Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Marivaudages viols de guerre et harcèlements

Marivaudages viols de guerre et harcèlements

samedi 18 juin 2011, par Picospin

Cette dernière serait moins due à l’absorption par sujets fragiles de viande contaminée par un quelconque bacille Escherichia coli qu’à la répercussion sur le cerveau rationnel et ses dépendances émotionnelles des questions qui se posent à l’homme de bien dans l’espace européen et sans doute aussi américain.

Les feux de DSK

DSK a allumé un feu qui n’est pas prêt d’être éteint malgré toute la sollicitude et l’abnégation dont font preuve les pompiers dans tous les coins du globe pour partir à la chasse aux étincelles et les écraser sous leurs semelles épaisses afin de leur ôter toute velléité de réactivation avec l’aide des vents les feux qui se déclarent à leur porte. N’est-ce pas l’ironie du destin des hommes les plus célèbres et de ceux qui aspirent à le devenir que d’intervenir dans le monde dans les brèches pour lesquelles ils ne se sentaient aucune affinité au départ. Un DSK était un brillant économiste, excellent professeur dans son domaine et dont la compétence, la simplicité des propos et la faculté de se faire comprendre l’avaient auréolé d’un prestige certain. Il se croyait destiné à exercer ce métier sinon cette mission ici et ailleurs, cette dernière étant franchement liée à sa nomination au sein de la plus haute autorité financière et économique reconnue parmi les nations.

A la recherche du souvenir

Il est probable que ce n’est pas dans ce domaine qu’il laissera un nom mais dans un tout autre secteur d’activité si l’on peut dire où les rapports entre hommes et femmes risquent fort d’être renversés au moins temporairement au profit d’un équilibre favorable à la séduction féminine, à son rôle de mère et de transmission des valeurs morales, humaines, affectives aux descendances qu’elles ont plus que contribué à créer et envers lesquelles elles engagent une certaine responsabilité dans le difficile domaine de l’éducation. On sait qu’elle est actuellement menacée de toute part par l’intrusion de mouvements mimétiques divers comme la bataille autour de la dépénalisation du cannabis ou l’activité souvent inconsidérée du soutien scolaire dans lequel la France n’est pas en reste du fait de la volonté d’un pays considéré comme dépressif d’investir massivement dans la carrière, l’avenir et la réussite de ses enfants. En tout cas, depuis les frasques réelles ou faussement reconnues d’un bon financier déployant son activité débordante au sein des bureaux un peu moins souvent que dans les chambres d’hôtel luxueuses de Manhattan, le regard des hommes vers les femmes a semblé s’infléchir en fonction d’une manifestation de dignité légèrement agressive ou entreprenante de ces dernières.

Des positions consolidées

Il est tout aussi étrange qu’elles aient consolidé leur position par l’entremise d’une longiligne employée d’hôtel de luxe sous direction française ver laquelle n’ont pas hésité à se précipiter les meilleurs avocats américains décidés à en découdre avec l’injustice, la pauvreté, l’inégalité et le manque de respect manifesté aux femmes par des hommes convaincus de n’avoir ni foi ni loi et d’user et abuser de leur pouvoir jugé par la plupart comme excessif. Est-ce bien le cas de DSK dont le train de vie avait été sévèrement critiqué et honni en raison du port de costumes trop bien taillés et donc trop chers payés par son épouse ? Est-ce encore son cas lorsque une Porsche est vue par l’arrière au moment où s’y engouffre le couple désormais célèbre qui emprunte pour ses déplacements la même icône de la renommée appartenant à l’un des conseillers et communicants, fier d’arborer avec ostentation les armoiries de la richesse ?

Les stigmates de la violence

Sinon ses stigmates. Est-ce bien le sens de la vie que de se perdre dans les méandres des fleuves où s’agitent prédateurs et crocodiles, de lever la tête bien haut au-dessus de l’eau infestée pour aspirer le minimum d’air nécessaire à sa survie physique sinon morale ou spirituelle ? Quelqu’un nous le dira-t-il un jour à un moment où Dieu se retire d’un monde en folie où les forces cosmiques s’allient à celles du génie destructeur mais aussi souvent constructeur de l’homme continue d’osciller entre le Prométhée de l’hubris et l’homo faber d’Hanna Arendt ?

Questionnement éthique :

1. Devons-nous reconquérir le respect perdu à partir du frémissement, le positif à partir de la représentation du négatif, le respect devant ce que l’homme était et devant ce qu’il est, en reculant d’horreur devant ce qu’il est et pourrait devenir ?

2. Est-ce que ce respect est susceptible de dévoiler quelque chose de sacré, qui en aucun cas ne devrait être atteint en aucun cas ?

3. Est-ce qu’il nous protègera contre la tentation de violer le présent au bénéfice de l’avenir, de vouloir acheter celui-là au détriment de celui-ci ?

4. Est-il vrai que ni l’espérance ni la peur ne doivent inciter à remettre à plus tard la véritable fin dont l’essentiel est constitué par la prospérité de l’homme sans diminution de son humanité ?

(D’après Jonas H. Le Principe responsabilité, Champs Flammarion 1990.)