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Y-a-t-il de la neige en hiver ?

Ma nuit chez Maud...à l’heure du thé

Tout le monde ne le sait pas...

jeudi 9 décembre 2010, par Picospin

Cette invitation était parfaitement appropriée à la situation rencontrée hier soir par des milliers d’habitants de l’Ile de France bloqués dans leur ustensile à déplacement appelé de nos jours voiture et qui en l’état de la route enneigée ne servait à personne et à rien. Sous la neige qui trempait les habits et couvrait les autos il n’y avait qu’une solution : se faire inviter chez Maud pour un thé.

Sourires narquois

Il était facile ensuite aux personnalités du gouvernement de rire ou de sourire devant les remarques exprimées par la plupart au sujet de l’inertie des pouvoirs publics de résoudre un problème qui se présente depuis des siècles à des millions d’habitants du nord de l’Europe, de l’Amérique et d’ailleurs. Ces pays ne se targuent pas d’être la première puissance du monde, de recevoir la visite de tous les touristes de la planète pour admirer leur savoir faire, leur accueil délicieux, toujours le meilleurs du monde, d’admirer leur technologie, leur culture, leur intelligence, leur gastronomie, évidemment la première du monde que tous les habitants de la planète viennent gouter puisque c’est depuis des millénaires la référence internationale en matière de bien manger, manger intelligent, sans grossir d’un gramme puisqu’il s’agit d’une excellente « bouffe » contrairement à la malbouffe des Américains qui ne savent rien faire sinon fréquenter les meilleurs universités du monde, rien faire, sinon inventer l’Internet, rien faire sinon disposer de bibliothèques dans les universités où l’on peut consulter des livres jusqu’à minuit et parfois au-delà au lieu de dormir pour oublier ses malheurs et ses insuffisances.

Des Canadiens surpris

Même quelques Canadiens, habituellement si gentils et généreux avec leurs lointains ancêtres dans l’espace comme dans le temps, dont ils ont conservé et gelé l’accent tel qu’il fut prononcé il y a plusieurs siècles au moment de leur exode vers la lointaine Amérique n’ont pu s’empêcher d’esquisser un délicieux sourire devant l’inertie, la passivité et l’impuissance des responsables de la circulation routière. Ils étaient incapables de l’organiser, d’en faire écouler le flot ce qui conduisit inexorablement à un blocage total de la circulation dans le bassin parisien, sinon ailleurs. Il était tombé 15 cm de neige sur cette malheureuse région, accablée par un destin fatal qui conduisait à la famine, au gel, au blocage et à l’interruption de toute circulation des transports en commun ou individuels. On se demande bien ce qu’ont du éprouver les habitants du nord de l’Europe, les Russes par exemple pendant le siège de St Petersburg, sans parler de celui de Stalingrad, dont la dureté et la souffrance avaient fait basculer l’équilibre des belligérants.

Gogol et les autres

Comment la littérature russe aurait-elle pu survivre sous la neige mais sans la neige et les incessants déplacements des acteurs décrits dans les romans de Gogol, Tolstoï, Dostoïevski, si elle avait eu comme mentor des préfets de police parisiens, des ministres de l’Intérieur Français, des ingénieurs du génie civil comme ceux qui ont pris en charge ou auraient du prendre en charge la planification de la circulation dans le grand Paris que l’on destine à d’immenses destins, à une révolution dans l’urbanisme comme s’il n’y avait d’architectes que des Parisiens, des fonctionnaires que nés dans les Hauts de Seine ou d’urbanistes que ceux sortis des universités de Paris 12.

Ils avaient tous mis leur manteau

Aurait-on entendu les mêmes sons de cloche « Un trajet de 80 km allongé à 145 km effectué en trois heures pour bénéficier des conditions hivernales qui, réchauffement climatique oblige, ne vont pas durer ! Les camions ayant décidé de se mettre en portefeuille sur les grands axes, je me suis engagé sur les routes secondaires. Quoique pour certaines routes parfois il fallait deviner, car avec 20 cm de poudreuse le toucher du pneu devient à la conduite routière ce qu’est le piqué du bâton à la conduite du ski. » Mercredi, délaissant la moto, j’ai pris ma 2 CV pour aller bosser à Paris, porte de Pantin. Pas de problème le matin naturellement, mais en voyant la tempête de neige, je décidai de partir à 14 h 30. Déjà, j’ai mis une heure et demie pour faire 50 mètres. Finalement j’ai trouvé une petite rue, pour me sortir de cette horreur. De la neige, près de 15 cm, mais pas de problème pour la "deuche". Ensuite, les choses se sont compliquées. Porte des Lilas, il y a une côte, avec 4 cm de glace vive. Bon, ça passe pas. J’aide des voitures, je pousse les autres, mais je suis dernier de la file, donc personne ne me pousse. Il existe aussi un déni de réalité, je suis abasourdi par le ministre qui déclare que ce n’est pas la pagaille et Mme Morano qui le défend expliquant que tout s’est dégradé après la conférence de presse, allez expliquer ça aux 3 000 personnes bloquées.

Blocages sans déblocages

Les blocages recommençaient à la jonction avec l’A10 et le Gérard de la meilleure illustration de l’absence de pagaille revient aux autorités chargées de l’entretien des réseaux de l’Essonne autour de la N20. Tout était bloqué (saleuses incluses) et le carrefour qui permet de récupérer la voie vers Massy anarchiquement barricadé par des as de la conduite qui pensaient pouvoir profiter de leur expertise pour aller plus vite. Naturellement, aucune action de régulation. Il fallait encore attendre 40 minutes pour faire 500 mètres. Dans Massy, le triomphe de l’écologie : pas une route dégagée, que la neige qui à 21 heures commençait à durcir. La radio avait raison : sans pagaille, la situation empirait. Il faisait 1 °C. » Quand on constate une situation de ce type, une dérégulation dans toutes les instances, en 1O minutes temps mis par la mince couche de neige légère comme une plume d’oie, celle qui me sert à rédiger mes insanités, on a envie de conseiller aux politiques de l’exécutif et du législatif de les remettre sur les pupitres des élèves du primaire, ceux qui devront travailler moins sans gagner plus ou moins de se livrer à une comptabilité simple mais plus complexe en ce qui concerne les données statistiques : Combien coute au pays une journée d’arrêt complet de toute activité ?

Questionnement (non) éthique

Comment traduire en dommages (sans intérêts) les traumatismes des enfants sans écoles, des parents sans enfants, les jours sans enseignement, les pertes à l’exportation dont on est si fier, le blocage des transports de marchandises et de voyageurs dont certains sont des rouages importants dans les échanges commerciaux, financiers et de la conception et réalisation des produits ? Et en face de cette situation, à la colonne des crédits perdus les frais et investissements nécessaires à l’acquisition de véhicules pour salage, déneigement, nettoyage ? Est-ce que ces opérations ont-elles été prévues, réalisées, envisagées ? Si elles ne l’on pas été sous prétexte que la situation est exceptionnelle, qu’elle ne touche jamais la France, pays béni par les dieux, protégé par le Gulf Stream et autres dispositifs météorologiques miraculeux sans doute d’autres pays voisins ou vivant dans les même conditions climatiques l’ont peut-être déjà réalisé ? Un coup de téléphone, un courriel, auraient peut-être donné la réponse à ce curieux mystère et secret si jalousement gardés ? Sans ministres, sans présidents, sans la multitude de fonctionnaires dont on veut réduire le nombre pour faire plaisir à Bruxelles…