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Excès d’une polémique ?

Malaise dans la civilisation (d’après Freud)

ou de l’achat de trop nombreux vaccins ?

mercredi 23 décembre 2009, par Picospin

C’est ainsi que vient d’éclater une dispute entre un médecin, ancien cardiologue comme moi-même, que j’ai connu autrefois sur les bancs des séminaires régulièrement tenus dans les hôpitaux publics de l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris.

A cette époque, il se tenait dans la plus stricte discipline ordonnancée par les grands maitres de l’ordre sanitaire, les chefs de service et professeurs des Universités, exerçant une autorité monarchique sur l’ensemble docile des étudiants et apprentis médecins qu’étaient les externes et internes, sinon les chefs de clinique, hiérarchie de dénomination quasi secrète, incompréhensible par le commun des mortels surtout si ce dernier a la malchance d’être un patient, un malade client sous le pouvoir illimité des médecins en exercice dans le service d’accueil. La polémique éclate dans le confrère « Marianne2.fr » d’où il s’autorise à stigmatiser ses contradicteurs à propos de la grippe A H1N1 dont il écrit qu’elle aurait fait « 100 millions de morts », alors qu’il s’agit de l’hypothèse la plus haute, et qui, nous dit M. Arié « tuerait bien plus aujourd’hui, parce que la terre compte 8,8 milliards d’hommes (…) On considère aujourd’hui que la grippe contaminerait en une journée autant de monde que celle de 1918 en trois mois, ajoute l’ancien cardiologue pour enfoncer le clou, soit, si l’on calcule bien, qu’elle serait 90 fois plus meurtrière ! Or, tous les historiens sérieux de cette période savent que si la grippe de 1918-1919 fut aussi catastrophique, c’est, certes, en raison du caractère virulent du virus, mais également du fait de circonstances historiques exceptionnelles causées par la guerre : des millions de soldats en voie de démobilisation, dans un état sanitaire indicible, avec des mélanges de troupes de tous les pays concernés par la guerre, le tout couronné par un retour dans les foyers qui dura des mois, souvent dans des conditions d’hygiène alimentaire et générale précaires et touchant des populations sous alimentées, fragilisées par la durée d’un conflit violent touchant des soldats et des populations immunodéprimées. La population mondiale a augmenté depuis lors et les moyens de communication se sont démocratisés. Mais qui peut sérieusement affirmer, toute nuance oubliée, qu’une grippe A mutante tuerait plus de monde, en une journée, que celle de 1918 en trois mois ? Et le commentateur des lignes de l’expert cardiologue passé à la virologie d’écrire d’une manière sévère sinon hostile et peu confraternelle qu’il importe de promouvoir l’idée de faire cesser cette épidémie, actuellement bénigne, en vaccinant le plus de gens possible… » Dans l’un de ses commentaires, il ajoute « comme en Chine ! ». Or, certains scientifiques pensent, d’une part que la vaccination systématique ne ferait qu’inciter le virus à muter, tandis que d’autres, ne décolèrent plus devant les millions d’euros dépensés par l’OMS pour combattre la grippe dans les pays occidentaux, tandis que famine, SIDA et pénurie d’eau entraînent des centaines de milliers de morts au Sud. Oubliant les principes élémentaires de la communication, qui imposent que l’on ne commence pas par discréditer ses contradicteurs quand on veut les convaincre, le médecin ose une comparaison : « Ceux qui sont dans le domaine de l’irrationnel (comprenez les « anti-vaccins ») sont « souvent les mêmes que ceux qui défendaient la théorie du complot du 11.9 ! Ils sont animés par « une conviction intime » qui trouve son origine dans une certaine structuration de leur psychologie et qu’aucun argument ne pourra évidemment entamer… » Plus haut, il suggère que la « dimension collective est totalement étrangère aux préoccupations des adversaires de la vaccination. » Plus loin, il avance que « triste ironie, cet égoïsme individuel est souvent le fait de gens qui se réclament de « gauche » et qui se justifient par des prétextes à la puérilité dérisoire… » Ces lignes, auraient déclenché des réactions plus qu’hostiles de la part des internautes qui ont pris connaissance des termes du discours avec ébahissement sinon irritation. D’autant plus que d’après les extraits des interventions citées, des propos injurieux ont été relevés dans les écrits du médecin qui a sans doute et pour d’autres raisons été confronté aux sécrétions de catécholamines, ces substances dont la sécrétion augmente au cours d’accès de stress psychologique, émotionnel ou physique. Est-ce que dans cette affaire, il n’y aurait qu’un seul coupable, l’auteur de la polémique ou bien ne faut-il voir dans ces échanges violents le reflet des attitudes individuelles et collectives face à des erreurs, des injustices, des malversations qui à un moment donné ont provoqué la colère, l’indignation sinon un malaise généralisé des témoins de ces faits.