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Révolté contre qui et contre quoi ? Meurtres absurdes.

Mort d’un homme révolté

Le corps jeté à la mer

mardi 3 mai 2011, par Picospin

Le monde serait alors partagé entre maitres et esclaves plutôt qu’en justes et injustes. De ce fait, qu’on se situe entre nihilisme et négation, le meurtre aura toujours sa place privilégiée.

Est-ce que la logique peut trouver son compte dans une attitude qui lui fait apercevoir un meurtre possible puis impossible. Ce raisonnement absurde aboutit au rejet du suicide et au maintien de la confrontation désespérée entre l’interrogation humaine et le silence du monde, comme le suggère le mythe de Sisyphe. Hier, on a tué le meurtrier par idéologie divine de plusieurs milliers de personnes. Le bilan eut pu être plus lourd si les technologies avancées n’avaient été capables de résister à l’incendie, la déflagration, la vulnérabilité des matériaux de construction. Comme pécheur tombé du bateau, son corps a pris le chemin de la mer illimitée et de son immense accueil de l’anonymat. Issu d’une famille puissante et riche, il s’est décidé à combattre jusqu’à épuisement les hommes les plus proches de lui, abimés d’une culture issue de la richesse. Elle devait succomber aux frappes d’une autre civilisation, honorant la même représentation de Dieu. Elle devait disparaître sous les attaques des engins et des pilotes entrainés dans les laboratoires mêmes des ennemis dans un combat fratricide qui pouvait être ou devenir fraternel. Quel est le danger que ressentent les membres d’une même famille qui prennent conscience de leur similitude avant de se décider à vouloir exterminer frères et sœurs avant de regagner un paradis ouvert par saints, archanges ou vierges ? Immense apparemment si on assiste aux combats féroces puis mortels engagés par les uns pour éliminer les factions des autres. Au-delà, s’agit-il d’une indifférence à la vie légitimant le suicide avant de courir au meurtre logique ? Ce dernier a poussé les valeurs de suicide à culminer dans le suicide collectif concrétisé dans les bunkers de l’apocalypse hitlérienne. « Se détruire n’était rien dans pour les fous qui se préparaient dans des terriers à une mort d’apothéose. L’essentiel était de ne pas se détruire seul et d’entrainer tout un monde avec soi ». Les kamikaze ont inauguré cette forme de sacrifice. Les pauvres jeunes allemands l’ont parachevé en levant le bras tendu en signe de soumission à leur guide sacré de naissance et sacralisé par l’acquis. Hitler, Autrichien de naissance, n’aimait pas les Allemands qui l’avaient annexé. Il les a tués par haine de la vie, de la science, des arts, de la pensée, de la philosophie, de la musique. Trop proches aussi pour coexister sous l’unité d’une seule et même langue qui n’a fini de se distinguer qu’en arrivant au sud où le viennois du Danube devenait une branche chantante différente de celle de la Bavière. « Suicide et meurtre sont les deux faces d’un même ordre, celui d’une intelligence qui préfère à la souffrance d’une condition limitée la noire exaltation où terre et ciel s’anéantissent ».