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Mariage homosexuel

samedi 29 septembre 2012, par Picospin

La question reste d’actualité du fait de l’implication de certains partis dans un débat dont ils espèrent tirer des bénéfices électoraux, ne serait-ce qu’en raison de la volonté de défendre une cause longtemps étouffée par la pudeur de la pensée unique sinon la moralité conventionnelle face au libéralisme considéré comme excessif, transgressant les valeurs et lois d’une société imprégnée de religieux et au delà de références à la nature, aux mœurs et à la morale.

Arguments

Ces arguments sont en train de reculer sans s’effacer devant les aspirations libérales sinon libertaires d’une civilisation sur le point de découvrir les avantages et inconvénients de conduites affranchies des carcans du passé, de la mémoire des us et coutumes d’antan et des règles maintenant dans un étau d’acier les liens sacralisés du mariage. Ces conduites volent en éclats devant l’assaut des divorces, les couples reconstitués et la facilité de séparation des ménages même en présence d’une descendance qui aura à endosser une situation de déséquilibre après l’effacement d’un des éléments de la famille. C’est devant cette situation que l’on désespère de pouvoir apporter la moindre aide aux couples homosexuels en formation « Les adversaires de la légalisation croient rappeler l’évidence, la vérité biologique de la procréation. Les partisans de l’alignement juridique de l’homosexualité sur l’hétérosexualité invoquent eux aussi des réalités, mais des réalités d’un autre ordre : sociales, morales et historiques. »

Éducation

Les problèmes soulevés par l’éducation et l’équilibre psychique des enfants issus de cette biparentalité, quels que soient les moyens utilisés pour la normaliser ne semblent pas constituer un frein à la revendication de ces couples de jouir complètement de leur liberté pour vivre et assouvir un amour dont la sincérité, la vigueur et la qualité ne sauraient être mis en doute. C’est ce qu’écrit Paul Thibaud, ancien directeur de la revue Esprit quand il affirme que « des couples du même sexe élèvent des enfants, que cela scandalise de moins en moins et que l’interdire créerait des souffrances et des désordres. » Et de poursuivre dans son raisonnement comme s’il avait comme arrière pensée le non moins douloureux exemple de l’IVG « ce que l’on ne peut ni ne veut vraiment empêcher, il faut l’organiser, l’encadrer, le faciliter. »

Pierres dans un jardin

Aucune pierre n’ayant été jetée délibérément dans ce jardin, il cite avec d’autant plus de décontraction « qu’aucune étude il est vrai qu’il n’en existe pas beaucoup, ne - permet - de conclure à l’existence de divergences dans le développement affectif ou psychosocial " des enfants élevés par des couples homosexuels. Ces suppositions lui suffisent pour trancher : " Je ne vois pas comment on aura une certitude si l’on n’essaie pas. " C’est dans cette perspective que, chaussant mes lunettes de scientifique et me coiffant de la casquette de contrôleur, je propose d’initier et de conduire des études statistiquement pertinentes, capables de confirmer ces positions pour les asseoir définitivement dans la conscience morale des couples ainsi formés et des témoins de leur union. A l’appui de cette initiative, ne faut-il convoquer des esprits aussi expérimentés et censés que le sont Jurgen Habermas en Allemagne et Sylviane Agacinski en France qui se retranchent plus sur l’interdiction de nuire que sur la réussite d’un projet familial dont l’exécution risque de prendre encore plusieurs années pour s’installer durablement dans le paysage des familles ainsi constituées.

Contreparties

Les difficultés engendrées par des approches de ce type ne sauraient être « acquittées » sans une contrepartie provenant d’une réassurance extraite d’études réellement scientifiques démontrant que la vie en famille des enfants issus de l’homosexualité ne « souffrent pas plus de leur « originalité » que celles élevées dans un milieu « normal » (comme notre Président de la République). « Si l’on se donne comme critère le non-empiétement des libertés les unes sur les autres, on doit reconnaître le couple homosexuel, et lui accorder un rôle éducatif. »

Paix des consciences morales

Le prix à payer pour la tranquillité et la paix des consciences, l’équilibre de la société et la suppression de toute stigmatisation est aux prix de ces analyses indispensables pour connaître le destin des enfants nés dans ces familles ainsi composées plus que recomposées. Encore faut-il comparer leur destin avec celui de ces dernières, d’autant plus que le taux des divorces ne cesse de grandir dans les familles « normales » et que la monoparentalité guette le sort des enfants nés dans ces conditions. Le tout sera de savoir si le taux des séparations sera aussi élevé dans un camp que dans l’autre.

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