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Limites à l’exploit

lundi 26 novembre 2012, par Picospin

Cette éventualité n’a pas manqué de se réaliser lors du passage du témoin d’un gouvernement à l’autre. A cette occasion, les observateurs de la politique n’ont pas manqué de se demander comment il se faisait que le peuple d’un côté, les assujettis de l’autre aient laissé passer les multiples occurrences de dénoncer les erreurs, contradictions, dénégations qui ont si souvent émaillé les actes et réflexions de l’ancien gouvernement quand ce dernier a voulu passer ses transmissions au suivant.

Critique féroce ?

C’est dans ce sens que le quotidien "Le Monde", rarement aussi critique que dans son plus récent article daté du Dimanche 25 s’est laissé aller à lancer un véritable réquisitoire contre le la gestion du précédent gouvernement qui a semblé prendre quelques libertés avec la manière de gérer sa gouvernance dans tous les domaines y compris ceux de sa propre économie, de la rigueur avec laquelle le peuple entendait qu’il prit ses responsabilités et appliquât sa politique d’austérité au nom d’une éthique plus au service de la nation que d’intérêts privés situés à proximité des directions de grandes entreprises tenues par des proches en amitié plus souvent que par des relations d’ordre politique, voire économique. Après un long silence il est étonnant de lire sous la plume d’un journal aussi sérieux et confit en bonne pensée des analyses aussi discutables, des condamnations aussi sévères que celles affichées par un témoin écrit sur papier et support électronique que l’est un médiateur qui se veut comme tel quand la patrie est en danger.

Débordements

Entendez par là que quand le vase déborde, que les langues se délient, que les gens se lâchent, que les véritables structures des caractères apparaissent au grand jour et que la ligne de partage des eaux, celles qui délimitent partisans et adversaires des uns et des autres candidats chefs de partis se séparent au gré des rugissants qui font plus de bruit et déclenchent plus de fureur qu’il n’est décemment nécessaire entre gens de bonne volonté. A condition de trouver où se situe cette fameuse ligne de partage des eaux désignant une limite géographique qui divise un territoire en un ou plusieurs bassins versants. Plus précisément, de chaque côté de cette ligne, les eaux s’écoulent in fine dans des directions différentes. Elle est proche mais pas confondue avec les lignes de crêtes. Des couches géologiques profondes et imperméables peuvent en effet diriger l’eau dans une vallée séparée par une ligne de crête de la vallée où cette pluie est tombée. La ligne de partage des eaux sert souvent de base juridique à la délimitation de frontières dans les zones montagneuses, comme c’est le cas dans les Alpes entre la France et l’Italie. Parfois, cependant, cette règle n’est pas respectée comme c’est le cas des communes de Vallorcine, en Haute-Savoie, de Tende, dans les Alpes-Maritimes au niveau de la vallée de la Roya ou encore le Val d’Aran espagnol Garonne qui sont de bons exemples d’entorses dues à des considérations politiques ou historiques.

Rugissements

Quant aux 40è rugissants, les « Roaring Forties », il est le nom qui a été donné par les marins aux latitudes situées entre les 40e et 50e parallèles dans l’hémisphère Sud, appelées ainsi en raison des vents forts établis, venant majoritairement de l’ouest. Parce qu’il y a moins de masses de terre pour casser la mer et les ralentir, les vents sont particulièrement violents et la mer formée, notamment dans le sud de l’océan Indien, qui est aujourd’hui inclus dans ce qui est connu comme l’océan Austral. Wellington (Nouvelle-Zélande), est la seule capitale nationale située dans les latitudes des quarantièmes rugissants. L’île de Tasmanie, l’État le plus méridional de l’Australie, est située entièrement dans les quarantièmes rugissants et a, par conséquent, un littoral occidental moins peuplé et balayé par les vents. Les vents des quarantièmes rugissants ont joué un rôle significatif dans le choix de la route suivie par les clippers. Les vents ont été identifiés, en premier, par le navigateur hollandais Brouwer en 1610 comme moyen de traverser rapidement l’océan Indien pour aller à Batavia 1. (Compagnie néerlandaise des Indes orientales). La route, alors traditionnelle, empruntée par les navigateurs portugais, impliquait de suivre la côte de l’Afrique de l’Est après le cap de Bonne-Espérance, par le canal du Mozambique, puis de traverser l’océan Indien, parfois via l’Inde. L’occupation portugaise du Mozambique et les risques de navigation ont rendu l’itinéraire peu souhaitable.

Chemins dangereux

La route passant à l’est de Madagascar était aussi difficile, avec des vents et des courants marins changeants et le risque pour un voilier de rester immobilisé dans les calmes équatoriaux (le Pot au noir), et que l’équipage en meure. La solution a été découverte par Brouwer en 1610, et impliquait de naviguer vers l’est entre les latitudes 35°- 45°S avant de changer de route au passage du 110e méridien Est. En utilisant les vents d’ouest dominants, ladite route de Brouwer réduisit le temps du trajet et est devenue habituelle pour tous les vaisseaux hollandais. Au XVIIe siècle la détermination de la longitude n’était pas encore chose facile et les bateaux risquaient de se fracasser sur les récifs et la côte de l’Australie occidentale2. Qui rugit dans cette histoire d’egos à la conquête forcenée d’une position de domination ouvrant la voie (« royale » ou républicaine) à son conquérant à la domination de son pouvoir sur une République dont l’ordre chronologique n’est pas encore précisé mais qui se sait porteuse de potentialités, certes limitées par l’évolution des sociétés dans la monde mais qui a encore de beaux restes si l’on tient compte de ses possibilités de maquillage sous la juridiction d’un Oréal tout puissant, d’un commerce de l’armement encore très vivace et surtout d’un renom encore intact, moins par les effluves des fromages que par la vigueur d’une politique européenne gardant encore intacte les visions, prestiges, charmes et attirances d’un passé glorieux à la fois craint, redouté et espéré.

Quelle crise !

La crise de l’UMP ne survient pas par hasard. Elle est déclenchée par les scores équivalents qu’ont obtenus ses candidats à la présidence est le fruit d’ambitions individuelles féroces, mais la rupture s’explique par une division idéologique profonde au sein du parti conservateur. Elle trouve ses racines dans la schizophrénie d’une grande partie des dirigeants de la droite, qui ne parviennent pas à conjuguer leur éthique et leurs ambitions personnelles. Nicolas Sarkozy est moins le grand gagnant de cette guerre fratricide qu’il n’en est la cause, si l’on admet que c’est lui qui a franchi, lors de sa campagne présidentielle pour 2012, les bornes de la droite fréquentable et que faux retraité de la politique, il est présenté comme un recours. Est-ce oublier l’équation qui fit son succès en 2007 quand il était parvenu à réconcilier le centre et la droite populaire et qu’il a échoué, se montrant incapable de réaliser la rupture promise, tandis que son tempérament, impliqué dans la crispation de toute la société française, l’aurait disqualifié. Il n’aurait guère plus de chances de revenir, durablement et avec succès, dans la course que n’en avait son adversaire de 2007, une certaine dame Ségolène Royal.