Ethique Info

Accueil > Société > Mise au point d’un nouveau moteur pour grimper sur les pentes ardues de la (...)

Que faire de nos vieux ?

Mise au point d’un nouveau moteur pour grimper sur les pentes ardues de la croissance

Peut-on et doit-on suivre le modèle japonais ?

lundi 7 avril 2008, par Picospin

Pour amorcer la redynamisation du marché du travail, afin de compenser la baisse du nombre de travailleurs et de maximiser le taux d’emploi de sa population active, le Japon a fait le choix d’une stratégie intégrée des âges, mêlant public et privé. L’archipel a ainsi renforcé l’employabilité de ses ressources humaines, notamment celle des seniors, par des politiques actives de formation et d’emploi pour inciter à la mobilité géographique et professionnelle, aux rythmes et schémas de travail nouveaux, et à accepter un modèle d’emploi sans limite d’âge.

Un partage de l’emploi ?

On y a privilégié le droit au travail sur le partage de l’emploi, comme le suggèrent les mesures pratiquées par 83 % des entreprises japonaises contre seulement 7 % en France, mesure qui a présidé au développement d’une culture de vieillissement actif qui a été plébiscitée par 82 % des baby-boomers nippons. Si bien que l’âge médian de retrait effectif du marché du travail y est de 68 ans contre à peine 58 ans en France.
Le vieillissement inverse la tendance à l’épargne et transforme les besoins des ménages. Si une plus .forte consommation dynamise la croissance, elle amenuise d’autant le stock disponible pour l’investissement. Afin de maintenir la contribution du capital à la croissance, l’effort a été aussi bien quantitatif, en attirant davantage d’investissements étrangers que qualitatif, en réallouant les fonds sous gestion privée (en orientant les business angels) ou publique (en privatisant la poste) et en soutenant l’efficacité opérationnelle des entreprises.

Innovation

Un autre point du programme a consisté à soutenir massivement l’innovation, ce qu’ont réalisé parfaitement les pouvoirs publics qui ont vigoureusement soutenu la recherche et le développement ce qui représente 3,6 % du PIB japonais contre seulement 2,1 % en France. Les Japonais ont cherché, avec la complicité des universités et des entreprises, à en maximiser les retombées si bien qu’en cinq ans, 10 000 entreprises et 250 universités se sont mises en réseau autour de plusieurs des enjeux-clés du vieillissement comme la santé et les sciences du vivant, la robotique, les technologies de l’information et de la communication ouvrant ainsi des débouchés importants. Tirée par l’innovation, la croissance nippone repose désormais sur un cycle vertueux dans lequel tournent la spécialisation internationale favorable, les excédents ’commerciaux (notamment vis-à-vis de la Chine), la hausse de la profitabilité et l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages.

Profits

D’une faiblesse apparente, le Japon a fait sa force. Les différentes politiques collaboratives entre public et privé mises en œuvre et d’abord destinées à accompagner le vieillissement, se sont finalement révélées tout, aussi efficaces pour en tirer parti. Elles ont permis, grâce aux fruits, d’une croissance revitalisée malgré un manque à croître lié au vieillissement estimé à 0,7 point par an et à une meilleure gestion de la dépense publique (- 7 % en 2006), de maintenir les budgets dévolus à la protection sociale, pour financer ’les retraites et mieux accompagner la dépendance.

Relever le défi de la faiblesse

Si le défi n’est pas partout relevé, l’exemple ainsi donné au monde apporte la,preuve qu’il n’y a pas de fatalisme au vieillissement pour qui se donne les moyens d’en écarter les menaces et de savoir en saisir les opportunités. La France pourrait utilement tirer profit des orientations prometteuses suivies par le Japon et qui sont autant de pistes pour l’agenda social prévu cette année telles que la nouvelle réforme des retraites, la maximisation du taux d’emploi, des seniors, le plan Alzheimer. Il en va certes de la compétitivité future de• notre économie, mais également de la pérennisation de notre modèle de société. Il s’agit d’un modèle dans lequel les personnes âgées devraient pouvoir regagner non seulement toute leur place mais aussi tout le respect qu’elles méritent.


Voir en ligne : http://www.ethique-info.net