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Une journée inoubliable

Miracle à Washington ?

Une nouvelle traversée de la Mer Rouge

mercredi 21 janvier 2009, par Picospin

On se demande si le véritable miracle de l’élection d’Obama ne réside pas dans ce potentiel extraordinaire de renverser des tendances, tout simplement parce que le cours des choses s’est infléchi dans un autre sens.

Une dignité retrouvée

On a bien constaté pendant les manifestations à Washington de cet après midi que le comportement de la population noire avait changé, qu’une nouvelle dignité se lisait sur les visages lisses ou ridés des membres de la communauté noire de la capitale qui compte la plus forte proportion de l’ethnie aux Etats-Unis. Un dignité est retrouvée, des années d’humiliation, de ségrégation, de honte, d’indignité, d’affronts se sont effacés laissant des peaux foncées intactes mais lisses, effaçant les rides de la ternissure, des vexations et offrant de nouveau au monde ce qui n’avait pas été possible jusqu’ici, un regard fier, digne, joyeux, ouvert vers l’avenir et les autres. Est-ce le résultat du miracle Obama, de « l’Obamania », ou plus simplement du travail obstiné accompli par quelques pionniers américains en faveur de l’égalité souvent accusée par l’autre banc, celui de blancs de discrimination positive. Contre les sceptiques, les immobilistes, les pessimistes, ceux qui avaient foi en une nation unie et égalitaire ont eu raison à force d’encaisser des échecs, des défaites, des assassinats, des contres meurtriers. C’est si vrai que aujourd’hui encore, jour de serment, de sermon et d’investiture, des alertes ont été lancées et enregistrées avertissant d’une tentative de meurtre sur la personne du nouvel élu. Il fallait voir dans les yeux du service d’ordre secret et combien inspiré, le regard intelligent, scrutateur, pourfendeur de ces hommes en civil et en manteau bleu pénétrer de leurs yeux de félin et de serpent tout à le fois la foule dense et innombrable qui applaudissait à tout rompre mais avec retenue, docilité, respect le passage d’un cortège qui, dans quelques années peut-être restera inscrit dans les mémoires et le marbre tant il aura été inspiré par l’importance et le caractère exceptionnel de l’évènement pour que les témoins puissent proclamer « J’y étais ».

Victoire

Quand la victoire sourit aux audacieux, ils n’ont pas de mal à trouver amis et alliés, compagnons et adorateurs, pour vouloir les suivre, sinon les précéder, les accompagner, sinon les protéger. C’est ce qui arrive au nouveau Président qui n’a aucun mal à recruter des acolytes candidats au soutien comme le propose déjà Nicolas Sarkozy qui veut déjà se hâter de refaire un monde nouveau avec l’heureux élu, sans connaître encore avec précision quels sont ses plans. Peut-être pourrons-nous les découvrir dans les bribes d’un discours qui était concis, dense, bref mais suffisamment courageux, élevé et grave pour avoir emporté l’adhésion, l’enthousiasme et la conviction des spectateurs de la parade et des témoins du discours. Il disait que « Dans ces moments difficiles, l’Amérique a gardé le cap, non seulement en raison de l’habileté ou de la vision de ses dirigeants, mais aussi parce que Nous le Peuple, sommes demeurés fidèles aux idéaux de nos ancêtres et à notre constitution ». « Dans ces moments, l’Amérique a gardé le cap, non seulement en raison de l’habileté ou de la vision de ses dirigeants, mais aussi parce que Nous le Peuple, sommes demeurés fidèles aux idéaux de nos ancêtres et à notre constitution. » « En ce jour, nous sommes réunis car nous avons préféré l’espoir à la peur, la volonté d’agir en commun au conflit et à la discorde ». « Le temps est venu de réaffirmer la force de notre caractère, de choisir la meilleure part de notre histoire, de porter ce précieux don, cette noble idée transmise de génération en génération : la promesse de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous la chance de prétendre à une pleine mesure de bonheur. » « Les gens ont oublié ce que ce pays a déjà accompli, ce que des hommes et des femmes libres peuvent réaliser quand l’imagination sert un objectif commun et que le courage s’allie à la nécessité. »

Bribes d’un discours et d’une proclamation

« C’est la signification de notre liberté et de notre credo, c’est la raison pour laquelle des hommes, des femmes et des enfants de toutes les races et de toutes les croyances peuvent se réjouir ensemble sur cette magnifique esplanade, et pour laquelle un homme dont le père, il y a moins de 60 ans, n’aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier, peut maintenant se tenir devant vous pour prêter le serment le plus sacré ». « Au moment où l’issue de notre révolution était la plus incertaine, le père de notre nation, George Washington, a donné l’ordre que ces mots soient lus : « Qu’il soit dit au monde du futur, qu’au milieu de l’hiver, quand seul l’espoir et la vertu pouvaient survivre, que la ville et le pays, face à un danger commun, y ont répondu ». « O Etats-Unis, face à nos dangers communs, dans cet hiver de difficultés, rappelons-nous ces mots éternels. Avec espoir et courage, bravons une fois de plus les courants glacés, et supportons les tempêtes qui peuvent arriver. Qu’il soit dit aux enfants de nos enfants que lorsque nous avons été mis à l’épreuve, nous avons refusé de voir ce parcours s’arrêter, nous n’avons pas tourné le dos ni faibli. Et avec les yeux fixés sur l’horizon et la grâce de Dieu, nous avons continué à porter ce formidable cadeau de la liberté et l’avons donné aux générations futures. »

Des incrédules

Les sceptiques, les réalistes une fois de plus prédiront que ces mots sont ceux des jours de fête. Les lendemains sont moins lumineux et moins ensoleillés. Demain, certains penseront que la gueule de bois succédera au triomphe et que le désarroi sinon les prémisses de la défaite risqueront de s’abattre sur le pays. Ces prophètes pourront replier dans leurs costumes gris bordés de noir les étendards du deuil et des catastrophes. Désormais, un mouvement irréversible est imprimé à l’univers, celui d’un exemple irréfutable de réussite, de progrès, de confiance en l’avenir et de vision de l’égalité des hommes. Plus personne ne pourra affirmer que le combat pour la liberté, la dignité et le respect de tous risque à tout moment d’être perdu. Il y aura dorénavant toujours quelqu’un – peut-être un témoin historique de la journée du 20 janvier 2009 pour clamer à la face du monde : « ce que l’Amérique a fait, vous pouvez et vous devez le faire aussi ».