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Lois et éthique

dimanche 25 avril 2010, par Picospin

Autrement dit, plus il y de lois, de guides, d’injonctions à appliquer la vertu, moins il y de chances que les individus cherchent à réfléchir sur l’éthique en général et l’application de leur propre éthique en particulier.

Devenir des demandeurs d’éthique, c’est devenir des demandeurs de regards appréciatifs, critiques et créatifs à porter sur ce qui fonde, légitime et autorise le sens. A partir de cette définition, il convient de se demander ce qu’est le sens, de quoi il est fait, comment il est construit et comment il peut servir en pratique à modifier ou à déterminer les comportements. Dans tous les cas Il ne s’agit pas de déterminer ce qui est "bien ou mal". Il s’agit de devenir conscient des fondements de ce qui fait "le sens " dans sa vie. L’éthique est-elle la serrure à ouvrir pour accéder aux meilleures méthodes nécessaires et suffisantes pour pratiquer les moyens du vivre ensemble et en huiler les rouages. Est-ce que le fait de promulguer des lois, de les ajouter les unes aux autres comme cartes sur un château branlant n’écrase pas toute velléité d’autonomie de la personne, autrement dit toute aspiration à se comporter de manière éthique envers l’autre ? Est-ce qu’en définitive, l’éthique ne structure pas le vivre ensemble aussi bien sinon mieux que les lois dont la coercition devient prégnante à mesure que l’état et sa représentation les initie, les fabrique et en exige rapidement l’application pour éviter que le château de cartes si difficilement élaboré ne s’écroule avant d’avoir seulement eu le temps de promulguer les lois, d’en étudier les applications et de les faire pénétrer dans la société ? L’éthique reste essentiellement une valeur individuelle pour ne pas dire personnelle. La loi passe par le filtre et l’intermédiaire des hommes de lois, des défenseurs de la loi, de ceux qui sont habilités à tout faire pour en retarder ou en différer l’application. La loi est soumise à l’interprétation des juristes, des magistrats des juges. En ce sens ne nous privent-ils pas de la liberté de leur donner un sens, une philosophie sinon à nous autoriser à la transformer en jurisprudence, cet accouchement aux forceps de jumeaux ou triplés capables de repeupler une nation, de satisfaire aux exigences de la démographie plus qu’à permettre de mener une vie plus largement comprise, plus libre, aux assises moins étroites et au développement plus exubérant. Est-ce que trop de lois tuent les lois ? Combien faut-il en inventer pour satisfaire les juges qui rendent les jugements, les magistrats qui en extraient la substance et les législateurs, concurrents et créateurs des règles qui sculptent une société, impriment ses habitudes et traditions et assouplissent leur cadre parfois trop rigide ? La France en ce moment donne l’exemple triste, inquiétant ou vivifiant d’un producteur de lois plus que d’éthique, faute de réfléchir sur les moyens idéaux d’un vivre ensemble qui exclut le moins pour rassembler et enrichir le plus.