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Psychiatrie aux US

Mentally Ill Offenders Strain Juvenile System By SOLOMON MOORE

Détérioration du système de santé psychiatrique aux Etats-Unis

lundi 10 août 2009, par Picospin

Un des derniers pensionnaires arrivés, âgé de 16 ans, a fait l’objet d’un diagnostic de désordre bipolaire ce qui ne l’a pas empêché d’être enfermé dans une prison qui fait partie du système correctionnel de l’état sous le prétexte que nulle part ailleurs il ne pourrait bénéficier de meilleurs soins pour son état de santé.

Une drôle de sentence

Cette sentence, si l’on peut dire, date de 2 ans déjà. Son emprisonnement a depuis cette époque été confirmé en permanence à cause de ses fréquentes incartades et mauvaises conduites violentes, propres à perturber le fonctionnement de l’établissement dans lequel le jeune pensionnaire a été incarcéré. Non content d’attaquer les autres, il accomplit ces gestes déments sur lui-même en écorchant la peau de ses bras, à l’aide de crayons acérés et même d’os provenant d’oiseaux qu’il s’était empressé de démembrer après les avoir soigneusement attrapés et métrisés. Dans la mesure où les états manquent de plus en plus de moyens pour s’occuper décemment des prisonniers qui leur sont confiés, ils se voient obligés de faire confiance à un système de correction spécialement prévu pour s’occuper de jeunes adolescents atteints de désordres psychiatriques. Près des deux tiers des jeunes prisonniers qui sont actuellement au nombre de 90.000 après l’avoir atteint aux environs de 110.000 en 1999 sont atteints d’au moins une maladie mentale si l’on en croit une enquête concernant les effectifs de jeunes malades emprisonnés et qui ont besoin davantage de soins que de punitions.

Manque de moyens

Le manque de moyens est exprimé d’une façon dramatique par les responsables des traitements psychiatriques qui se plaignent de ne pouvoir avoir recours qu’à la prison qui sert maintenant d’asile. Dans ce cadre, plus de 32 états se sont vu obligés de réduire leur fonctionnement de près de 5% cette année et s’attendent à devoir augmenter cette diminution du double avant l’arrivée de l’année 2010. L’incarcération des jeunes a été confiée jusqu’à présent aux prisons ce qui n’empêche pas les responsables de ces institutions de clamer bien haut que le système est actuellement en crise face à une augmentation considérable du nombre des prisonniers qui ne reçoivent de soins qu’en faisant appel à de puissants médicaments psychotropes pour compenser le manque criant de psychiatres . C’est en Californie que la situation est de loin la plus dramatique où l’on a assisté à des actes de violence contre eux-mêmes de la part de jeunes patients et dont les tentatives de suicide traduisent la médiocrité des soins donnés, leur caractère négligent et la mauvaise qualité des protocoles concernant leur sécurité.

Une médiocre situation carcérale

La situation carcérale atteint de telles limites pour les jeunes prisonniers psychiatriques que des poursuites ont été engagées en Indiana, Ohio, Maryland et Texas contre les institutions chargées de remplir leurs obligations d’interdire formellement toute punition cruelle et extraordinaire affectant les prisonniers. Dans cette perspective, on a appris que des lieux de détention avaient reçu l’autorisation exceptionnelle de faire appel à des pulvérisations poivrées en raison de l’état lamentable dans lequel se trouve une partie de la population carcérale. C’est au point que certaines « fuites » font état des atteintes physiques exercées par des membres des équipes de surveillance qui n’hésitent pas à briser les os des détenus. La situation de certains de ces jeunes délinquants est si délicate que le père ne peut être trouvé, que la mère a de fortes chances de se trouver en prison, que les communications téléphoniques sont coupées, les parents parlent une autre langue que celle de leurs enfants ce qui rend difficile sinon impossible toute évaluation de la gravité des cas rencontrés.

Situation aggravée

L’aggravation de la situation est illustrée par le fait que la quantité et la posologie des médications psychiatriques augmente dans des proportions de plus en plus grandes jusqu’à la prescription de drogues de plus en plus variées et nombreuses, ne serait-ce que pour faire dormir certains malades. Le fait de calmer les détenus évite de faire intervenir les surveillants des institutions et de permet ainsi de les dégager de toute responsabilité de prescrire des médicaments supplémentaires. L’inadaptation du personnel et des structures de soins aux problèmes médicaux posés ne fait qu’augmenter les récidives. Si l’on cherche à améliorer la situation, on risque parfois de la détériorer comme ce fut le cas pour un jeune malade auquel on avait recommandé un séjour dans une clinique hautement spécialisée. Il ne put y rester en raison de la violence de son comportement qui fut telle qu’il se mit à attaquer les employés et soignants.

Questionnement et commentaires :

1. Pour tenter de jeter un regard plus clairvoyant sur le problème de la santé mentale, ne convient-il pas de s’adresser directement à celui qui a le mieux développé, - en France tout au moins - le concept et les attributs de cette pathologie qui continue de poser encore des problèmes physiopathologiques, thérapeutiques majeurs à notre société. N’est-il pas indiqué de citer dans un premier temps chronologique les protestation d’un médecin lyonnais qui, parlant de "l’anarchie médicale" écrit que "la plus grande branche de la médecine pratique est entre les mains de gens nés hors du sein de l’art ; les femmelettes, les dames de miséricorde, les charlatans, les mages, les rhabilleurs, les hospitalières, les moines les religieuses, les droguistes, les herboristes, les chirurgiens, les apothicaires, traitent beaucoup plus de maladies, donnent beaucoup plus de remèdes que les médecins..."

2. La confrontation entre malade et médecin est caractérisée par "une souffrance et un savoir qui s’ajusteront l’un à l’autre dans l’unité d’une expérience concrète qui exigent un langage commun, une communication au moins imaginaire entre le médecin et le malade".

3. Est-ce que le secret de notre monde n’est pas déà et sans que nous le sachions l’autre ? Cette expérience qui fait habiter l’étrangeté au coeur du familier prend chez Bosch le style du visible. Le monde se peuple en tous ses coquillages, en chacune de ses herbes, de monstres minuscules, inquiétants et dérisoires qui sont à la fois vérité et mensonge, illusion et secret, Même et Autre.

4. "Dans le Japon actuel, la proportion de fous reconnus comme tels par leur entourage est la même qu’aux Etats-Unis où pourtant, l’intolérance est grande car le groupe social de la famille est incapable d’intégrer ou d’accepter la personne déviante ce qui rende impérative la séparation d’avec la famille sinon l’hospitalisation. Au Japon, le milieu est plus tolérant ce qui évite plus souvent l’hospitalisation.

5. Quand l’homme demeure étranger à ce qui se passe dans son langage, quand il ne peut reconnaitre de signification humaine et vivante aux productions de son activité, lorsque les déterminations sociales et économiques le contraignent, sans qu’il puisse trouver trouver sa patrie dans ce monde, il vit dans une culture qui rend possible une forme pathologique comme la schizophrénie. Étranger dans un monde réel, il est renvoyé à un monde privé que ne peut garantir aucune objectivité. Le conflit réel des conditions d’existence peut servir de modèle structural aux paradoxes du monde schizophrénique.