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Et les voitures électriques ?

Miracles en série

Si on ne les entend pas c’est qu’elles n’existent pas ?

mercredi 20 octobre 2010, par Picospin

Elles écoutaient avec attention les recommandations d’un vieux sage qui pouvait être Nérée, appelé le vieil homme de la Mer, dieu doux et loyal en qui nos jeunes déesses avaient la plus grande confiance car on disait qu’il ne mentait jamais. Elles s’entendaient admirablement avec les Naïades, leurs cousines des eaux qu’elles rencontraient souvent lorsque, fatiguées de se promener dans des eaux trop chaudes, elles allaient leur faire une bise au bord des sources, des ruisseaux et des fontaines où elles dégustaient la fraicheur qui s’en dégageait et qui rafraichissait leurs corps brûlants de soleil sinon de fièvre.

Où sont les déesses passées ?

Nous n’avons plus ni déesses à visiter, ni naïades à séduire mais seulement à remplir du précieux liquide appelé essence ou gasoil, nettement moins agréable à l’odeur que le parfum enivrant des déesses, les moteurs thermiques qui nous attendent près des plages pour aller faire un petit tour avec elles avant de se rafraichir au clair de lune qui découpe sur le ciel d’azur, les courtes vagues de l’océan. Vous pensez que je vous parle de miracles ? En vérité, il y en a eu un il y a deux milliers d’années au bord d’une autre étendue d’eau, appelée Lac de Tibériade, situé au nord d’Israël, capitale touristique régionale, qui offre une qualité de vie incomparable à ses 45 000 habitants, grâce notamment à son climat. La principale ville du lac du même nom, aux murailles en ruine s’avançant dans l’eau, fut fondée par Hérode Antipas qui lui donna le nom de son protecteur, Tibère. Après la destruction du Temple, elle devint le centre spirituel et religieux du judaïsme où fut rédigée la Guemara. Aujourd’hui, on peut se rendre en pélerinage sur les tombeaux des principales autorités philosophiques et religieuses du judaïsme telles que Maïmonide, Rabbi Akiva, Rabbi Meir Baal Nes et Bar Kochba.

Trop de vin ?

Il paraissait logique, malgré le récit des miracles, que la quantité de vin disponible à l’époque des faits et de son accompagnement légendaire ait été multipliée pour permettre au peuple de déguster le nectar accompagnant le pain partagé. Personne ne sait si la quantité absorbée a été raisonnable et compatible avec les exigences des lois actuelles exigeant un faible taux d’alcoolémie pour éviter tout accident. Que risquait-on à l’époque sur les routes de Galilée au milieu des ânes et des bœufs ? Une contravention ? A quel taux ? Était-elle en augmentation sur les peines infligées auparavant ou restait-elle stable ? En tout cas, quelles que soient la vérité et la pertinence des souvenirs et des écrits rapportés par quatre hommes dont la crédibilité ne saurait être mise en doute. N’assistons-nous pas à n retour de l’époque biblique avec celui de la multiplication des pains et surtout de celle d’un liquide plus précieux que le vin, moins rouge aussi qui ne sert plus à créer l’ébriété sinon parfois une courte joie de vivre mais à circuler sur des rubans très onéreux à construire et sur lesquels circulent des engins qui ne servent à rien qu’à faire plusieurs fois le tour des périphériques le dimanche après-midi ? Ils suscitent aussi l’admiration des touristes, des voyageurs, des esthètes qui se précipitent à leur chevet pour les admirer dans leur splendeur, leur éclat comme bijou dans son écrin.

Vin ou carburant ?

On annonce de toutes part que les réservoirs sont vides, comme le seraient les caisses de l’état au moment où on annonce fièrement que la France est la 5è puissance économique du monde ce qui paraît un peu dissonant dans le domaines des statistiques et des classifications. C’est pour cette raison que le Président de la République se dit déterminé à permettre la vidange des premières et le remplissage des secondes. On sait à quel prix, celui de nos portefeuilles y contribue pour permettre cette opération de salut public qui permet de lancer des millions d’engins sur les routes pour saluer les défunts dans les cimetières en fleurissant leurs tombes. Chemin faisant ils risquent de rejoindre dans leur habitat les morts qu’ils souhaitaient honorer et de s’acquitter d’une amende augmentée pour permettre à l’État de construire les autoroutes déjà encombrées et bientôt inutiles parce que personne ne pourra plus y circuler faute de carburant et en attendant la mise au point des engins électriques qu’il faudra recharger dans les rares pièces encore disponibles de sa maison. Une danse irrationnelle mais combien fascinante pour prévenir le désespoir, la dépression et favoriser la vie en société. Une réelle joie de vivre !!!