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A propos des écarts de conduite en politique

Loi, devoir, morale et éthique

Comment les redresser ?

lundi 2 juillet 2012, par Picospin

On ne sait si le nouveau siècle s’attache plus ou moins que le précédent aux questions de morale ou d’éthique mais le retentissement au sein de la société des écarts observés reste élevé, surtout si les responsables se placent aussi loin que possible des sites où ils auraient été constatés.

Une morale acceptable

L’interrogation sur les limites de ce qui est moralement acceptable et sur ce qui doit être condamné s’exprime plus sous la forme d’une besoin de refondation qu’en termes d’appels à la destruction ou à la reconstruction. Les scandales éclatent les uns après les autres, au rythme des explosions observées en Syrie par les témoins impuissants des exactions commises au nom de la justice, de la rigueur morale et du sauvetage d’un peuple dont la culpabilité n’apparaît nulle part avec clarté ou luminosité. Dans les combats internes et les luttes électorales, le domaine linguistique des valeurs est fortement mobilisé à partir des dimensions mises en exergue et en chantier pour tel ou tel jugement évaluatif sur ce que l’on doit faire ou qui devait avoir été fait et la conduite éventuelle d’une vie bonne, conforme au bien et au devoir. Comme le terme éthique garde la préférence pour ne pas devoir se mesurer à celui, plus difficile à porter, de morale, on préfère s’attacher aux valeurs plus qu’à la conscience pour attribuer la meilleure note à l’une ou à l’autre à l’heure où le bac tout puissant fait son œuvre sur une jeunesse désabusée, au sein de laquelle seule une petite minorité aura connu le privilège d’accéder à un emploi stable, attirant, excitants pour l’esprit à défaut du corps et à sa soumission à la règle dure de la vie en commun dans une agglomération aussi difficile à vivre que l’est la région d’Ile de France avec Paris située quelque part à l’intérieur d’elle.

Torture ?

La torture commence lorsque le sujet, face à lui-même, passe par l’expérience d’une confrontation avec soi-même et – peut-être pire – par celle du rapport d’un sujet à autrui. Faute de se soumettre à l’universalité d’une règle, les esprits les plus optimistes ont cru et espéré pouvoir construire une éthique qui ferait de l’individualité la seule valeur avec comme objectif de s’arracher à toute altérité ou aliénation, fut-ce à travers celle du devoir ou de la loi. Si l’homme a reconnu qu’il posait des valeurs, peut-il vouloir autre chose que la liberté de les fonder toutes ? Est-ce retomber dans le gouffre de la vieille question sur le sens de la vie qui attend qu’on lui en donne un, ceci aux lendemains de la décrépitude des religions qui ont lâché toute prétention à accréditer l’idée d’une puissance ou d’une toute puissance encore capable d’en imposer un à l’homme perdu dans le bon choix des cognitions les moyens de les sélectionner. C’est à ce tournant que survient l’idée - en train de s’imposer - d’une autorité incarnée par l’exigence rationnelle de l’argumentation respectant certaines règles formelles, par la confiance dans une rationalité procédurale et le respect de procédures argumentatives. De cette modernité, est-il plus facile et plus simple aussi de faire un retour sur le cognitivisme correspondant aux éthiques qui restent attachées aux questions pratiques capables selon certains de rendre possible une évaluation impartiale appuyée sur la raison.

Pessimisme

A moins de verser dans le pessimisme systématique d’ordre moral par lequel il est permis de récuser toute capacité de vérité des énoncés évaluatifs. A ce carrefour apparaît le fameux sens commun basé sur des intuitions morales récurrentes qui forment le creuset d’où s‘ébauche l’idée fort répandue que tout ne se vaut pas malgré les difficultés trop souvent rencontrées sur la définition d’un but contenant plus de valeurs que certains autres. Il en est ainsi pour les modèles de validité inscrits dans notre mémoire d’autant plus profondément qu’ils appartiennent à la catégorie de la raison scientifique. C’est à partir de la tendance à glisser de celle-ci à la validité des énoncés moraux que la méfiance est de rigueur pour éviter toute confusion avec la vérité des énoncés descriptifs. Un autre glissement doit se produire sous forme de saut au-dessus d’une faille entre observations singulières collectées par l’expérimentation et l’hypothèse universelle. Mieux vaut dans ce cas passer par une passerelle qui sert d’induction et qui suggère sinon confirme l’homogénéité de la totalité des cas présentée à la face d’un juge de paix prenant en l’occurrence la forme du langage. Comment le sujet pourra-t-il s’entretenir avec lui-même de l’expérience morale reste une question plus subjective qu’ouverte sur la conscience dialogique, la communication passant par le langage qui établit le centre de gravité de l’expérience morale.

Proposition

Énoncer cette proposition c’est aussi et surtout porter l’accent sur la responsabilité, la nécessité de répondre de nos actes en tant qu’acteurs et auteurs. Dans cette hypothèse, faut-il que je cesse de considérer la discussion comme venant de moi pour se diriger vers moi et que je recevrais la loi morale de l’extérieur, simulé par un processus hétéronome comme s’il venait de l’extérieur, pourquoi pas d’un Dieu retrouvé qui aurait récupéré sa toute puissance pour diriger l’homme à jamais perdu dans son univers de liberté où les valeurs seraient à redéfinir.

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