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Liberté : pourquoi est-elle si chérie ?

vendredi 23 mars 2012, par Picospin

Elle désigne habituellement l’état de ce qui n’est pas soumis à une contrainte. Seuls, les êtres vivants peuvent être libres dans la mesure où ils sont susceptibles d’agir spontanément, autrement dit sans y être déterminé par quelque chose d’extérieur, une autorité humaine ou des causes physiques. La « liberté » des animaux est imparfaite car ils suivent leurs tendances naturelles ou leurs désirs. Ils agissent en fonction de « raisons » qui leurs sont « intérieures » ou immanentes mais ils n’en demeurent pas moins soumis aux lois de la nature.

L’animal libre ?

L’animal n’a pas le pouvoir de choisir de suivre ou de ne pas suivre ses instincts ; c’est pourquoi on dit souvent qu’il agit par instinct. Pour être véritablement libre, il faut disposer d’une volonté qui nous permette d’effectuer des choix, de prendre des décisions en renonçant parfois s’il le faut à nos tendances naturelles. L’action libre est le résultat d’un processus impliquant la réflexion et la délibération. La liberté peut être mise en œuvre sans que s’ensuivent des effets dans le monde ; en effet, des circonstances extérieures peuvent empêcher l’accomplissement d’actions que nous avions décidé volontairement d’accomplir. Affirmer que les hommes disposent d’une volonté, ce n’est pas encore dire qu’ils la mettent en œuvre pour les réaliser. Ce sont souvent les passions et les désirs qui gouvernent les hommes. Nous expérimentons et connaissons notre liberté par le sentiment dont il n’est pas sûr qu’il ne renvoie pas davantage à une illusion qu’à la réalité. L’attribution d’une possibilité d’agir, rend impossible une ou plusieurs autres possibilités d’agir et modifie de ce fait le champ de libertés d’un individu. Poser des contraintes permet d’atteindre de nouvelles possibilités. Il existe évidemment une infinité de tels ensembles, ce qui tend à faire désigner au mot liberté des notions parfois différentes dans l’espace et le temps.

Lumières

La philosophie des lumières par exemple pose comme contrainte fondamentale que « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » ou reformulé positivement, « La liberté des uns commence là où se confirme celle des autres ».
La liberté constitue un attribut de l’être humain, de sa volonté et devient la condition de droits naturels ou positifs, mais aussi de devoirs. La réalisation effective de l’acte volontaire comporte une dimension vécue que l’on ne saurait réduire à ce qui précède. Ces deux plans de l’existence humaine ne sont pas nécessairement compatibles. Si l’existence des libertés juridiques est facile à mettre en évidence, la réalité de son existence dans nos actes et la conception que nous nous faisons de la liberté posent problème. Si le premier peut faire l’objet d’une enquête socio-politique pour en dégager le fondement métaphysique, le second concerne plus particulièrement le problème philosophique de la liberté. J’en étais arrivé à ce point de mes réflexions d’inspiration métaphysique et sociologique, lorsque j’ai commencé à me mettre au courant des articles, réflexions, commentaires et opinions diffusés et articulés par les professionnels de la diffusion des idées et des informations, en premier lieu les journalistes. Dans quel piège n’ai-je pas mis mon doigt qui aurait pu être entouré de miel, comme celui de l’ours qui aime tellement s’en lécher les griffes, du moins tant qu’il en restera suffisamment sur la banquise pour qu’ils puissent y jouer encore le rôle de prédateur terrorisant bêtes et hommes ?

Portes ouvertes

J’apprends à cette occasion que j’ai ouvert une porte qui donne moins sur le paradis promis que sur un enfer où se disputent les intérêts, richesses, gourmandises des uns et le pouvoir de les acquérir immédiatement pour en jouir sur le champ. Les politiques s’écharpent, les chefs de plateaux de télévision s’étripent, dans le même camp, les équipes se battent pour désigner celle qui diffusera les informations les plus crédibles mais non les plus véridiques, les plus nocives pour les citoyens mais non les plus propres à leur indiquer le droit chemin. Exemples :le faux scoop, la veille de l’événement. Je parle du travail structurel, permanent, de décervelage, auquel pousse la couverture non-stop en direct, de l’événement. « Deux exemples, dans la journée de jeudi. Après l’assaut, Claude Guéant se livre devant la presse à son reportage pluri-quotidien sur le déroulement des opérations (rôle qui, dans la procédure pénale, est réservé au procureur, mais passons sur ce très léger détail). Déclaration lue, il tourne les talons. Puis, cinq minutes plus tard, il revient... lire la même déclaration (ou presque) que BFM, impavide, retransmet comme la première. Croit-on qu’une voix, une seule, de commentateur de BFM-TV va s’interroger sur les raisons de cette seconde prise, pour le moins inhabituelle ? Pas une. Il faut réécouter les deux déclarations successives, pour déceler une raison possible : dans sa première version, Guéant avait omis – léger détail – de mentionner les tirs sur Merah des « snipers » de la police postés à l’extérieur. Fâcheux, quand l’autopsie allait fatalement révéler que le tueur était mort d’une balle dans la tête.

Nouvelles mesures express

Quelques instants plus tard, Sarkozy, renouant avec sa bonne habitude, annonce des mesures fumeuses, dont par exemple la pénalisation de la consultation de « sites terroristes ». Croit-on qu’une voix, une seule, de commentateur de BFM-TV, sans même débattre de la faisabilité de la mesure, va simplement remarquer qu’il est difficile de voter une loi sans Parlement, et que le Parlement est en congé jusqu’aux législatives ? Pas une. Mission accomplie, donc. » Et voilà le peuple renseigné sur le véritable « Etat de l’Union », discours annuel très attendu aux Etats-Unis, prononcé par le Président, imité depuis peu par son correspondant en France qui fait appel aux mêmes mots, aux mêmes thèmes, au même ton et finalement à la même rhétorique. Un exemple à suivre ? Pourquoi pas s’il vient d’un homme cultivé, réfléchi, sage et plus intelligent qu’impulsif et agité.