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Des couleuvres aux éléphants

Méditations sur le cours des ruisseaux et celui de l’or

Les perturbations des marchés

mardi 7 octobre 2008, par Picospin

S’il ne se soumet pas à cette obligation morale, il devient un mauvais citoyen, un mauvais élève, un mauvais contribuable qui se méfie de tout et de tous ce qui est moralement condamnable au vu des sacrifices immenses, démesurés, que font les dirigeants pour protéger la tranquillité, le sommeil, le calme et la sérénité de tous.

Un devoir national et européen

On a vu le résultat qu’un tel comportement avait déjà produit aux Etats-Unis. On vient de le constater en Europe où, d’une seule voix, tous les gouvernements et responsables ont déclaré à l’unisson « chacun pour soi » sinon parfois mieux, si vous pouvez avaler l’autre, n’hésitez pas. Profiter d’une occasion comme celle qui ne s’offre qu’une fois par siècle est une aubaine qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte. Ce qui fut fait. D’un commun accord, en parfait synchronisme, tous les alligators dans la mare comme celle des Everglades en Floride ont ouvert leur gueule géante, attendant que les petits poissons sans défense tombent entre leurs dents acérées pour les avaler crus ou cuits. C’est ainsi qu’on a vu successivement disparaître dans l’estomac de ces charmantes bêtes placides des êtres aussi sensibles et délicats que Dexia, Fortis, Lehmann et autres espèces mystérieuses qui on disparu d’une coup de crocs de la surface de la terre ce qui du jour au lendemain les a transformées en espèces en danger et le plus souvent en voie de disparition. Au-dessous du pont d’où étaient jetés les moribonds, les prédateurs attendaient avec patience, sachant que tôt ou tard, les premiers tomberaient dans l’escarcelle ou l’oesophage des seconds. Cette crise n’est peut-être pas aussi critique pour tout le monde ce qui pourrait expliquer que tous ne manifestent pas la même hâte d’y mettre fin.

Des couleuvres aux éléphants

Avaler un éléphant à chaque repas n’est pas une si mauvaise affaire que cela quand on songe qu’il y a de moins en moins à manger, que certains aliments sont taxés car considérés comme indigestes et donc couteux pour la collectivité et qu’après tout on passe déjà suffisamment de temps à avaler des couleuvres insipides pour qu’on puisse se permettre de gouter de temps en temps à certains plats succulents et riches si parcimonieusement offerts. "Tout est très clair. Il y aura sans doute une cinquantaine ou plus de banques en Europe qui seront en faillite. La pire des choses est de les renflouer une par une. Ce serait faire comme les Japonais dans les années 90, ce qui a conduit à plus de dix ans de récession et de stagnation. Le mieux serait de nationaliser les meilleures et de liquider les autres. Mais y a t il de vrais pilotes politiques dans l’avion des États Européens pour faire ce travail ? » a commenté un esprit astucieux. Et beaucoup d’autres de démentir de telles allégations pessimistes sans doute pour saper le moral du peuple.

Entraide

La "rumeur" selon laquelle la Caisse d’épargne serait à la recherche de 6,5 milliards d’euros est "totalement destructrice", rappelle un personnage politique clé de l’état qui s’empresse d’ajouter que "si jamais un établissement bancaire avait des difficultés", l’Etat apporterait "sa caution". Dans ces conditions, pourquoi perdrions-nous confiance puisqu’on nous rassure, on nous incite à garder confiance même dans les lointains pays qui sont de véritables paradis comme on peut les imaginer d’après la lecture de la Bible, là où l’eau chaude coule des rochers, l’argent est accroché au faite des arbres et la calme incite moins à la méditation sur le cours de l’or que sur celui des ruisseaux.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que le comportement des grands établissement bancaires n’incite pas à réglementer leur fonctionnement quand on voit les moeurs qui se dégagent progressivement de leur comportement concurrentiel ?

2. Ne voit-on pas dans les coups bas décochés entre concurrents l’aspect peu noble dans la compétition entre concurrents ? N’auraient-il pas plutôt intérêt ne serait-ce que pour des raisons pragmatiques de partir au combat contre la crise d’un même élan, ne serait-ce que pour présenter un front commun qui aurait toutes les chances de devenir plus efficace ?

3. Est-ce que dans une crise comme celle-ci, il faut punir les responsables d’une mauvaise gestion, comme le suggèrent certains ou se contenter d’invoquer un rationnel éthique à titre curatif et surtout préventif ?

4. Dans quelle mesure est-il légitime sinon moral de faire confiance à des gouvernements qui promettent d’apporter leur soutien et leur garantie aux dépôts bancaires des particuliers ?