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Conclusions d’une discours

M. Sarkozy est-il populiste ?

Dérapages linguistiques

vendredi 16 mars 2012, par Picospin

"Dressons-nous, battons-nous, rassemblons-nous, et faisons gagner Nicolas Sarkozy pour la France et pour la République !" Sur la forme, l’UMP a confirmé son professionnalisme en matière de grand rassemblement sous un hall de 46 000 m2 plein à craquer, contenant 60 000 personnes selon Copé, chiffre largement contesté étant donné la capacité de la salle estimée à 30 000 places. Des dizaines d’écrans gigantesques avaient été installés devant une marée de drapeaux tricolores avec, au loin, un cercle blanc lumineux pour accueillir le « Président » devant un écran de 120 mètres. Sur les côtés, en lettres blanches sur fond bleu, le slogan : « La France forte », avec dans la salle, les jeunes populaires qui avaient enfilé des t-shirts, portant l’inscription « Les jeunes avec Sarkozy » et le sigle « NS 2012 ».

Transports

Des TGV avaient été affrétés par l’UMP alors que le parti présidentiel avait pris soin de faire le ménage parmi les militants montés dans les cars à destination de la capitale comme à Tours, où certains d’entre eux ont été interdits en dernière minute de meeting. A la tribune, Bernadette Chirac « exprime son soutien sans faille » et explique que, « en dépit de ce que nous entendons dire ici et là, nous sommes confiants ». Gérard Depardieu lui succède : « Je n’entends que du mal de cet homme qui ne fait que du bien. Je le soutiendrai en toutes circonstances. » Puis Jeanette Bougrab, secrétaire d’Etat à la jeunesse : « Moi, Jeannette Bougrab, fille de harki, je vote Nicolas Sarkozy », dit-elle en citant plus tard Hélie Denoix de Saint Marc, (ancien déporté et officier putschiste en 1961 en Algérie, condamné à dix ans de détention criminelle et décoré par Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy n’est pas l’homme qu’on vous décrit à longueur d’éditoriaux à charge. J’ai vu ses doutes secrets. J’ai vu les blessures qui lui ont été infligées » a surenchéri le Premier Ministre, prompt à verser des larmes sur les injustices dont a été victime le héros du jour, serviteur martyr d’une nation ingrate. La musique se lance, grave, solennelle. « On dirait le générique de « Des racines et des ailes », fait remarquer une voisine à travers le reportage de Mediapart dont on peut critiquer l’objectivité, sujet tellement difficile à traiter qui ne cesse de poser les problèmes de la subjectivité face à une neutralité bienveillante ou hostile.

Actions

Nicolas Sarkozy surgit d’une des travées, ne fend pas la foule, reste seul, au milieu de l’allée puis serre des mains au travers des barrières pendant que la salle hurle : « Nicolas, Nicolas ! » Après cinq minutes, le voici sur le rond central lumineux : « Je me souviens de ce mois de mai où les Français m’ont choisi comme président de la République. C’était hier, c’était dans mon cœur il y a cinq minutes. A l’instant même, j’ai senti sur les épaules le poids de la charge, de la fonction, des responsabilités. Je n’ai pas eu peur, je m’étais préparé. Je savais qu’il y aurait des tempêtes mais je n’imaginais pas ce soir-là combien la réalité allait dépasser mon pressentiment. « Le président de la République doit rendre au peuple la parole quand elle est confisquée. Je solliciterai l’avis des Français par référendum chaque fois que quiconque essayera de parler en son nom en fonction d’intérêts qui ne seraient pas ceux de la nation tout entière. »

Travail

Il a fait l’éloge de « la valeur travail » tapé sur « les 35 heures, dénoncé les « parachutes dorés pour les chefs d’entreprise » et les « bonus invraisemblables de la finance » demandé que « le tricheur, le fraudeur soient punis car il vole l’argent des Français qui ont besoin de la solidarité nationale » montré du doigt « l’assistanat qui rapporte davantage que le travail, stigmatisé « le bénéficiaire d’une allocation qui ne cherche ni travail ni formation », « l’étranger qui vient en France pour le seul attrait de nos prestations sociales ». « Ce n’est pas un camp contre l’autre », c’est « le peuple de France qui veut être entendu et en a assez qu’on parle en son nom ». « La France a résisté, n’a pas été emportée comme tant d’autres. Elle a tenu » ( sans doute grâce à moi, mon action, mon acharnement et mon dynamisme). « Pendant cinq ans, j’ai fait de mon mieux pour protéger les Français de toutes ces crises, j’y ai mis toutes mes forces, je me suis engagé comme jamais. J’ai tout donné », affirme-t-il en conclusion.

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