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Qui a tué ?

Massacre en Norvège

Quels indices de culpabilité ?

dimanche 24 juillet 2011, par Picospin

On vient de s’apercevoir de notre ignorance et de notre méconnaissance totale d’une situation qui contient plus de drames et de confusions que nous pouvions en soupçonner avant le déclenchement d’un massacre comme probablement jamais pays si petit n’en avait connu auparavant. Avant de se lancer dans une enquête approfondie pour démêler les fils de cette histoire, n’est-il pas pertinent de se plonger dans les tenants et aboutissants de l’histoire de l’Europe dont la construction, parfois encore chaotique se heurte à de nombreuses difficultés ?

Le Parlement de Strasbourg

Depuis 1979, les élections au parlement de Strasbourg, sont les seules à permettre aux citoyens européens de désigner directement leurs représentants. Paradoxalement, la participation est en baisse constante depuis trente ans, alors que le Parlement européen n’a cessé de gagner du pouvoir au sein des institutions européennes. On peut dégager trois axes d’analyse : 1. l’inexistence d’un électeur européen type, avérée par la montée de l’abstentionnisme, 2. une relative homogénéisation des clivages socio-politiques et de leur recomposition au sein de chaque pays membre de l’Union, et 3. l’affirmation des questions européennes comme un enjeu politique interne aux Etats. Quelle est cette situation paradoxale dans laquelle on voit le Parlement européen gagner de l’importance alors que le nombre d’électeurs est de plus en plus faible ? Il n’y a pas d’électorat fixe ce qui souligne la crise de la démocratie et la fragilité des partis socialistes européens. On a surestimé l’importance des écologistes, en négligeant de prendre en compte une érosion permanente, liée à un rétrécissement des bases sociales du au remplacement des ouvriers par les classes moyennes et la montée des partis eurosceptiques. Même si les Socialistes restent une des grandes forces présentes en Europe, ils sont incapables de gouverner seuls. Dans les pays catholiques, le problème est celui du rapport à la religion, pendant que se dessinent des attentions de plus en plus soutenues pour des questions pratiques comme l’avortement, le mariage homo sexuel, la géographie électorale, les bastions socialistes ou démocrates chrétiens. Le Parlement européen fonctionne sur la culture du compromis pour faire aboutir des votes positifs.

Classes populaires

Les classes populaires grandissent et avec elles l’acceptation de l’Europe proportionnelle au niveau des diplômes reçus. Les partis populistes ont pris une importance de plus en plus grande surtout dans les grands et riches pays, les partis populistes sont apparus en Finlande, en Autriche avec près de 30%, le Danemark, la Hollande. Les partis socio démocrates ont du laisser partir des électeurs vers les partis populistes. Dans la droite modérée on voit la création de groupes eurosceptiques. Au sein des forces politiques traditionnelles, démocrates chrétiennes qui incarnaient le progrès et le traditionalisme, les classes moyennes se sont tournées vers un axe libéral qui était à gauche, puis s’est affaissé structurellement chez les démocrates chrétiens, au Portugal, Espagne, Grèce. La conscience européenne s’affiche à la droite de la droite de Lampedusa jusqu’à la Norvège avec une conscience islamophobe. L’analyse géographique montre que le nord est différent du sud comme en Pologne où il y a plus d’enthousiasme, avec une droite de nantis contrairement aux nazis pauvres historiques. La protestation est populiste au nord, et indignée au sud, anormale en Allemagne avec une contestation de gauche. 1. Espagne, Grèce, Portugal forment un premier bloc, 2. Les anciens pays communistes : pays de l’Europe de l’Est qui ne sont pas stabilisés, ce qui rend difficile de présenter un classement cohérent. 3. Europe du sud : les partis socialistes dont on peut s’attendre à un fort affaiblissement.

Exemples

En Europe, l’Autriche est l’exemple d’une droite qui gouverne l’Europe. Il y a des tensions de différentes natures, mais qui gouverne, ce sont des gens qui sont attirés vers l’idée européenne, en particulier l’électorat populaire est menacé mais on ne pense pas à un détricotage de l’Europe. En GB, on a voulu muscler l’économie, droite populiste, xénophobe, souverainistes, avec le modèle irlandais, en relation avec le parti d’extrême droite qui forme une matrice avec des gens incapables de gérer une crise. Question libérale : il faut partir de Thatcher, sans oublier le projet « blairiste », pour réconcilier la tradition socialistes et libéraux, qui avait été une possibilité, c’était la voie et la façon de relancer la question économique vue du côté économique. La manière de faire progresser l’Europe c’était de régler la question économique, attention à l’économie de marché, on freine toute construction européenne, alliance complexe des droites modérées. Une Europe est morte avec celle de la chute du mur de Berlin. Glissement de la défense européenne l’islam est fasciste comme il est écrit dans le Coran, question des origines chrétiennes de l’Europe, qui serait une vraie réalité. Le libéralisme fonctionne pourtant en Europe ce qui explique le courant d’opinion des couches populaires.

Vieille Europe

Les partis qui défendent des valeurs de la vieille Europe ne sont pas crédibles en l’absence de vrais leaders politiques capables de faire valoir ces idées. Trois personnages ont été honorés, qui ont indignant Chirac qui en avait assez de ne voir que J. Delors, R. Schumann, reconstitution d‘une histoire chrétienne et laïque à la fois parce que chrétienne, Monet croit à une idéologie des droits de l’homme facile si on a en face des communistes ou même des Turcs, on renonce à l’objectif fédéral, respect de l’héritage, qui devait s’enraciner dans une histoire et une géographie. Construire vers le libéralisme ? Aller dans cette direction qui est la seule qui puisse donner lieu à une alliance dicible politiquement car on est dans une période où les sociaux démocrates seraient marginalisés et accusés de trahison. Les partis qui défendent des valeurs de la vieille Europe ne sont pas crédibles en l’absence de vrais leaders politiques capables de faire valoir ces idées. Trois personnages ont été honorés qui ont indigné Chirac saturé de ne voir que J. Delors, R. Schumann, pour promouvoir la reconstitution d’une histoire chrétienne et laïque à la fois parce que chrétienne. Monet croit en une idéologie des droits de l’homme facile à maitriser si on a en face des communistes ou même des Turcs, cas auquel on renonce à l’objectif fédéral, au respect de l’héritage qui devait s’enraciner dans une histoire et une géographie tout en évitant l’universalisme épuisé.

Universalisme

Le projet européen pourrait être un sous-produit de l’universalisme, sous la direction renforcée de l’ONU, à la condition de la persistance de l’état providence. On défend l’état social, l’idée du « care » pour les socialistes, comme le pouvoir spirituel hérité d’Augustin car il y a continuité entre christianisme et laïcité de même que le socialisme est fils du christianisme. L’affaiblissement des idées force ci-dessus référencées provient de l’urbanisation, du clivage au sein de la démocratie chrétienne alors que maintenant la frontière passe par le FN et le « non-FN ». Pour illustrer la résurgence des géographies politiques, qu’il suffise d’évoquer en Espagne, celle d’avant la révolution espagnole ressuscitée et le vote récent en faveur du nationalisme écossais. Comment sortir de ce magma la véritable force individuelle de culpabilité qui vient de surgir comme diable sortant de sa boite dans l’univers du nord de l’Europe pour désigner à coup sur le ou les tireurs d’élite, puissamment armés qui ont tiré comme au stand des kermesses, les innocents qui se pressaient devant lui ? Une résurgence du passé de la folie de dictateurs surannés, atteints d’une maladie de Parkinson précoce et d’un attachement délirant à Thanatos ? La haine d’un Autrichien malade de l’existence d’une Allemagne à connotation prussienne dont il voulait ramasser les ruines et les dernières pierres et cadavres enfouis en elles ? Un simple aliéné par la haine de soi et les soubresauts d’une civilisation de l’irrationnel ? Un dérangement des réseaux et circuits neuronaux déformés par un câblage incertain favorisé par la plasticité de la structure cérébrale ?