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Autonomie des Universités et Aide aux étudiants défavorisés

Moins de bourses et plus de prêts pour accomplir ses études

Un exemple américain

mercredi 27 février 2008, par Picospin

Les responsables de l’Université ont déclaré qu’ils envisageaient aussi de remplacer les bourses accordées aux étudiants par des prêts qui feraient partie de l’aide financière donnée aux étudiants dont les familles gagnent moins de 100.000 $ par an.

Le nouveau programme vise à interrompre la dépendance aux emprunts pour tous les étudiants quels que soient les revenus des familles. Le plan de l’Université Brown prévoit aussi d’augmenter le prix des cours de 4% pour l’année universitaire 2008-200, soit $ 37.000. En incluant les frais de nourriture et de logement, les frais universitaires s’élèvent au total à $48.000 par an. Depuis 2001, cette Université a fourni une aide considérable à nos étudiants et en a fait une de ses priorités. Aujourd’hui, une étape supplémentaire a été franchie pour assurer aux meilleurs étudiants défavorisés de ce pays des revenus suffisants pour leur permettre de fréquenter cette université sans avoir à supporter l’énorme charge que représente la dette contractée à l’occasion des inscriptions universitaires. Une mesure du même ordre a été décidée par d’autres Universités parmi lesquelles il faut citer Harvard, Yale, Dartmouth et Stanford.

Questionnement éthique :

1. Au moment où l’on continue de discuter en France de l’autonomie des Universités dont la réalisation n’apparaît pas encore de façon claire dans le ciel de l’apprentissage de la connaissance en France, il n’est pas inutile de se référer à l’exemple de l’Amérique qui concède des efforts notables pour aider à financer l’éducation de ses enfants, en particulier de ceux que l’on appelle en France les plus défavorisés.

2. Est-ce que l’aide accordée aux plus défavorisés pour entreprendre leurs études peut-elle entrer dans le cadre de la justice ou doit-elle trouver un autre terrain d’application comme celui de l’acceptation par les autres du principe de différence soutenu par l’idée de fraternité ?

3. Comment peut-on concevoir une éducation morale au moment où cette dernière est mise en question par le projet du gouvernement actuel de soumettre les élèves du primaire à une instruction de ce type ? La résolution du problème se heurte à la nécessité de faire appel aux conditions sine qua non établies par la philosophie kantienne et que discute avec bonheur le philosophe américain John Rawls. Les conditions de base d’une législation morale qui doivent faire l’objet d’un accord sur les caractéristiques des hommes susceptible de partager ces valeurs sont la rationalité, la liberté et l’égalité.

4. Comment définir les principes de la justice ? Ils sont analogues à des impératifs catégoriques qui sont entendus comme des principes de conduite qui s’appliquent à une personne en vertu de sa nature, comme à un être rationnel, libre et égal aux autres.

Sources :

The New York Times 25 février 2008