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Mémoire collective pour la survie de l’espèce

vendredi 24 février 2012, par Picospin

Peut-être, est-ce que je découvre plus d’invention dans l’invention d’une grenouille qui perce un canal de Suez pour sauver la survie des oeufs pondus par sa femme si l’on m’autorise à traduire cette conduite dans le langage de l’homme.

Modifications

Ce sont de tels types de modification à la tradition auxquels je m’attache lorsque je les regarde sur les documents télévisuels présentés chaque jour par une une chaine de TV comme ARTE qui ne fait pas autre chose que de les acheter à la BBC qui les produit. Entre autres, on a vu une grenouille sauver ses petits au moment où ils allaient être noyés par une petite mare dont ils ne pouvaient plus s’échapper car la terre s’était refermée sur la première, coupant toute voie de fuite vers un plan d’eau qui eût pu leur permettre de trouver l’oxygène dont ils avaient besoin pour continuer de vivre plus que de survivre. Dans l’improvisation de l’urgence comme infirmiers et médecins de SAMU, cet animal à sang froid, - et il en fallait pour garder assez de lucidité pour réfléchir aux solutions qui s’offraient à lui - il prit la décision parfaitement improvisée et intelligente de creuser un chemin dans la terre pour permettre à l’eau de s’écouler vers une mare plus étendue, remplie d’une grande quantité d’eau ce qui allait permettre aux jeunes alvins de s’échapper vers la mer dans un deuxième temps. Est-ce de l’histoire, une histoire de sciences dites naturelles, une illustration de notre appartenance commune au règne animal à partir d’exemples moins tirés des chimpanzés que de batraciens qui ne sont pas généralement considérés comme appartenant aux sommets des espèces animales les plus intelligentes. Il s’agit là d’un exemple frappant de ce que les historiens appellent la mémoire collective. Cette dernière fait partie des gros enjeux des sociétés développées et de celles en voie de développement, des classes dominantes et dominées luttant pour le pouvoir, la vie et la survie sinon la promotion.

Homo sapiens

A partir de l’homo sapiens, la constitution d’un appareillage de la mémoire sociale domine tous les problèmes de l’évolution humaine. La tradition est biologiquement aussi indispensable à l’espèce humaine que le conditionnement génétique l’est aux sociétés d’insectes. La survie ethnique tient sur la routine, le dialogue qui s’établit suscite l’équilibre entre routine et progrès, la première symbolisant le capital nécessaire à la survie du groupe, le progrès l’intervention des des innovations individuelles pour une amélioration de la survie. La mémoire est un des éléments essentiels de ce qu’on appelle l’identité individuelle ou collective dont la quête est une des activités fondamentales des individus et des sociétés actuelles, dans la fièvre et l’angoisse. La mémoire collective est une conquête pour la suprématie et la survie des sociétés dans la mesure où devenant collective écrite, elle permet de mieux saisir la lutte pour la domination du souvenir et de la tradition, cette manipulation de la mémoire. Parfois, la mémoire collective disparait entrainée par le naufrage général de la classe dominante ce qui met un terme du même coup à la nation qui l’a portée, avec la chute des couches sociales dépositaires du patrimoine moral, juridique et religieux. Après quoi, c’est la perte du passé, des participants et survivants de la nation comme ce fut, entre autres le cas des Étrusques dont le seul héritage et souvenir a été porté et conservé par les Grecs et les Romains.

Héritages en perdition

Perdre un héritage, c’est exposer le peuple qui en est la victime à l’effacement progressif du souvenir des objets, des décors dans lesquels il a vécu et des outils qu’il a utilisés. La mémoire où puise l’histoire qui l’alimente à son tour ne cherche à sauver le passé que pour servir au présent et à l’avenir.
Est-ce le cas de la France où la langue est moins déclamée avec orgueil et fierté qu’escamotée, les évasions vers jeux, spectacles, fuites vers l’avant, circulations automobiles délirantes en tous sens comme fourmis affolées par les pieds d’éléphants labourant le sol privilégiées pour éviter d’investir le futur ? Des signes avant-coureurs d’un déclin imminent sinon immanent ? Pendant ce temps, les sondages s’intéressent moins aux opinions politiques qu’à la dépression généralisée d’un peuple qui a connu autrefois la joie de vivre, les spectacles enjoués plus que la répétition compulsive de la supériorité et des succès de l’armement, outil de blessures à l’autre et de mort distribuée.