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son rôle dans la conservation de l’identité...

Mémoire...

Les liens pour construire le soi

lundi 18 février 2013, par Picospin

C’est un des chemins les plus usités pour animer les histoires de notre vie, de nos actions et de nos projets pour l’avenir. Cette mémoire est aussi une source de connaissance. Grâce à elle, nous sommes en mesure de nous souvenir de nos expériences et de évènements que nous avons vécus, qui surviennent actuellement ce qui diffère fondamentalement de la perception. Nous sommes capables de nous rappeler les faits et gestes, évènements qui ont eu lieu réellement et non des illusions fournies et élaborées par notre imagination.

Interactions entre mémoire et actions

Ce qui n’empêche guère la survenue d’interactions entre le souvenir, la perception et l’imagination. Le souvenir est souvent confondu ou associé avec l’émotion et se trouve impliqué dans les états les plus teintés d’affectivité comme c’est le cas de l’amour, de la peine, du chagrin, de la douleur et des pratiques sociétales comme la promesse et la commémoration qui sont les conditions essentielles pour assurer le raisonnement, la prise de décisions aussi bien dans le cadre individuel que collectif. Les souvenirs sont formés, plus souvent mis en forme par le langage que par le rêve, les images et leur ancrage dans le temps. La compréhension de la mémoire permet de mieux saisir le sens de la continuité de notre propre conscience, de sa continuité, de sa pérennité, des ses relations entre l’esprit et le corps. La plupart des problèmes concernant la mémoire nous obligent à faire appel aux traditions et disciplines touchant la phénoménologie, la psychologie, l’épistémologie, et l’éthique. Le terme de mémoire concerne un grand nombre de phénomènes comme ceux de savoir jouer aux échecs, conduire une voiture, se souvenir de la date de la mort de Descartes ou se souvenir de l’heure à laquelle je dois nourrir mon chat.

Ancrages du souvenir

La psychologie n’est pas réduite à l’apprentissage implicite de divers conditionnements ni socialement ancrée dans le souvenir d’expériences personnelles, de capacités à nous souvenir. Les philosophes restent intrigués par les difficultés à comprendre les opérations habituelles à l’exercice de la mémoire, celle des compétences et du savoir faire, et des implications dans les notions indispensables à la pratique de l’organisation, des rencontres et de la consolidation de notre identité. La mémoire procédurale couvre une large frange de phénomènes qui impliquent plus le comment que le pourquoi comme c’est le cas pour jouer du piano, danser, taper à la machine même si je ne suis pas actuellement engagé dans ce type d’activité. Parmi ces mémoires, certaines sont rigides, inflexibles, automatiques alors que d’autres sont ouvertes au changement, aux influences de contextes variables, d’influences diverses, d’ambiances changeantes. Il existe une mémoire sémantique relative à la mémoire des faits qui constitue un vaste réseau d’informations de renseignements qui sous-tendent nos connaissances su monde dont un des exemples est naturellement exprimé, illustré par le fait de se rappeler que Descartes est mort en Suède, par exemple.

Mémoire en réseau

Ce réseau de souvenirs, de rappels de nos expériences passées, de nos projets constituent une sorte de colonne vertébrale mnémonique, base de notre personnalité, de notre attache au monde et aux personnes et relations capables de nous situer et nous resituer dans l’espace et le temps par rapport au réseau des connexions déjà établies et à celles à venir. La mémoire épisodique ou mémoire personnelle, directe concerne les évènements déjà soumis à l’expérience comme pourraient l’être ceux dont nous aurions déjà parlé à propos par exemple de la mort d’un très cher ami survenue il y a huit ans. La mémoire épisodique évoque le souvenir d’un fait, d’une chose déjà survenue comme celle d’avoir parlé de Descartes hier, à propos de laquelle j’évoque aussi des sentiments éprouvés au moment où je parle de lui. La particularité de cette évocation est qu’elle nous met en contact avec des évènements passés. Exprimée linguistiquement ou non, la mémoire sémantique et épisodique vise à la vérité ce qui les affuble de la caractéristique de mémoire déclarative par opposition aux formes non déclaratives qui ne représentent pas le monde ou le passé dans le même sens et de la même manière. Dans la mémoire déclarative, nous cherchons à traquer la vérité ce qui explique que nous sommes mal à l’aise quand notre manière de traiter le passé est contestée voire infirmée.

Mémoire : quels accès

On peut accéder à la mémoire explicite par la parole ou par l’évocation d’un sujet alors que la mémoire implicite est une mémoire sans l’intervention d’une prise de conscience ce qui en fait plus une catégorie qui comporte une série, un ensemble de tâches qu’une variété ou un système de mémoire. Comme nous avons l’habitude d’utiliser le terme de souvenir dans son sens déclaratif en tant qu’acte couronné de succès, les autres formes de mémoire entrent par définition dans celles des faux souvenirs qui de ce fait n’en sont pas du tout. La véritable idée qui se cache derrière la mémoire vraie et la possibilité qui s’ensuit de commettre une erreur implique que nous adoptons une position réaliste sur le passé ce qui ne permet nullement d’en inférer la réception de réponses à des questions au sujet des conditions dans lesquelles sont reçues les questions concernant comment et combien de fois nous nous souvenons du passé correctement. Le scepticisme ambiant sur la réalité, la véracité, la fiabilité des connaissances retirées du passé, les enquêtes nécessaires pour les établir et les confirmer plutôt que de tester celles des croyances a suscité de la part des philosophes une certaine inquiétude au sujet de notre savoir du passé.

Mémoire, structure et fin de vie

Quand un malade, un être humain à l’approche de la mort, comme tout homme confronté à l’expérience de son passé entre en contact avec lui, il a affaire à une ou des expériences qui ne sont plus ni présentes, ni disponibles pour être « travaillées », « retravaillées » par la mémoire car la conception représentative de ma vie implique des récits dans lesquels mes expériences se glissent pour y être incorporées. C’est un travail mental, un voyage dans le temps engagé dans une mémoire autobiographique qui se heurte à ses propres limites d’authenticité. Notre capacité à revenir constamment dans le passé pour imaginer l’avenir en permet aussi la construction, voire la stimule. Cette capacité serait l’apanage des êtres humains, à l’opposé de ce qui se passe pour les grands singes qui vivent uniquement, entièrement dans le présent. Toutes les mémoires autobiographiques ne sont pas nécessairement épisodiques si l’on veut bien tenir compte des nombreux faits parvenus à ma connaissance grâce à la seule connaissance, même si cette dernière n’est pas toujours purifiée des scories que constituent les croyances, leurres et autres formes d’imaginaire. Comme la mémoire autobiographique relie l’autoconscience, le moi présent avec les actes et expériences de mon passé, elle joue un rôle majeur dans l’élaboration et la constitution des théories psychologiques et philosophiques sur la continuité du « self ».

Représentations du passé

Le passé établit une relation bidirectionnelle avec la conception du moi. La manière dont on se souvient de son passé dépend de la représentation qui est faite de sa personne et des modifications induites par la conception que s’en fait le moi. On arrive ainsi à la conception d’un faisceau complexe de buts et objectifs, de motivations et d’images du soi qui pilote la compilation de souvenirs autobiographiques à la recherche constante d’une cohérence et de correspondances avec la réalité. Réciproquement, les souvenirs influencent la vie, les décisions à prendre, les choix alors que les significations sont pilotées par la manière dont fonctionne la mémoire et plus encore ce qu’elle renferme. Les relations entre les comportements, les représentations et les actions fonctionnent à partir de réactions en boucles dans lesquelles entrent des variations considérables à partir d’acquis culturels, d’émotions, de souvenirs et de projets. Il importe de faire intervenir ici la position de John Locke sur les échanges entre identités, voire leurs rapports avec l’amnésie.

Mémoire "autobiographique"

La mémoire autobiographique joue sur la condensation des phénomènes, des expériences et des récits, en adoucissant leurs contours aux confins des diverses frontières construites entre les divers moments de la vie ce qui procure plus de sens au passé dès lors qu’il est mis en relation avec les états psychologiques actuels. Les expériences du passé doivent avoir créé des états capables à leur tour d’offrir des occasions de recueillir des expériences actuelles. On se demande s’il n’existe pas quelque part une sorte de trace mnémonique jouant le rôle d’un pont jeté au-dessus d’un interstice temporel construit pour relier le passé au présent.


A suivre dans de prochains numéros

Messages

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