jeudi 4 septembre 2008, par Picospin

Une description, un reportage, des impressions et le soleil et la mer

Corsica vacances

Fatigue

Fatigué par une saison longue et un temps maussade, pluvieux, plutôt frais, en tout cas avec des températures plus basses que celles qui étaient compatible avec une logique de réchauffement climatique annoncé et vilipendé par la totalité des climatologues et des physiciens de la planète, Picospin toujours à votre service aspirait à vivre sous une température plus douce que celle qu’il trouvait généralement dans la région parisienne, siège de ses exploits littéraires. C’est ainsi, qu’encouragé par la jet set qui se précipitait vers la petite île au sud de Marseille et de Nice, il prit l’avion en partance de Paris pour la rejoindre dans le golfe de Porto Vecchio où il savait qu’il allait retrouver des personnalités connues ce qui le rassurait sur son choix. Avait-il besoin de cet encouragement pour retrouver les derniers touristes d’une année qui s’achève pour les uns et commence pour les autres. Les autres ce sont les pauvres enfants abandonnés par le Ministère de l’Education qui leur laisse une grande liberté inspirée non par celle de la révolution française mais par les obligations budgétaires consécutives à la crise financière mondiale en général et à celle de la France en particulier. De ce fait, nos enfants deviendront les élèves les moins instruits de l’Union Européenne si l’on s’en tient au simple calcul du nombre d’heures consacrées à l’enseignement, à l’étude, à la réflexion, à l’apprentissage et à l’éducation.

L’Ile de Beauté

Ces considérations nous amènent directement en Corse, « l’Ile de Beauté » dont on se demande par qui son exploitation est convoitée. Pour le moment, laissons parler le New York Times. Il commence par décrire la situation chaotique des routes et de ce qui est destiné à rouler sur elles dans toute l’acception du terme. Le journaliste envoyé dans ce paysage de rêve a manifestement été séduit par les odeurs, les parfums exhalés par les forêts de pins, la végétation luxuriante même si cette île a la réputation d’être rocailleuse, souvent dénudée et l’île si ramassée sur elle-même qu’en quelques minutes d’ascension, on se retrouve sur le toit du monde, non le vrai, celui de l’Everest si cher à nos nouveaux maîtres à penser que sont le dalaï lama et ses nombreux adeptes mais, plus modestement celui de la Méditerranée sur laquelle règnent tous les dieux et démons de l’Antiquité, installés depuis si longtemps par les Grecs, les Romains et les itinérants qui ont successivement côtoyé ses rivages. Les toits rouges des villages de montagne ont connu les éclairs et grondements de tonnerre des orages qui malheureusement, n’on pas tous été transformés en versets. Tous les passagers des cars cahotants aux vitres délavées éclatent en superlatifs devant la vision de ce spectacle enchanteur et rude à la fois, qu’il s’agisse de cyclistes italiens, de promeneurs hollandais. D’une certaine manière, notre groupe de voyageurs est en train de se conformer aux schémas de l’histoire.

Ravissement

Depuis des millénaires, les visiteurs et touristes sont arrivés en Corse uniquement pour être saisis de ravissement devant tant de beauté et de séduction. Les Grecs anciens ont circulé sur des voiliers dans ces baies turquoise tout en déclarant l’Ile comme la plus belle. Le peintre Henri Matisse y a découvert un pays merveilleux où tout est lumière et couleur. Plus récemment, les kiosques sont remplis de journaux qui flattent les plages de sable, les ruines romaines, les villes portuaires qui donnent à la Corse son surnom d’Ile de Beauté. Alors que cette dernière est l’objet d’un culte presque religieux de la part des voisins de la France métropolitaine, et de ceux de l’Europe, les Américains ne la connaissent guère. Le train qui traverse cette île, nous laisse près de Corte, un des orgueils de la Corse où l’on trouve des produits typiques de la région comme les saucissons, les fromages, de pots de miel, des bouteilles de vin. Les cafés sont pleins de groupes d’hommes âgés bavardant dans la langue du pays devant des mûrs portant des slogans et inscriptions réclamant l’indépendance de l’Ile. Les villes côtières, Calvi, Ajaccio, Bastia, Porto-Vecchio portent une histoire liée à celle de Gênes ou à celle de la France, les deux puissances qui ont pris le contrôle de la Corse au cours des deux siècles écoulés. C’est en vertu de ce passé que Corte a été nommée capitale de la Corse lors du mouvement d’indépendance de la République de Gênes entre 1755 et 1769 sous la direction de Pascal Paoli, qui est devenu depuis cet épisode une divinité locale. Pendant que je pris connaissance de cette histoire passionnante, je me suis engouffré dans l’Eglise de la Sainte Croix pour écouter un concert de l’ensemble polyphonique Voce Ventu, qui tente de ressusciter le style polyphonique devant un parterre de spectateurs comprenant des grand-mères, des collégiens et des étrangers en transpiration venus là à la finfine d’une longue excursion.

Polyphonie

C’est un chant corse qui grossièrement peut être traduit par « Je dois apprendre à rester petit ». C’est une mélodie en mineur qui se situe entre un chant grégorien et une ballade populaire avec des voix qui montent et descendent et dont certaines se retirent. Ce chant concerne la Corse annonce le chef de la chorale au moment où les portes de l’église s’ouvrent pour laisser passer les spectateurs. Nous ne sommes qu’une petite partie de cette terre, dit-il, au moment de traduire les paroles de la langue corse en français. Mais nous sommes fiers de cette terre. Lorsqu’on s’approche de la Corse par le sud à partir de la ville de Bonifacio c’est encore plus séduisant et impressionnant que d’arriver à Corte par le train. On croise des falaises blanches dessinées horizontalement comme un millefeuille alors que plus bas, on voit des stalactites en formes de gouttes de cire comme celles venant de multiples bougies. On dit que Ulysse et ses hommes se sont réfugiés dans les bouches de Bonifacio pour y chercher un abri. Des milliers d’années plus tard cette ville continue d’attirer des gens célèbres et des fameux Titans qui prennent facilement la place de ceux qui hantent le sud de la France. En Corse, il n’y a personne de comparable à la population artificielle si fréquente sur la Côte d’Azur. Beaucoup de célébrités y viennent à l’instar de Bill Gates mais ils y restent parfaitement inconnus.

Célébrités

Comme le soir descend sur Porto Vecchio, je me glisse dans les vieilles rues de la ville pour y rencontrer les vignobles de Torraccia et le bière corse de Pietra . Nous avons la plus forte capacité en Europe proclame de propriétaire des lieux qui peuvent accueillir près de 4.000 clients. Cet espace pour VIP a accueilli des célébrités comme Jean Paul Gaultier ou la star du football, Zinedine Zidane. Les célébrités qui vont à St Tropez sont cueillies par les paparazzi ce qui n’est jamais le cas ici car personne ne viendra vous importuner, si bien qu’ils n’ont nul besoin de gardes du corps. Plus au nord, j’ai rencontré une vieille maison dont beaucoup pensent qu’elle fut la maison où est né Christophe Colomb et plus loin encore se trouve un immeuble où a vécu Napoléon au moment où il tenta de se ccher des nationalistes corses pendant la révolution française. Un autre rue révèle la présence d’un prince russe qui fut l’un des conspirateurs contre Raspoutin qui avait persuadé un de ses amis de se rendre à Calvi où il ouvrit une boite de nuit qui continue d’être bondée par des gens venus de Paris, Londres et d’autres capitales européennes. Une cave dans la citadelle se révèle être un musée pour la Légion Etrangère qui continue d’y maintenir une base en dehors de Calvi. Un légionnaire vous y accueille avec un accent russe ou provenant d’Europe de l’est et des bras tatoués. Calvi est sans doute la plus belle ville sur la planète, annonce fièrement un des animateurs d’une boite de nuit, qui s’est installé dans cette cité pour l’avoir trouvé si merveilleuse qu’il s’est juré d’y retourner une fois par an. J’ai été dans les plus merveilleux endroits du monde mais il y a quelque chose d’exceptionnel dans cet environnement fait de la combinaison de montagnes si proches, de la mer, d’une eau si claire que tout ceci est vraiment magique.


Sources :

New York Times
2 septembre 2008