Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > MAM empêtrée dans les allées et chemins secrets du Quai d’Orsay

Négoce, jets et mondanités

MAM empêtrée dans les allées et chemins secrets du Quai d’Orsay

Imbroglios et énigmes

mercredi 16 février 2011, par Picospin

La dernière en date est une réviviscence d’un problème des plus délicats sur lequel on n’a reçu en France qu’un minimum d’informations comme si un secret devait être respecté car il touche à un côté très sensible des politiques étrangères aussi bien de la France que du Mexique.

Séjour au Mexique

Que faisait Florence Cassez au Mexique depuis si longtemps, quelle avait été le but de son voyage, voire l’objectif d’une éventuelle mission ? Comment expliquer l’attitude bizarre de ses parents et en particulier celle de son père qui tout en révélant une forte concentration sur l’affaire ne paraît pas profondément touché par le sort dramatique réservé à sa fille ? A quel jeu est-on en train de jouer dans les Ministères et les Ambassades avec une otage qui a l’air d’en savoir plus sur les deux pays que toute la classe politique ? Notre MAM nationale aurait pu trouver dans ce dilemme l’occasion de montrer son savoir faire au lieu de nous faire part son savoir être face à une situation qui implique actuellement en pays du Maghreb non seulement elle-même mais encore ses parents, son compagnon et une certaine partie de ses relations tunisiennes avec lesquelles les échanges relationnels et commerciaux semblent si étroits que les avions et les demeures s’échangent, les réceptions se multiplient sans que pour autant nous ayons été informés des négociations en cours, des affaires en débat et des raisons de visites fréquentes des uns et des autres par-dessus la Méditerranée sur laquelle circulent de frêles embarcations destinées à sauver de la ruine et de la famine des habitants de la Tunisie métamorphosés par la panique, la crainte de perdre toute occasion de travail et la terreur de se voir rejetés à la mer par on ne sait quel Ministre en exercice, prompt à dégainer ses outils de dissuasion propres à renvoyer au sud ce qui était prédestiné à atterrir au nord, par exemple vers une île convoitée du nom de Lampedusa.

Le ton s’élève

MAM a décidé d’élever le ton à défaut de l’argumentaire sans mettre en jeu des initiatives diplomatiques qui auraient eu quelque chance d’éclairer notre lanterne et au-delà celle des nations qui assistent en spectateurs et en témoins à l’affligeant spectacle donné par les échanges diplomatiques entre un pays en colère dans lequel pour une fois, l’union s’est faite entre gouvernement et opposition sur la conduite à tenir face aux exigences démesurées d’une nation proclamée comme hors la loi et qui n’a nulle intention de céder en quoi que ce soit sur ses positions dont la fermeté étonne si l’on songe à la disproportion entre la sévérité des jugements à l’encontre de la jeune emprisonnée et accusée et l’imprécision des fautes dont elle serait accusée. Au delà, cette affaire renvoie aux agitations bruyantes dépourvues d’arguments intelligibles d’un gouvernement qui affiche ses positions plus dans l’incohérence et le secret que dans la rationalité, la clarté et la clairvoyance. Nombreux sont ceux qui pensent que la politique de la terreur à l’envers est « contre-productive », selon les termes mêmes de l’accusée et que mieux vaut silence et chuchotements que vociférations, hurlements et dénonciations.

Une prisonnier astucieuse

La prisonnière française a en effet parfaitement compris que rien n’était plus contre-productif que de souffler sur les braises toujours rougeoyantes du nationalisme mexicain. Braises que Nicolas Sarkozy a rallumées en mars 2009 lors de sa visite d’Etat au Mexique. Le président français, confondant Florence Cassez avec les infirmières bulgares ou Clothilde Reiss, ne résiste pas à sa pulsion d’évoquer le sujet. Il déclare devant les sénateurs mexicains : « On m’a demandé de ne pas parler de l’affaire Cassez, ce qui me donne un immense désir de le faire. » Une bourde dans un pays deux fois envahi par la France et où les hommes politiques de tous bords sont prompts à réveiller le nationalisme. On comprend difficilement dans cette ambiance les tergiversations des milieux politiques dans une pénombre soigneusement entretenue d’où les bougies sont singulièrement absentes car reléguées dans des grottes humides et des cavernes dont on attend que la faible étincelle qui les éclaire jette enfin la lumière de la vérité si ardemment cherchée depuis si longtemps sans résultat tangible jusqu’à présent.